Olga de Amaral : l’art textile révélé à la Fondation Cartier

L’art textile latino-américain à Paris (part II)

Part I : Une brève histoire de fils à la Maison de l’Amérique latine

Vue de l’exposition Olga de Amaral Fondation Cartier

Estrellas, Brumas, Bromas des mots et de la poésie pour nommer les oeuvres textiles d’Olga de Amaral , la grande artiste colombienne invitée par la Fondation Cartier pour une dernière exposition dans ce lieu créé par l’architecte Jean Nouvel, boulevard Raspail. La fondation qui fête cette année ses 40 ans d’existence inaugurera fin 2025 , sa nouvelle adresse, rue de Rivoli.  

Jeune étudiante diplômée d’architecture en 1952, Olga de Amaral décide de poursuivre ses études aux Etats-Unis, à l’académie de Cranbrook dans le Michigan , elle y reçoit un enseignement qui s’inspire des principes du Bauhaus, et découvre les possibilités de combinaisons entre l’architecture et le textile. Puis en 1957, c’est avec son mari Jim Amaral, artiste américain d’origine portugaise qu’elle fonde à Bogota où ils se sont installés, l’entreprise de tissus décoratifs Telas Amaral.

« En construisant des surfaces, je crée des espaces de méditation, de contemplation et de réflexion. Chaque petit élément qui compose la surface est non seulement signifiant en soi, mais entre en résonance avec l’ensemble, tout comme l’ensemble entre profondément en résonance avec chacun des éléments qui le composent. »

Olga de Amaral

Vue de l’exposition. Olga de Amaral, Brumas.

Ce n’est que depuis peu de temps que ces artistes, souvent des femmes, qui utilisent le textile comme matériau sont considérés. En 2013, le Musée d’art moderne de Paris, consacrait à ces artistes une exposition, Decorum, où on y découvrait les oeuvres d’Olga de Amaral qui y participait. Ce qui est fascinant, c’est cette recherche de l’artiste qui repousse à son paroxysme les limites de l’art textile. Elle utilise toutes les techniques, celle du noeud, du tissage, du tressage et crée ainsi des tableaux oniriques en trois dimensions évoluant dans l’espace, sa matière de prédilection étant le lin. Tradition de son pays de naissance et modernité de sa formation américaine s’assemblent harmonieusement. Dans les années 70, elle découvre cette technique japonaise du kintsugi qui consiste à réparer une cassure avec l’or. Elle va appliquer ce principe en recouvrant d’or ses tissus et ainsi révéler la lumière. Olga de Amaral invente et ne cesse de créer de nouvelles oeuvres, en 2013, elle insère des formes géométriques peintes sur les fils de coton et cela donne cette série des Brumas qui furent exposées en 2018 dans Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu à la Fondation Cartier, et donnèrent cette envie de faire rentrer ces oeuvres dans les collections de la fondation et de réfléchir à une grande première rétrospective.

Vue de l’exposition Olga de Amaral

Et c’est chose faite avec cette exposition, et, pour présenter ces oeuvres, l’architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh, la scénographe, a imaginé un dialogue avec l’architecture de la fondation, divisé en plusieurs espaces conçus comme des paysages. Au rez-de chaussée, il est rocailleux parsemé d’ardoises françaises dans lequel s’insèrent les tentures suspendues, les matières minérales, textiles et nature extérieure du jardin s’accordent parfaitement. La salle à côté propose une autre expérience immersive autour des Bromas évoluant comme des nuages et jouant avec la lumière du jour. Au sous-sol, c’est différent, on a cette impression d’une promenade sous un ciel étoilé éclairant des oeuvres plus intimes de la série des Estrellas, nous invitant à la méditation.

Ces 80 pièces montrent la façon dont l’artiste s’est emparée de l’art textile, emportant tous les aprioris. Laissez-vous porter dans cet univers onirique cousu de fils où le merveilleux et la tradition s’unissent.

Olga de Amaral

Fondation Cartier pour l’art contemporain 

261 boulevard Raspail – Paris 14.

Jusqu’au au 16 mars 2025

Commissariat : Marie Perennès

Part I Une brève histoire de fils à la Maison de l’Amérique Latine

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