André Derain : Il n’y a que la peinture…

 

« Tout pour ça »  ce titre de roman de Vlaminck de 1903 et  illustré par Derain pourrait aussi qualifier la vie de l’artiste « ça » signifiant la peinture.

« Hyde Park » 1906 Coll Pierre et Denise Levy

Derain le grand fauve, mis aux enchères chez Fauve Paris,  une collection d’oeuvres et surtout des dessins de l’artiste qui seront dispersés jeudi 30 novembre.

lot 52 – André Derain (1880-1954) Nature morte au pichet et à la grappe de raisin, Huile sur toile signée en bas à droite – 27 x 41 cm / Provenance : Vente anonyme, Versailles, Éric Pillon enchères e 10 mai 2009, lot 83 / Estimation : 15 000 / 20 000 €

2017,  une année riche en actualité pour André Derain, le « Christophe Colomb de l’art moderne » selon Gertrude Stein. 

Après plus de 20 ans dans l’oubli, deux expositions lui sont consacrées : la première au Musée d’art Moderne de la ville de Paris Derain, Balthus, Giacometti, une amitié artistique qui s’est terminée il y a quelques jours et celle en ce moment de Pompidou André Derain 1904-1914, la décennie radicale. 

Vous avez peut-être remarqué ou porterez-vous  peut-être votre attention sur la provenance de plusieurs très beaux tableaux comme « Big Ben » « Hyde Park »… du Musée d’art moderne de Troyes, tous ayant appartenu à  Pierre et Denise Lévy.    Et,  je n’ai pas pu résister à la tentation de consulter mon amie et artiste Martine Martine, fille de Pierre et Denise Lévy,  sur ses souvenirs avec André Derain, ami très proche de sa famille. Ainsi,  j’ai pu lire ces quelques lignes émouvantes écrites par elle pour l’association des Amis de Derain.

Propos de Martine Martine,  extraits de l’article J’ai eu la chance de connaître André Derain du Bulletin de l’Association des Amis d’André Derain N°10 2010/11 :

« Mon père et ma mère (Pierre et Denise Lévy) devinrent les meilleurs amis de Derain, ils déjeunaient ensemble chaque semaine dans les bistrots (…) L’automobile occupait une place importante dans sa vie. En 1950, il fit d’ailleurs l’acquisition d’une deuxième Bugatti.  Quand il arrivait à la maison ou en sortait, ce colosse au volant de sa superbe automobile tournait pour passer sous le porche, la manoeuvre était dangereuse car la route était empruntée par d’autres voitures. raide comme un I, Derain disait aux gens qui lui ouvraient « N’y a-t-il rien à) droite ? » puis « N’y-a-t-il rien à gauche ? » car il ne pouvait pas tourner la tête (…)

Derain fut pour moi, un conseiller très précieux, au même titre que deux de ses amis Dunoyer de Segonzac et surtout le peintre et verrier Maurice Marinot, proche depuis toujours de mes parents, qui fit partie avec tous les grands Vlaminck, Friesz, Matisse, etc. et bien sûr Derain – de la « cage aux fauves ». Tous trois avait le même avis pour mon avenir : il fallait aller dans les ateliers, en changer souvent, écouter les professeurs mais surtout oublier très vite leur enseignement et c’est ainsi que j’ai commencé à peindre puis à sculpter – l’art fut, dans ma vie, une passion qui dure toujours, et peut-être y sont-ils pour quelque chose ? Maintenant j’en suis sûre…

« Big Ben » 1906 Coll Pierre et Denise Levy

Je ne saurais terminer l’évocation de ces quelques souvenirs sans reprendre la déclaration à la radio de mon père (Pierre Lévy) qui fut au chevet de Derain pour lui fermer les yeux.  « André Derain est mort le mercredi à 9 heures du soir dans une clinique à Garches. J’étais près de lui. Il avait été gravement malade au printemps et nous nous réjouissions de l’avoir vu complètement guéri lorsqu’un accident stupide de voiture remit tout en question. Il se savait perdu et quelques jours avant sa mort, il a eu cette parole : « Tout ce qu’on peut dire sur moi n’est rien, il n’y a que la peinture. «  Je ne dirai donc rien sinon qu’il était à mon avis, le plus grand peintre de notre époque, et pour moi un ami merveilleux. c’était un homme universel et comme les gens de la Renaissance, il pouvait parler de littérature, de musique, d’agriculture, de machines textiles, et ses idées sur toutes choses étaient originales et fécondes »

  • Danse avec Derain  @FAUVE_PARIS

Vente aux enchères inédite d’une collection de plus de 80 oeuvres, peintures, dessins de nus, paysages très abordables, à partir de 150 € , peut-être pour vos cadeaux de Noël

Catalogue André Derain Fauve Paris vente du 30/11/2017

Si la couleur éclaboussante des premières années e une signature pour reconnaître le génie de Derain, son trait, sa ligne ou ses courbes nous révèlent le talent d’un dessinateur hors pair. Qu’il s’attaque aux paysages, parfois rehaussés de touches subtiles d’aquarelle ou aux nus qu’ils soient féminins ou masculins, au crayon noir à la sanguine ou à la plume et encre brune, André Derain n’oublie jamais d’y inclure une large part d’invention baignée de poésie. » Edwart Vignot

Une très jolie esquisse n°44 représentant une bacchanale estimée 6000€

Et une nature morte au pichet et raisins qui vous séduira , la lumière est magnifique et le verre bleuté est peint de main de Maître !

CATALOGUE DERAIN – VENTE AUX ENCHERES 30/11/2017

Commissaire-Priseur : Alice Landry

Expert : Cabinet de Bayser – Patrick de Bayser

Jeudi 30 novembre 2017 à 18h 

49 rue Saint Sabin – 75011 Paris

Tél.+33 (0)1 55 28 80 90

contact@fauveparis.com

André Derain – Dessins vente aux enchères 30/11/2017

 

  • L’évènement André Derain, 1904-1914 la décennie radicale

Une rétrospective sur dix années de l’oeuvre de Derain faisant écho à l’autre exposition du Musée d’art Moderne de la ville Paris.

Un homme de grande culture, passionné par le Louvre, une part d’invention dans chaque moment, c’est lui, qui fait découvrir à Picasso les Arts Premiers.

Des amis proches : Vlaminck bien-sûr le grand ami de Chatou, Jean Renoir, Matisse, Picasso..;

Une rencontre décisive celle du jeune fauve avec Matisse, son passage essentiel à Collioure où ils inventent le fauvisme.

Matisse l’ancien avait demandé au préalable l’accord  de ses  parents   pour ce séjour de leur fils,  en n’omettant pas de préciser « qu’il peut faire de l’argent » ! ce qu’il fera, près de 200 tableaux seront vendus et  il connaîtra ainsi le célèbre marchand Vollard.

« Portrait d’Henri Matisse » 1905 Tate Londres

Le grand marchand Daniel Henry Kahnweiler donne son explication du fauvisme au micro de Paule Chavasse dans un extrait de « Le cubisme et son temps » :

« Selon leur propre crédo, les impressionnistes ont essayé d’imiter la lumière, nous voudrions, nous, rendre la lumière par la couleur, autrement dit, lui trouver un équivalent presque symbolique par la couleur, (…) tu veux peindre le ciel tu prends ton plus beau bleu,  un arbre tu prends ton plus beau vert…

Et 1905 , année du scandaleux  Salon d’Automne,  où sont accrochées dans la même salle les oeuvres de Derain et ses amis :  Matisse, Marquet, Vlaminck, Manguin,

Cette fameuse salle Fauve,  nom donné par Louis Vauxcelles qui déclare à propos d’une petite sculpture classique :

« On dirait Donatello au milieu des fauves »

Le ton est donné , les fauves sont lâchés …

Une vie d’artiste, d’amitié, de recherches, découvertes qui l’entraîneront sur les traces de Gauguin, Van Gogh Cézanne, Monet…

« Le port de Collioure » 1905 – Musée de Troyes – Coll Pierre et Denise Levy

1905-1906 , à la demande de Vollard il part à Londres faire une série de peintures inspirées  de Monet, 50 toiles sont commandées  par Vollard et ne sont connues que 29  réalisées par l’artiste à partir de notes très précises dans deux carnets de croquis .

David Hockney qui avait  sa  rétrospective dans ce même musée s’est arrêté particulièrement devant ces toiles de Londres.

L’exposition se termine par sa grande peinture de « La chasse » de 1938.

« Ce qu’il faut , ce serait de rester éternellement jeune, éternellement enfant : on pourrait faire de belles choses toute sa vie.  Autrement quand on se civilise, on devient une machine qui s’adapte très bien à la vie et c’est tout » ( Derain , lettre à Vlaminck , été 1907)

Florence Briat Soulie

A lire à écouter …

  • Michel Charzat – André Derain – Le titan foudroyé – Ed Hazan 2015

Michel Charzat
André Derain, le titan Foudroyé
Hazan, 2015

  • Stéphane Guégan – André Derain en quinze questions aux éditions Hazan

Stéphane Guégan – André Derain en quinze questions aux éditions Hazan

Stéphane uégan est historien, critique d’art et conservateur au musée d’Orsay.

  • Podcast France Culture : André Derain – Exposé  et le fauvisme exprimé – 1/10/2017

Emission l’Art et la matière de Jean de Loisy :

André Derain – France Culture – Jean de Loisy/l’art et la matière

 

 

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