Sea, Pop & Sun
Du soleil, de la mer, des « good vibes » et une furieuse envie de liberté, c’est ce que promet l’exposition jubilatoire de la Villa Carmignac, nichée sur l’île de Porquerolles. Les œuvres éclatantes du Pop Art ravivent l’irrésistible souffle du California Dreamin’, tandis que les références aux tubes des années 60 et 70 – The Mamas & The Papas, les Beach Boys, ou encore Gainsbourg – donnent le ton : celui d’une époque libre et insouciante.

Alex Katz, Coca Cola Girl, 2019 en cutout, 2019 , Photo ©thegazeofaparisienne
Il faut déjà arriver jusqu’à elle…
Un peu d’aventure. Partir sur l’eau, laisser le continent derrière soi, débarquer à Porquerolles puis avancer sous les pins parasol. La mer n’est jamais très loin, la lumière est éblouissante et, quelque part au bout d’un chemin, presque cachée dans le paysage, la Fondation Carmignac nous attend.

Cette année, c’est joyeux, sexy, délicieusement insolent
Avec Sea, Pop & Sun, les commissaires Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer font revivre l’effervescence pop des années 60 et 70. Un moment charnière où les vacances et la plage deviennent un art de vivre, les corps se libèrent, la société de consommation explose et une nouvelle idée de la liberté s’invente.

Bienvenue dans un monde où l’on croise des baigneuses, un surfeur plus vrai que nature, des pin-up, des poissons rock ‘n’ roll, des sublimes paysages estivaux et des objets devenus icônes. Le soleil est orange, les filles en bikini, et les couleurs vives électrisent le public.
Andy Warhol ouvre le bal avec ses Sunsets de 1972, soleils sérigraphiés aux couleurs presqu’irréelles. Puis viennent Roy Lichtenstein, Martial Raysse, Evelyne Axell, Duane Hanson, Tom Wesselmann, Alex Katz… auxquels répondent des artistes contemporains, tels Théo Mercier, Olafour Eliasson, Sylvie Fleury, Tracey Emin, Derrick Adams ou encore Lucia Marucci. Ces derniers interrogent l’héritage du Pop Art dans une même quête de liberté.

Photo ©thegazeofaparisienne
Et si Sea, Pop & Sun était moins légère qu’elle n’en a l’air ?
Derrière les lunettes de soleil, les corps bronzés et le fantasme d’un été éternel, quelque chose de plus iprofond se joue.
Les sixties et seventies sont aussi les années où tout bascule. La révolution sexuelle bouleverse les règles, les mouvements sociaux prennent de l’ampleur, les loisirs deviennent une industrie et la publicité fabrique de nouveaux désirs. La plage elle-même est un théâtre, celui du culte de l’apparence et des nouveaux diktats de la société de consommation.
Les femmes, elles aussi, bousculent les conventions. Une nouvelle génération d’artistes vient caricaturer avec humour le fantasme masculin de la pin-up. Le corps féminin n’est plus offert, il choisit ses désirs et les revendique.
C’est ce double jeu qui rend l’exposition si réussie : elle séduit avant de piquer.


G: Marjorie Strider, Come Hitler, 1963 . D: Sylvie Fleury, Catwalk , 2024. Photo©thegazeofaparisienne
Difficile de rêver plus beau décor pour cette sublime présentation. Au-dessus des salles, le fameux plafond d’eau de la Villa filtre la lumière méditerranéenne. Dehors, l’exposition se poursuit dans le jardin, parmi les pins, les oliviers et les parfums du maquis.

Il y a des expositions que l’on visite. Et puis il y a celles que l’on n’a pas envie de quitter. C’est évidemment le cas de Sea, Pop & Sun. Je repars éblouie de soleil, les Beach Boys dans la tête, avec cette délicieuse impression que l’été n’est pas tout à fait terminé.
À voir absolument …. jusqu’au dimanche 1er novembre.
Caroline d’Esneval
SEA, POP & SUN
Villa Carmignac, îles de Porquerolles.
Jusqu’au dimanche 1er novembre 2026.



