Rudolf Noureev (1938 – 1993) Celui qui dira non au régime soviétique…

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« Tant qu’on dansera mes ballets, je resterai vivant »
Rudolf Noureev

4 février 2016, départ fracassant de Benjamin Millepied de l’Opéra de Paris en tant que directeur de la danse. Finalement, il ne sera resté que quelques mois à la tête de cette institution si difficile à faire bouger..

Je pense aussitôt à un autre directeur, qui avait beaucoup d’idées de réforme, de modernité, très impatient lui aussi de bousculer cette hiérarchie.  Il ose une autre chorégraphie du Lac des Cygnes ! INommé en 1983 par Jack Lang, il restera 6 ans au sein de cette institution et laissera une empreinte inoubliable…

La Bayadère - Opéra Bastille ©Thegazeofaparisienne

La Bayadère – Opéra Bastille
©Thegazeofaparisienne

Coïncidence le 3 février 2016,  veille du départ de Benjamin Millepied, sortait en librairie le livre Noureev : confessions inédites,traduit par Ariane Dollfus (Arthaud) . Il s’agit d’une autobiographie écrite en 1962 et jamais jusque là  traduite en français.

Rudolf Noureev, un magnifique personnage de roman digne de Tolstoï, enfant de la Russie  communiste, et quoi de mieux qu’un père instructeur politique pour celui qui dira non au Parti à l’époque du goulag, et fuira son pays !

1961 il choisit la liberté, mais à quel prix ! il ne reverra sa mère qu’en 1987 lors d’un voyage  à Moscou, celle-ci mourra peu de temps après.

Noureev parlait de son enfance comme un monde d’apocalypse, d’une pauvreté extrême, un point positif cependant les enfants devaient adhérer aux « Pionniers » et là beaucoup d’activités artistiques leur étaient proposées, dont la danse, il commence d’ailleurs la la danse folklorique qui y était enseignée. A force de travail, cet insoumis sera engagé à 20 ans dans le ballet du Kirov.

La Bayadère - Opéra Bastille ©Thegazeofaparisienne

La Bayadère – Opéra Bastille
©Thegazeofaparisienne

La danse qui sera toute sa vie, tous les matins il était au rendez-vous à 10h pour « prendre le cours », même si les nuits étaient mouvementées et c’était le cas très souvent, il était un travailleur acharné et nous a offert des images inoubliables.

Une volonté de fer lui a permis de franchir les montagnes que représentaient le système communiste . Il est allé directement vers son destin, la danse, seul l’intéressait ce qui avait un lien avec elle. C’était le cas de la musique, il n’imaginait pas sa vie sans elle.  L’art l’inspirait pour ses décors, c’était un grand collectionneur, il aimait les tissus, les tapis qui lui rappelaient la Russie des tsars et toutes sortes d’objets.

©Thegazeofaparisienne

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Des duos inoubliables avec Margot Fonteyn très séduite par ce jeune danseur étrange et impétueux. Elle le loge à Londres . Ils forment tous les deux un couple de danseurs étincelant dans  Roméo et Juliette et d’autres. C‘est l’alliance improbable de l’éducation très brittish du quant à soi et de celle russe volcanique …

Une présence qui nous saisissait, une amie me raconte son arrivée dans sa galerie, sa casquette et  ses bottes habituelles, elle n’oubliera jamais sa visite…

La Bayadère pourrait être le ballet de sa vie, celui où il stupéfie  le public par sa prestation époustouflante, celui par lequel il séduit le public à Paris â son arrivée en 1961 celui où il tire sa révérence si droit dans son smoking en 1992 alors qu’il est très malade.

Eternel voyageur apatride il prendra la nationalité autrichienne en 1989.

« Ma Nationalité c’est être danseur »  « La vie c’est très banal et je suis très banal aussi, alors quand je monte sur scène, j’espère que c’est un peu moins banal pour les autres et pour moi » Rudolf Noureev

Rudolf Noureev fut sans doute le plus grand danseur du XXe siècle et lorsqu’il nous quitte en 1993, trop tôt, son cercueil est porté par les danseurs à l’intérieur de l’Opéra Garnier.

Aujourd’hui, il nous reste ses chorégraphies qui nous émerveillent à chaque fois, Casse-noisette, la Belle au bois dormant, Cendrillon et il y a quelques mois toujours cette Bayadère…

Florence Briat Soulié

 

Rudolf Noureev : Autobiographie : confessions inédites – Traduction Ariane Dollfus –  Arthaud 3 février 2016

Ariane Dollfus , Noureev l’insoumis – Flammarion 2007

 

http://www.noureev.org/

Ariane Dolfus , Noureev l'insoumis - Flammarion 2007

Ariane Dolfus , Noureev l’insoumis – Flammarion 2007

 

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