Foujita, Paris les années folles…

Pour Henri Miller,  Le nombril du Monde était à Paris situé  au carrefour Vavin.

Paris, les années folles, tous ces artistes la plupart émigrés qui sont à Paris attirés par cette effervescence de création.

Tsuguharu Foujita (Tokyo 1886 – Zurich 1968),  est sur place depuis  déjà 1913, il s’est installé cite Falguière avec ses nouveaux amis Modigliani et Soutine.

Foujita « Les deux petites amies » 1918 Huile sur toile

Foujita, on pense tout de suite à cet homme mince portant toujours ses petites lunettes rondes, sa coupe de cheveux au bol. Il ne résiste pas à l’attrait de la capitale. Décidément, Paris et les femmes seront ses muses.

« Foujita et Youki »

Toutes ses certitudes acquises aux beaux Arts de Tokyo s’effondrent au contact de la modernité parisienne , ses rencontres avec Picasso, Zadkine, Chagall…

L’après-guerre, les années folles, c’est aussi la naissance de  l’école de Paris dans ce quartier de Montparnasse, Kiki de Montparnasse n’est pas loin.  Foujita revit, adore ce tourbillon de fêtes, ces soirées amusantes à la Coupole, au Select, chez Natacha rue Campagne Première, ces jolies femmes et leurs coupes à la garçonne,  l’inspirent.

Ossip Zadkine « buste de jeune fille » Bronze 1914.

Lui aussi épouse sa Fernande treize jours après l’avoir rencontrée. C’est l’époque de la dolce vita, avec ses amis Soutine et Modigliani, ils partent ensemble en villégiature dans le Sud. C’est l’occasion d’une visite à Renoir,  domaine des Collettes.

La vie de bohème se prolonge le week-end à Deauville, sur la plage,  on ose les maillots de bains, le bronzage est à la mode.

Les bals costumés du Comte de Beaumont qui ont lieu chez lui dans son hôtel particulier ou encore à la Cigale à. Pigalle s’enchaînent.

Vivre à cent pour cent comme si c’était la dernière fête.

Lucie Badoud, baptisée par le peintre : Youki,  femme libre, une sirène pour Desnos, a 20 ans, très  belle elle devient sa reine. Le couple s’installe  avenue Henri Martin et reçoit le tout Paris artistique dans son magnifique appartement.

Avec sa voiture décapotable Youki s’amuse, s’échappe dans ses virées parisiennes, reste insaisissable.

“En 1924, la vie était facile , les affaires florissantes, et Foujita commençait à être connu. Nous nous aimions, nous étions sages et gentils et heureux de tout » Youki, alias Lucie Badoud

1924 Youki  est déesse de la neige au Salon d’Automne.

Tsuguharu Foujita (Tokyo 1886 – Zurich 1968), « Grande Composition 1 dite composition au lion » 1928

Cependant en 1928, un film est prémonitoire, c’est “ L’argent” de Marcel L’Herbier d’après le roman d’Emile Zola. Les jours sombres de 1929 sonnent le glas de ces années folles. Jeudi 24 octobre, date du crack de Wall Street, tout est balayé.

La fête est finie,  les Américains ont quitté Paris. Youki s’est séparée de  Foujita, et désormais le peintre vit avec Madeleine avec qui il s’installe à Tokyo.

Celle-ci meurt prématurément à 30 ans en 1936. La guerre, époque complexe, où il peint son autoportrait, ce petit garçon très droit,  très émouvant à l’âge de raison.

1950 retour à Paris “Je reviens pour rester”. 

Foujita a deux passions la peinture et Paris, c’est ce qu’il annonce à sa nouvelle femme japonaise Kimiyo Horiuchi.

1959 il se convertit au catholicisme dans la cathédrale devReims. Il adopte le prénom Leonard en hommage à Leonard de Vinci.

Tsuguharu Foujita (1886 – 1968)

Il décide alors de créer une grande œuvre religieuse, ce sera celle de La Chapelle Notre Dame de la Paix à Reims 1964-1966

Il y travaille dans sa maison à Viliers le Bâclé où il se sent si paisiblement installé avec sa femme.

Une exposition, un artiste à voir  et découvrir au musée Maillol.

Florence Briat Soulie

Tsuguharu Foujita (Tokyo 1886 – Zurich 1968), 

Peindre dans les années folles.

Du 7 mars au 15 juillet

Musée Maillol

Tsuguharu Foujita (1886 – 1968) « Mon intérieur, Paris » 1922 Huile sur toile. Centre Pompidou

Une réflexion sur “Foujita, Paris les années folles…

  1. Magnifiques tableaux à découvrir ou redécouvrir au musée maillol . Un peintre attachant.
    Merci pour ton article (je suis fan) qui nous plonge dans ce contexte si particulier d après guerre

    J'aime

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