Lectures choisies de février
The Gaze of SEVERINE LE GRIX DE LA SALLE
Quand le monde s’énerve, il reste la famille. Qui n’est pas toujours calme et sereine, comme le montrent ces romans. Mais inassouvi, violent ou tendre, cela reste de l’amour.

Colombe Schneck– Mensonge au paradis
Il y a toujours une insondable mélancolie dans l’écriture et le monde élégant de Colombe Schneck. L’héritage de la Shoah est toujours là, sous la carapace de sa vie privilégiée et délicate. Une cicatrice que tout ravive, même lorsqu’elle nous emmène dans un chalet suisse de carte postale, le « home » d’enfants où ses parents l’envoyaient lors de toutes les vacances scolaires, trop occupés à panser leurs propres plaies.
Souvenirs de joies étincelantes, de courses de ski, d’édredons réconfortants, de tartines, de grandes tablées d’été, de premières fois et surtout de démonstrations d’affection de cette famille d’accueil. Chez qui tout n’est pas parfait loin de là et elle le découvre avec nous, nous promenant en Suisse dans une promenade très touchante. Et je retiendrai aussi de ce livre une incise sur sa violente crise d’angoisse au moment de prendre un train. Un train de la Deutsche Bahn : « un train allemand, cela reste terrifiant ».

Bernhard Schlink – La petite fille
Allemagne, terra incognita. Jusqu’à ce livre qui traverse tous les tourments de l’après-guerre allemandes. Cette saga familiale nous raconte la jeunesse de l’Est, ses espoirs déçus et son impossible acclimatation après la chute du mur. Il nous décrit les communautés néo-nazies agricoles et traditionnelles qui se sont recréées pour tenter de trouver une place dans ce pays brisé. Il nous dit le ressentiment des Allemands de l’Ouest qui se sont battus pour sauver leurs compatriotes. Et le tout, grâce à la quête puis à la rencontre d’un grand père et de sa petite fille Ce roman est une grande leçon d’histoire et de sociologie, un grand roman d’amour, une ode à l’intelligence et à la tolérance. Faire société ensemble, quel long chemin….

Jérôme GARCIN – Mes fragiles
Une prose primesautière pour décrire pourtant un drame génétique qui se prolonge de génération
en génération. L’éclaircissement du mystère ne soigne pas les peines mais les éclaire. Que d’amour
dans ce livre si sensible…
«C’était trop. Trop vite, trop tôt. Trop peu préparé à ce nouvel assaut de souffrance et de regrets. Trop de colère contre le destin. Trop de morts. Trop de prières et de miséricorde. Trop de Toussaint aux beaux jours. Trop de plus jamais.»
Jérôme Garcin

Amélie. NOTHOMB – Premier sang
J’ai longtemps laissé trainer ce livre sur une pile…un Nothomb, encore. Mais quelle erreur ! Quelle talent, quelle drôlerie, quel rythme ! Amélie Nothomb y raconte l’enfance de son père, orphelin de père, couvé par sa mère et sa grand-mère toute l’année mais transbahuté pour son plus grand plaisir pendant les vacances dans le château sublime mais décrépi de sa famille paternelle. Une famille d’aristocrates intellos doux dingues sans un sou, où les enfants sont laissé à l’état sauvage avec à peine de quoi bouffer, sans chauffage ni surveillance. Un régal : quel plaisir de lire et rire en même temps….
A lire avant les vacances : abandonnez vos enfants, ils n’attendent que ça !





2 commentaires
christinenovalarue
📖♥️
Dubois
Merci pour cette liste alléchante. J’ai déjà lu Mes fragiles, très émouvant et vais bientôt commencer les autres.
On attend une prochaine liste !