Trois plans B à Londres…

The Gaze of VALÉRIE DE SAINT-PIERRE

Trois plans B à Londres…

Londres est toujours une bonne idée … Mais davantage qu’à Paris, les grandes expositions et les lieux un peu « culte » y sont souvent impossibles à réserver à la dernière minute ! « Marie Antoinette Style » , au V&A, par exemple ? Complet des semaines à l’avance ! Les toutes nouvelles archives David Bowie, en partie curatées par Nile Rodgers, à Hackney ?  Inaccessibles sine die ou presque. Heureusement, la ville regorge de plans alternatifs pour tous ceux qui aiment improviser leurs week-ends…

David Bowie ne veut pas de vous ?

Une autre légende (on n’ose dire rock star !) britannique vous ouvre ses bras. Winston Churchill, himself… La visite des «Churchill War Rooms»,  dans les sous-sols de Westminster, permet de renouer avec la saga de cet autre géant. Parcourir longuement la reconstitution parfaitement réussie de ce bunker-dédale qui accueillit 115 réunions du cabinet de guerre de Churchill, essentiellement pendant le Blitz (1940–1941) et les bombardements de 1944–1945, est très émouvant. Churchill et son épouse y dormirent 2 fois, toute une vie secrète s’y déroulait, …

Modestie touchante des lieux au regard des enjeux ( ce fut le coeur battant du commandement britannique), courage et sacrifice de tous ceux et celles qui venaient chaque jour y travailler sous terre, plongée fascinante dans ce qu’était le Renseignement de l’époque -en gros, des pions sur des cartes actualisés avec soin, quelques télégrammes, messages radios et c’est tout-.., tout est absolument passionnant. L’endroit accueille aussi un excellent musée, interactif, doté de nombreuses archives s, physiques et anecdotiques ( le chapeau ou la pipe de Winston !) ou audio-visuelles et historiques qui retracent la vie publique et personnelle du mythique « vieux lion ».  On y passe aisément 3 heures, entourés de retraités et de collégiens anglais.  Il y a un salon de thé tout à fait agréable pour faire une pause dans cette épopée. Et une boutique truffée de petits cadeaux churchilliens, dont un livret de citations formidables …

Winston Churchill (1874-1965) par Oscar Nemon (1906-1985)

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Ou renouer avec le présent ?

Au Cinnamon Club, délicieux restaurant indien, chic et innovant, dans une spectaculaire ancienne libraire victorienne. 

La bonne adresse restaurant

Marie Antoinette vous snobe ?

Découvrez une autre vie de château et un sens du style tout aussi ébouriffants à Eltham Palace !

Eltham Palace

Il s’agit de la demeure Art Déco des so « fashionable » époux Courtauld, Stephen, héritier d’une immense fortune industrielle, cultivé et flegmatique, et Virginia, dite « Ginnie », impétueuse roumaine, tatouée d’un serpent sur la cheville …  Située à 30 mns en train, cette ancienne demeure royale Tudor fut acquise en 1933 par le couple qui en fit, avec les architectes Paul Edward Paget et John Seely, un vrai manifeste de l’époque. Portes en bois laqué précieuses, magnifiques motifs animaliers exotiques, plafonds en aluminium, mosaïques dorées, esthétique paquebot, tributs historicistes ( bibliothèque «vénitienne» et immense salle de réception médiévale) ou modernistes ( système audio encastré, aspirateur géant centralisé) .. , tout un « lifestyle » privilégié s’y déploie, dans un faste intact.

Eltham Palace

La magnifique entrée et son salon design nordique -déjà !- sous une coupole lumineuse, l’escalier à hublots de bois sont particulièrement spectaculaires… Les aperçus de la vie des excentriques et mondains Courtauld, qui n’eurent pas d’enfants mais un lémurien apprivoisé », Mah Jong », pas de carrière mais beaucoup d’amis artistes, sont aussi très plaisants (quand on ne jalouse ni la richesse ni l’oisiveté !). Les jardins, vus ici en hiver -le printemps doit y être merveilleux- sont joliment romantiques et une « tea room » plutôt raffinée permet de prendre quelques scones au passage ….

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Eltham Palace

Ou reprendre des forces 

(si les scones n’ont pas suffi!) ?  Le centre-ville d’Eltham ( ¼ d’h à pied), bourgade sans charme architectural particulier, très working class, recèle un pub sympa, installé dans une ancienne poste. Fish and chips et saucisses-mashed potatoes parfaits ! Facile à trouver… même sans l’adresse ( c’est le second pub, à gauche, en venant d’Eltham Place).  

Turner et Constable ne sont pas très friendly ?

Tant pis pour la Tate Britain  dont c’est l’exposition phare jusqu’en Avril. Direction Hampstead, merveilleux quartier champêtre du Nord.

Kenwood House

Ouest de Londres, où les maisons «de» ( … Freud, Keats, Fenton House, Burgh House..) abondent, tout comme les bijoux modernistes ( 2 Willow Road, Isokon Building…). Après une longue promenade (1 h) dans le parc mythique du Heath (on n‘oublie pas de jeter un coup d’œil aux « ponds », étangs où l’on se baigne en toute saison sur réservation), bienvenue à la Kenwood House !

Kenwood House. Bibliothèque

Une merveille peu fréquentée, où de sympathiques papys fort diserts sont ravis de faire découvrir le lieu et ses trésors… Entre 1764 et 1779, cette demeure patricienne, initialement en briques, fut magnifiquement revampée de blanc et de grâce néoclassique par l’architecte Robert Adam. Son commanditaire était alors Lord Mansfield,  juge très renommé en son temps. Elle eut aussi le brasseur Edward Guinness comme dernier propriétaire, lequel légua ses collections à l’Etat en 1929. Et quelles collections ! Comme promis, on y admire donc des Turner et des Constable, bien moins pris d’assaut qu’ailleurs.

A gauche : Copie (?) de Vermeer du Philadelphia Museum – A droite Johannes Vermeer (1632-1675). Femme jouant de la guitare, 1672. Huile sur toile. 53 × 46,3 cm. Kenwood House

Mais on y découvre aussi -surtout ?-, surpris,  un très beau Vermeer , Femme jouant de la guitare , exposé en ce moment avec une mystérieuse copie, peinte 100 ans après, et considérée longtemps comme un tableau du maître hollandais ( elle nous vient de Philadelphie)… Un auto-portrait de Rembrandt, quelques Van Dyck, Hals ou Gainsborough plus tard, on s’extasie longuement sur l’impressionnante « Grande Bibliothèque », au plafond voûté rose pastel et bleu ciel et aux exquises colonnes corinthiennes.Un joyau très palladien… Les jardins alentour, également dessinés au XVIII ème siècle, sont aussi ravissants.  

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Où déjeuner juste avant l’escapade ?

Au Duke of Hamilton, délicieux et élégant pub, renommé notamment pour son « Sunday Roast » de compétition…

La bonne adresse restaurant

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