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Art Basel 2024, éblouissante édition !

Quelle édition! Cette foire des superlatifs – la plus grande, la plus belle, la plus internationale – est cette année plus éclatante que jamais. Les 285 galeries, venues de 40 pays, ont joué un équilibre parfait entre grands noms établis et talents émergents. En ce jour d’ouverture, même la pluie avait laissé la place à un soleil radieux, comme un présage heureux en ces temps moroses pour le marché de l’art. Le large public de collectionneurs et d’amateurs arboraient d’ailleurs un sourire extatique, en découvrant ce parcours réunissant des œuvres contemporaines et modernes de toute beauté. Fabuleuses créations d’artistes phares et excitantes découvertes, sujets d’actualités ou fantaisies brillantes, tant d’œuvres nous attendent ….en avant!

Yayoi KUSAMA, Aspiring Pumpkins’love, Love of my heart , Unlimited, photo©thegazeofaparisienne

Ici, place aux oeuvres monumentales. Libéré de toutes contingences, le talent des artistes s’exhibe en format XXL, pour notre plus grand bonheur.

Dominique Fung, A Tale of Ancestral Memories, 2023, Galleria Massimo de Carlo
Photo ©thegazeofaparisienne

Découvertes coups de coeur…Un immense panneau de 26m de long m’emporte dans un voyage odysséen imaginaire où se mêlent des références d’Est et d’Ouest, ancrées dans nos mémoires collectives. S’y trouvent des réminiscences bibliques, comme la pêche miraculeuse, des toits en pagode asiatiques, des mains sans corps tirant à l’arc dans des mondes sous-marins, capturant des coquillages ou s’emparant de fleurs, les chevaux de bois de notre enfance etc… Avec A Tale of Ancestral Memories, l’artiste canadienne aux origines chinoises Dominque Fung (née en 1987) peint une épopée surréaliste magistrale! Plus loin, un autre grand panneau (de 50m celui-ci !) peint par Sam Falls (né en 1984), nous invite à traverser les saisons, Spring to Fall, en observant les couleurs changeantes des arbres bordant l’Hudson Valley. Une oeuvre extraordinaire, infiniment poétique.

Sam Falls, Spring to Fall, 2023-24, Photo ©thegazeofaparisienne

Du très grand au très petit! Le Suisso-Chilien Francisco Sierra présente 48 mini tableaux peints représentant chacun un « Guppy »(appelés aussi poisson arc-en-ciel) avec ses couleurs et ses formes propres. Accrochés sur des supports concaves, ils forment une sorte de bibliothèque scientifique imitant un aquarium … très ordonné! J’adore, la fantaisie et le charme de cette installation, appelée…Guppy, naturellement!

Miroir, miroir, qui est le plus brillant? Est-ce Julio Le Parc, l’un des précurseurs de l’art cinétique? Son installation grand format, faite de milliers de petits carrés de miroirs, tourne autour de son axe central, tout en se réfléchissant dans le sol … en miroir, spectaculaire! Jeux de reflets encore avec Mirrors de Maria Hassabi (née en 1973). L’artiste capte, dans ses photos, les mouvements des danseurs, amplifiés par leur reflet dans un miroir. À Unlimited, elle expose 9 de ses photos collées sur un grand miroir, dans lesquels les corps des spectateurs se réfléchissent à leur tour.

Impressionnants…immense, poétique, gracieuse, Chiharu Shiota donne à son oeuvre, The Extended ligne, une dimension extrême et nous touche en plein coeur. Au centre de la pièce, des mains libèrent des milliers de papiers blancs, qui s’échappent vers le ciel, comme des oiseaux. Un façon pour elle de créer une connection avec le public grâce à l’émotion que son oeuvre procure. Tout près, l’installation d’Alicja Kwade, Paraposition présente deux énormes blocs de pierre pesants, perchés sur d’étroites barres de métal, qui semblent défier la gravité. Un équilibre réussi, mais peut-être instable…comme notre monde? Sous une des pierres, est placée une chaise, qui prendrait le risque de s’y asseoir?

Chiharu Shiota, The Extended line , 2023-24, Galerie Templon , photo©thegazeofaparisienne

L’AMOUR Yayoi Kusama nous offre l’image réjouissante de deux pumpkings réunies en une forme galbée et généreuse. Aspiring to pumpkin’s love, the love of my heart, un déclaration d’amour pimpante, évocatrice et qui, comme chacune de ses œuvres, appelle le sourire.

Christo , Wrapped 1961 Volkswagen Beetle Saloon, photo ©thegazeofaparisienne

Je quitte Unlimited en Beetle, totalement emballée par la voiture « empaquetée » de Christo !

Direction le centre névralgique de la foire pour découvrir Art Basel et ses galeries.

Éloge à la Nature, fleurs éblouissantes, végétation luxuriante. Les fleurs d’Alex Katz sont reconnaissables entre toutes, couleurs vibrantes et ce trait si personnel qu’on retrouve dans toutes ses oeuvres… j’adore!! Il y a quelque chose de romantique et doux dans le magnifique bouquet de fleurs blanches, illuminant subtilement un intérieur tout en demi-teinte, peint par l’artiste Matvey Levenstein (Galleria Lorcan O’Neill ). Chez Nathalie Obadia, Jason Saager met en scène une nature maitrisée, géométrique et très onirique dans un tableau enchanteur, tandis que Tacita Dean présente un éclatant cerisier en fleur. Des béquilles de fortune en soutiennent les branches, mettant en évidence la fragilité de la nature et par ricochet celle de nous autres, humains (Frith Street Gallery).

Tacita Dean, Sakura, 2023, Frith Street Gallery, photo ©thegazeofaparisienne

Galerie de Portraits. Gros plan sur le visage d’une petite fille asiatique aux taches de rousseur, si attendrissante de Moka Lee (galerie Carlos/Ishikawa), génial et tellement « Rock’n roll » dessin d’une fillette à frange par l’inénarrable Yoshitomo Nara (Pace), doux portrait en clair-obscur de Sarah Ball chez Stephen Friedman gallery, mythique Léon Tolstoï au regard puissant peint par Yann Pei-Ming -un de mes peintres contemporains préférés -, et saisissante Rita aux yeux si intenses, par Wilhelm Sasnal.

Je découvre le travail de la peintre roumaine Diana Cepleanu (GaleriaPLAN), adepte, elle aussi, du portrait. Son geste fin et précis trace des personnages au regard mélancolique, un micro-piquetage de points laissés sans peinture sur la toile, renforce cette impression de fragilité douce-amère. Une belle rencontre!

Pièces Exceptionnelles. Un sublime Tournesol (Sunflower) de mille couleurs, éclatant comme un feu d’artifice, de Joan Mitchell chez David Zwirner (vendu 20 M$ !), le célèbre banc de Dubuffet où les visiteurs sont invités à s’asseoir à la Pace Gallery, et chez Hauser & Wirth, les sculptures longilignes infiniment gracieuses de Louise Bourgeois.

Joan Mitchell , Sunflower , David Zwirner Gallery
photo ©thegazeofaparisienne

Époustouflant de beauté, le monumental dessin de Robert Longo (2,3m x 3m), reprenant la scène du Massacre des Innocents de Rubens, démontre une prouesse technique exceptionnelle (galerie Thaddaeus Ropac).

Robert Longo, Untitled (d’après le Massacre des Innocents , Rubens),dessin au fusain,
Thaddaeus Ropac, photo ©thegazeofaparisienne

Après la Beetle (Christo) d’Unlimited, c’est sur la merveilleuse motocyclette de Niki de Saint Phalle, Motorcycle Heart, (Galerie Vallois), que je prends congé de cette magnifique édition d’Art Basel, les yeux plein d’étoiles!

Caroline d’Esneval

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