Paris la rentrée avec la Design Week
Direction le cœur Marais pour cette nouvelle édition de la Paris Design Week. Six propositions pour une journée particulière dédiée au design qui se termine Rive Gauche au théâtre, dans un immeuble Art Déco ayant appartenu à Helena Rubinstein.
1. voir le nouvel espace de Léonie Alma Mason, Formes de l’instant

Pensé comme un véritable écrin façonné à partir de matières précieuses comme la loupe d’orme teintée gris perle, face au musée Picasso, Léonie Alma Mason inaugure cette nouvelle adresse avec une première exposition Formes de l’instant qui présente des photographies Polaroïd d’Alexis Armanet et ses céramiques. Un dialogue se crée entre les deux pratiques, les matières céramique et pellicule se connectent et finissent par former un tout « BRISURES » un Polaroïd 600 sur une céramique émaillée en argile blanche & acier patiné.
Jusqu’au 27 septembre
6 rue de Thorigny, Paris. En savoir +
2. Anankè Maison de Victor Hugo
La maison de l’illustre écrivain se met au parfum, un nouveau dialogue construit entre Nathalie Lorson, maître-parfumeur chez dsm-firmenich et le duo Lucas Huillet et Alexandre Helwani. Tous les trois ont créé une oeuvre spatiale et sensorielle qui part du premier mot écrit par Victor Hugo dans son roman Notre-Dame de Paris : « Anankè« .

Ils nous donnent un aperçu de ce que serait notre existence si la terre n’existait plus : 4 parfums créés par Nathalie Lorson évoquent chacun l’humanité terrestre, le passé avec l’encens, des parfums qui résistent à toute destruction, un simple souvenir d’une tomate, de la mer, ou encore d’une rose elle est illustrée par le menhir, la pierre levée qui est pour Victor Hugo, le symbole de la première écriture. A découvrir et à déguster dans le restaurant sur place qui s’associe à cette initiative.

Ce sera aussi l’occasion de découvrir l’exposition en cours Hugo et l’architecture – De la pierre à la plume jusqu’au 22 novembre qui montre le talent du génie qui écrivait mais aussi dessinait, peignait, en bref, avait tous les talents. On y retrouve des représentations de menhir, on aime sa façon de réinterpréter ses voyages, les ruines et monuments qu’il visite et qu’il imagine dans son exil à Guernesey, avec un intérêt particulier pour le motif architectural. Ne pas oublier son engagement profond pour la protection du patrimoine qui s’illustre particulièrement dans son roman publié en 1831 Notre Dame de Paris, et aussi dans son manifeste « Guerre aux démolisseurs » . Il nous séduit par ses encres, le romantisme qui se dégage de ces oeuvres.

Commissaire: Alexandrine Achille, conservatrice à la Maison de Victor Hugo
3. Arcanum Formæ – Joseph Walsh à l’Hôtel de Sully.
La ballade continue, traversée dans les jardins de la sublime place des Vosges, au numéro 5, une entrée à la dérobée vers un autre jardin celui de l’Hôtel de Sully, pour découvrir la sculpture monumentale Magnus du designer irlandais Joseph Walsh, une oeuvre conçue spécialement pour les lieux en bronze et bois, elle est le reflet de la relation entre l’homme et la nature, le passage du temps et les cycles naturels. Dans la partie inférieure en bronze, on observe les marques de la main de l’artiste. Cette sculpture fait partie d’une série.


« Chaque pièce est une exploration de la manière de libérer l’énergie naturelle déjà présente dans le bois. » – Joseph Walsh
Entrée libre Jusqu’au 24 octobre 2026
4. Les Arts Décoratifs MAD. Paris Kyoto

Retour du Japon, de la Villa Kujoyama, quatre designers Nina Fradet, Tony Jouanneau, Felipe Ribon et Marion Vidal présentent leurs travaux et recherches dans les galeries permanentes du musée. Le bois brûlé yakizugi, série Body Fragments projet Burnt Flesh de Nina Fradet. Les encensoirs en verre de Felipe Ribon.

Les savoirs-faire liés au bambou de Marion Vidal avec le projet Cérémonie du bijou, une micro-architecture de l’intime et pour finir la poésie de ECHIRO créée par Tony Jouanneau, des oeuvres textiles en soie plissée et colorée à partir de pigments organiques, réalisées selon les procédés shibori et dorozome.

Commissariat : Juliette Pollet – Soutien de la Fondation Bettencourt Schueller.
Jusqu’au 3 janvier 2027

5. Maison Lacmé et Hanjimania – Hôtel de la Marine
Place de la Concorde, après être passée devant un ancien temple du design, la maison de Azzedine Alaïa, le grand couturier collectionneur de mode mais aussi de design, Jean Prouvé, Mallet Stevens… il avait souhaité créer une fondation de son vivant. Un tour rapide à l’Hôtel de la Marine, pour voir Astre Mobile, imaginé par Antoine Tauvel, Directeur Artistique de Maison Lacmé, une voiture surprenante, transformée en une sorte de cabinet de curiosités renfermant des savoirs-faire variés.
Entrée libre – Jusqu’au 27 septembre 2026
6. Studio Raspail, 216 bd Raspail – Paris 6 -Une pièce de théâtre Le livre de l’intranquillité.
« Qui d’entre nous sait seulement ce qu’il pense ou ce qu’il désire » – Fernando Pessoa
Pour conclure en beauté cette journée, traverser la Seine, côté rive gauche, vers le bd Raspail et là surprise, retour dans les Années Folles, il s’agit de l’ancienne adresse de la maison d’Helena Rubinstein, mécène amoureuse des arts, qui avait fondé en 1930 une holding à Montparnasse, 216 bd Raspail. A son mari, Edward Titus, dandy et esthète elle avait offrert « un petit théâtre des américains », un rêve réalisé par un jeune architecte Bruno Elkouken. Elle déménagera plus tard et s’installera quai de Béthune sur l’ile Saint Louis, dans ce magnifique immeuble aux portes créées par René Lalique (cf article précédent).

Mais revenons au Théâtre, qui se transforme ensuite en cinéma d’art et d’essai très pointu puis appartient aux PTT et en 2022 sa nouvelle propriétaire Florence Méaux entreprend des travaux de rénovation colossaux pour qu’il retrouve l’esprit de ce qu’il était à l’origine. Il vient d’ouvrir il ya quelques mois et en ce moment se joue Le livre de l’intranquillité. Il s’agit du journal intime d’un employé de bureau à Lisbonne écrit par Pessoa, vision désenchantée du monde, le manuscrit avait été découvert après la mort de l’auteur. Ce texte est merveilleusement interprété par François Marthouret dans une mise en scène de Anne Kessler.
A réserver Studio Raspail.




