Lucien Clergue

Capture d’écran 2014-11-18 à 15.16.21Né le mois des rencontres internationales de la photographie à Arles et parti pendant le mois de la photographie. L’homme qui écrivait et contait des histoires avec la lumière ne manque ni d’à-propos, ni d’élégance (contrairement à ce que lui reprochait un certain petit monde de la photographie)… Une élégance qui consiste à rendre ce que l’on a reçu. Un à propos illustré par la cohérence d’un oeuvre et de son auteur qui n’a cessé de penser ombre et lumière , révélation et obscurité, négatif et positif et donc qui pense photographie. Lucien Clergue grandit dans un milieu modeste. Il ne peut continuer la pratique du violon alors qu’il est admis au Conservatoire.  Alors Il s’initie à la photographie. Marqué par la maladie de sa mère, les bombardements de la seconde guerre qui détruisent aussi sa maison, le chaos et la destruction sont la genèse de son travail.
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Lucien Clergue. Montmajour Ruines d’Arles 1955.

Ainsi, Il s’intéresse aux tombes de l’abbaye de Montmajour, aux marais stagnants, aux natures mortes… Opportuniste ? Il aborde carrément Picasso à la sortie d’une corrida , et lui montre ses photographies. Celui ci l’encourage et lui présente ses amis Cocteau et Ernst. Il prend et il a bien raison : Dans ce cercle Lucien Clergue l’autodidacte s’instruit…Et gagne son statut d’artiste. En 1957, il publie son premier portfolio de Nus chez Seghers, « Corps mémorables », dont la couverture est un dessin de Picasso, les poèmes d’Éluard et de Jean Cocteau.« Chaque fois que je photographie une femme, j’ai l’impression de faire reculer la mort ».

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Lucien Clergue. Nu de l’été, Plan de la Tour, 1971.

Les nus de Clergue ne sont pas seulement un jeu érotique de cache cache avec les ombres, l’écume ou le sable. Ils sont la vie. Après la mort trop fréquentée au sortir de la guerre… Les nus sur lesquels se projettent des traits d’ombre sont une empreinte vibrante et doivent être mis en perspective avec les tombes de Montmajour qui sont aussi et au delà d’une représentation funèbre, une empreinte creusée à même la pierre. La lumière révélée par l’obscurité convoque bien la photographie. Celle que Lucien Clergue ne cessera de porter aux nues justement…

La reconnaissance lui ayant été accordée, il donne, il partage et crée avec Michel Tournier en 1970 les rencontres internationales de la photographie a Arles. Il contribue à la création de lENSP toujours a Arles.
Lui reconnaître cette élégance est un moindre hommage, car qui sait rendre aujourd’hui ce qu’il a reçu avec simplicité et dévouement ? Alors oui il est omniprésent et un brin cabot, mais sa faconde a été la voix de la photographie jusqu’à son entrée à l’Academis Francaise . Pas mal…
Aujourd’hui , comme en témoigne la dernière édition de Paris-Photo qui s’achève, la photographie est un art à part entière dont l’axe dynamique Arles-Paris-Lille semble incontournable aux yeux du monde.  Il nous laisse dans cette effervescence . Merci Lucien !
Héloïse de Champagny.

Une réflexion sur “Lucien Clergue

  1. Merci pour ces lignes aussi tendres qu etait l homme , si meconnu dans sa profonde sensibilité et son questionnement permanent des mysteres de notre presence sur terre .
    Foin des petits marquis de Maisons et des luttes de preseance des dames vite deshabillees qui se frottaient a lui..L ame de Lucien est a jamais liberee de ces contrarietes mondaines

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