Un nouvel écrin pour l’Ecole des Arts Joailliers
Et une exposition inaugurale « Bijoux de scène de la Comédie-Française »

L’Ecole des Arts Joailiers s’est installée dans le merveilleux hôtel de Mercy-Argenteau, construit au XVIIIe siècle, par un architecte en vogue, Firmin Perlin, boulevard Montmartre, un des seuls rescapés des Grands Boulevards de cette époque. Entièrement restauré dans les règles de l’art, et désigné par la talentueuse Constance Guisset. Le lieu a ouvert ses portes avec une exposition inédite « Bijoux de scène de la Comédie-Française », une belle occasion de montrer les collections de la célèbre institution de la place Colette.

L’histoire du comte Florimond-Claude de Mercy-Argenteau, ambassadeur de Marie-Thérèse d’Autriche, et premier occupant des lieux, ne manque pas d’intérêt, c’est lui qui fut l’instigateur du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et, plus tristement, lors de la fuite à Varennes, la reine lui confia sa cassette de bijoux qui n’étaient pas en « toc » ! à l’instar de ceux présentés dans cette exposition inaugurale. Des bijoux factices pour la scène mais dignes de la haute joaillerie. Comme ces bijoux n’avaient pas de valeur ils n’ont pas été démontés et sont restés ainsi intacts jusqu’à nos jours.

En arrivant, le visiteur est mis dans le vif du sujet, par une vidéo qui diffuse un extrait de la célèbre pièce de Georges Feydeau, Un fil à la patte, où une bague est l’objet d’un quiproquo. En poursuivant sa visite, de l’autre côté des grands rideaux de velours noir, il aperçoit, exposé dans une vitrine, un registre manuscrit indiquant le rôle essentiel des bijoux dans de nombreuses pièces de théâtre en tant que ressort dramaturgique. Les acteurs jouent avec ces accessoires et montrent aussi bien la pingrerie dans l’Avare ou à l’inverse les libéralités du Bourgeois gentilhomme.

L’exposition commence par deux pièces du milieu du XIXe siècle, un peigne à décor de frise florale, trois ors et perles et un diadème aux étoiles tremblantes porté par la belle Rachel dont le portrait au turban est exposé un peu plus loin, l’actrice était folle de bijoux vrais ou faux, malheureusement elle aura un destin tragique. Ces deux pièces sont très intéressantes car elles possèdent les caractéristiques techniques du bijou de scène. Une des raisons pour lesquelles on ne peut pas utiliser des matières nobles est la fragilité.

« Les parures que portaient les acteurs et les actrices provenaient majoritairement de leur cassette personnelle. À exhiber leurs parures sur les planches, ils faisaient étalage de leur réussite sociale. Au risque d’être en contradiction avec l’action ! La recherche de véracité historique ne s’impose qu’à la fin
du XVIIIe siècle. »explique Agathe Sanjuan, ancienne directrice de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française et commissaire de l’exposition.

Ainsi les bijoux d’ornement comme les costumes au XVIIIe siècle étaient laissés au libre choix du comédien et donnait lieu parfois à des aberrations comme le montre une gravure où valets et maîtres sont habillés et bijoutés à l’identique, toutefois les bijoux servant à l’intrigue étaient fournis par le théâtre.

Cette exposition est aussi l’occasion de rappeler ces immenses comédiens qui ont fait le succès de la Comédie-Française et parmi eux il y a Talma (1763-1826), Napoléon va l’utiliser et il sera l’incarnation de l’empereur lorsqu’il est en déplacement, il lui offre cette couronne de lauriers en métal doré pour son rôle de Néron dans Britanicus, directement inspirée par celle de l’empereur, un autre proche, le peintre David lui fait cadeau d’une esquisse du tableau du sacre, ce geste symbolise de cette façon le lien qui unit les trois personnages.

Huile sur toile. Comédie-Française
L’entrée est libre, sur rendez-vous, profitez-en avant de partir ou à votre retour de vacances, un écrin entièrement dédié au bijou avec une librairie, une bibliothèque, une espace pour les expositions et bien-sûr l’école, il ne manque plus qu’un petit café !

Fondée en 2012 avec le soutien de Van Cleef & Arpels, L’École des Arts Joailliers a pour mission de diffuser la culture joaillière auprès du public le plus large.

Exposition « Bijoux de scène de la Comédie-Française »
du 13 juin au 1er septembre 2024
L’École des Arts Joailliers
Hôtel de Mercy-Argenteau
16 bis, boulevard Montmartre, Paris 9e
Du mardi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne jusqu’à 21h le jeudi
Entrée libre, sur réservation.
lecolevancleefarpels.com




Un commentaire
valerie
Très alléchant !