Tombée de métier – Musée des Gobelins

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La tapisserie n’est pas un mot qu’on associe à la modernité. Elle est plutôt connotée aux temps anciens où le chauffage central n’existait pas ! on imagine des tentures usées avec des scènes mythologiques, verdures… Sur les murs des musées elles sont comme des reliques du passé. Mais la Manufacture des Gobelins dans le 13e à Paris, nous prouve le contraire.

Dyed yarn from the factory's store

Dyed yarn from the factory’s store

Bien que cette manufacture date du siècle des lumières créée par Colbert sous Louis XIV et fournissait les monarques français depuis le XVIIe siècle,  la production, aujourd’hui,  continue toujours et fait partie intégrante d’une des formes d’expression de l’art contemporain. Les couleurs fortes, les formes abstraites et les innovations apparaissent sur les tapisseries. Cette exposition de la Galerie des Gobelins nous montre les oeuvres les plus récentes et nous informe sur ce procédé de création artistique.

Galerie des GobelinsJe remercie le commissaire d’exposition Marie-Hélène Bersani-Dali de nous avoir fait découvrir et comprendre ce monde de la tapisserie contemporaine que je ne connaissais pas avant cette visite.

Le titre de cette exposition nous explique l’évènement que constitue le moment où il s’agit de couper les fils de la tapisserie  enfin terminée, parfois après de nombreuses années de travail,  d’où le titre de l’exposition : « Tombée de métier » (à tisser). C’est l’instant où les fils attachés au métier à tisser sont coupés et que la tapisserie quitte le métier à tisser qui est son point d’origine dans le processus de création. Cet évènement est une célébration de la collaboration entre chacun des membres qui ont participé à la création de la tapisserie–l’artiste, les tisseurs, et toutes les personnes qui prennent part à la réalisation finale du projet.

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Galerie des Gobelins

Jacques Vieille Avec Piranèse, 2008 (diptyque) Manufacture des Gobelins, 3,15 x 2,02 m 20 kg de laine, 23 couleurs, 763 jours de tissage

Jacques Vieille
Avec Piranèse, 2008 (diptyque) Manufacture des Gobelins, 3,15 x 2,02 m 20 kg de laine, 23 couleurs, 763 jours de tissage

Jacques Vieille À l’Egyptienne, 2016 (diptyque)Manufacture des Gobelins, 3,15 x 2,02 m 27 kg de laine, 32 couleurs, 1698 jours de tissage

Jacques Vieille
À l’Egyptienne, 2016 (diptyque) Manufacture des Gobelins, 3,15 x 2,02 m 27 kg de laine, 32 couleurs, 1698 jours de tissage

De manière similaire, l’exposition comprend une étude de chaque aspect du processus de la tapisserie,  nous fournissant des petites descriptions des styles de tissage, des modèles préparatoires, et des bobines de fils multicolores. Certains tapis sont accrochés de façon à pouvoir voir leur envers, montrant aux spectateurs la masse des fils qui forment les images claires sur l’autre côté du tapis.

La grande salle de l’exposition se divise en trois salles, et les tapis dont les revers sont exposés jouent le rôle des murs qui séparent chaque pièce. Les faces des tapisseries de Jacques Vieille se font face l’une et l’autre, présentant chacune leur décor de cheminée et le graphisme utilisé. L’une est à motif de bobines, l’usine a utilisé les filets d’or pour souligner la qualité ronde des bobines. Leurs dos, qui font face aux autres salles de l’exposition, sont les collections des fils vers lesquels on peut vaguement voir les motifs sur l’autre côtés.

Pendant que Madame Bersani-Dali nous explique le procédé de fabrication des tapisseries, en commençant par le carton de l’artiste, puis l’étude du lissier, le lissier est chargé de traduire le modèle du carton en tapisserie). Madame Bersani-Dali compare ce processus à une chorégraphie, expliquant que c’est le lissier et non l’artiste qui réfléchit à la logistique de transformation du carton à la tapisserie.

Ensuite, la manufacture agrandit le dessin de l’artiste à la taille du tapis. Ils dessinent une carte qui indique la place de chaque couleur de fils.  À côté d’une grande pièce au sol de Claire Pichaud, on peut voir la cartographie de l’œuvre. Imaginez un « color-by-numbers » énorme et très compliqué, et vous aurez une image d’une cartographie.

Puis il faut faire un choix au sujet de l’emplacement du tapis : au sol ou au mur. (Ou, comme un tapis de dentelles par Ghislaine Portalis, sur une table.) « Il y a un sens de lecture dans le cas des tapis au mur, » dit Mme. Bersani-Dali. « Il y a une entrée et une sortie, tandis qu’on peut être debout sur un tapis au sol, on peut marcher. »

La manufacture possède sept ateliers, 120 ouvriers et 14 000 couleurs permettant un vaste champ de création, une palette allant du rouge profond au jaune fluorescent . Deux des tapisseries se démarquent par l’intensité de leurs couleurs celle de Stephen Craig et celle de Pierre Mabille.

“On peint avec la laine [We paint with wool],” déclare Mme Bersani-Dali qui se dirige vers une tapisserie de Sheila Hicks qui nous fait pense à Monet. Mais les tapisseries ne sont pas juste des imitations de peinture. Une pièce est une représentation très photographique de nuages avec un texte graphique comme si il s’agissait du résultat de photoshop. Une pièce murale suspendue dans la première salle par Klaus Rinke simule le dessin au fusain et au crayon. Alors que chaque pièce conserve la qualité tactile d’une tapisserie, le fil est facilement adaptable à divers matériaux, configurations et thèmes, permettant à chaque pièce s’approprier d’autres médiums artistiques.

Dans la dernière pièce, un immense tapis appelé « l’écume » de Frédéric Ruyant, figurant un monde aquatique avec l’écume des vagues, des coraux … Cette tapisserie est inspirée d’une photo que l’artiste a pris d’un détail d’une tapisserie du XVIIe siècle, « Le Colosse de Rhodes » , l’artiste reprend les thèmes historiques qui appartiennent à la tradition de la tapisserie.

Champ ensoleillé balayé par le vent, 2014 Sheila Hicks Manufacture des Gobelins, 2,27 x 3,88 m

Champ ensoleillé balayé par le vent, 2014
Sheila Hicks
Manufacture des Gobelins, 2,27 x 3,88 m

Une très belle mise en scène de ces tapisseries et tapis dans un lieu historique qui nous montre la modernité de cet art peut-être parfois méconnu.

Tombée de Metier will be on view at the Galerie des Gobelins, 42 Avenue des Gobelins, until January 4, 2017.

Tombée de Metier will be on view at the Galerie des Gobelins, 42 Avenue des Gobelins, until January 4, 2017.

Danielle Cohen, Wesleyan University 2018, Vassar-Wesleyan Program in Paris Autumn 2016

Commissariat
Marie-Hélène Bersani-Dali, directrice du département de la production du Mobilier national

Carte blanche à Noé Duchaufour-Lawrance du 19 octobre 2016 au 8 janvier 2017

© Noé Duchaufour-Lawrance

© Noé Duchaufour-Lawrance

 

Une réflexion sur “Tombée de métier – Musée des Gobelins

  1. C’est drôle,je viens de voir cette exposition ,quel bel endroit cette manufacture ,les vitres ont toujours les verres troubles d’époque,ils laissent filtrer une très belle lumière, les hauteurs de plafond gigantesques et il n’y a pas personne!!
    Un bel endroit en confidence dans un Paris agité….
    Les tapisseries sont sublimes,un art qui redevient très tendance!!
    Continuez….
    Valérie.B

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