Avant-gardisme russe, Jean-Jacques Lebel…

Par Laetitia Launiau

Nous sommes allées avec Florence voir les expositions en cours au Centre Pompidou. Nous avons découvert le travail surréaliste de Jean-Jacques Lebel, artiste contemporain aux multiples facettes de création et profond activiste politique.

Ami d’André Breton et de Marcel Duchamp, il a un travail très intellectuel. Il est ausi l’un des premiers à avoir organisé des happenings en Europe. Il a réalisé notamment en 1960 avec cinq de ses amis Enrico Baj, Roberto Crippa, Gianni Dova, Erró et Antonio Recalcati, le célèbre “Grand Tableau Antifasciste Collectif” qui dépeint les atrocités de la guerre d’Algérie.

http://Jean-Jacques Lebel – L’Outrepasseur – Centre Pompidou

Centre Pompidou – Jusqu’au 3 septembre 2018

L’UAM, Union des artistes modernes a mis en scène cinquante ans de création moderne. Nous avons eu le bonheur de déambuler parmi des dizaines d’oeuvres emblématiques du XXe siècle, tels que les pieces de mobilier d’Olivier Mourgue, de Pierre Paulin, d’Etienne-Henri Martin, de Marc Held, de Pierre Chareau et de beaucoup d’autres. Des oeuvres prodigieusement modernes et souvent encore éditées. Des concepts à la fois esthétiquement créatifs mais aussi pour certains avec une vision sociale précurseuse, telles que ceux de Le Corbusier, de Mallet-Stevens, d’Eileen Gray, ou encore de Charlotte Perriand. Un vrai régal pour nos pupilles.

Pour en savoir plus, UAM / Article The Gaze

Centre Pompidou – Jusqu’au 27 aoüt 2018

UAM – Chaise de jardin 1927 de Pierre Chareau. Table, vers 1930 et siège Thonet B 311, 1931 de André Lurçat –

Dépêchez vous, cette exposition se termine à la fin de l’été!

Enfin, nous avons eu la chance de voir, avant qu’elle se termine, l’exposition russe “Chagall, Lissitzky, Malévitch” qui nous a plongées notamment au milieu des artistes de l’école d’art de Vitebsk.

Marc Chagall
Au-dessus de la ville, 1914 – 1918 Huile sur toile, 139 × 197 cm Galerie nationale Trétiakov, Moscou © Adagp, Paris 2018

Après avoir vécu et peint en France, Marc Chagall est revenu en 1914 dans sa ville natale de Vitebsk (aujourd’hui située en Bielorussie) et sous l’impulsion de la révolution bolchévique en 1917, il a fondé une école d’art libre et gratuite, à l’enseignement le plus ouvert possible. Pendant 4 années, l’enthousiasme et la créativité de cette école ont transformé Vitebsk en laboratoire d’un monde nouveau. Il y a fait venir des artistes de renom appartenant à différentes mouvances, tels que l’aquarelliste traditionaliste M. Doboujinski et le peintre cubo-futuriste I. Pouni. El Lissitzky peintre architecte constructiviste les a rejoint en 1919.

Kasimir Malévich

L’arrivée de Kazimier Malévitch, chef de file des mouvements abstraits, fondateur du suprématisme a perturbé ce lieu de créativité extraordinaire. A son initiative, un nouveau collectif d’artistes baptisé Ounovis s’est créé. Il s’agissait d’affirmateurs avant-gardistes du nouveau en art. Ils voulaient faire vivre l’utopie d’un monde idéal grâce à des dessins suprématistes devenus la nouvelle forme de l’harmonie. Il a régné au sein de l’école une guerre de clans entre l’école avant gardiste figurative incarnée par Chagall et celle abstraite que soutenait Malévitch. Mais à partir de 1921, le climat a évolué car les dirigeants bolchéviques qui avaient négligé la culture au début de la révolution se sont penchés sérieusement sur la question et ont éliminé les courants artistiques qui ne correspondaient pas aux valeurs prônées par le parti.

El Lissitzky – Tribune de Lénine, 1979. reconstitution de la tribune d’après un projet de Lissitzky (1920-1924) pour l’exposition Paris-Moscou 1900-1930 , Centre Pompidou 1979

Le suprématisme étant en première ligne, ils ont cessé alors de donner des subsides à l’école qui petit à petit s’est disloquée. Malévitch et d’autes artistes sont partis avec beaucoup de leurs oeuvres à Pétrograd (aujourd’hui Saint Pétersbourg).

Cette école l’art de Vitebsk a donc été dans les années 1918-1922 un foyer primordial dans l’évolution de la période avant-gardiste russe.

Ce courant avant gardiste russe avait vu le jour dans les années 1910 avec le groupe du Valet de Carreau ayant M. Larionov comme chef de file. C’est à cette époque que Moscou s’était ouvert à l’art moderne, grâce notamment à des collectionneurs tels que Chtchoukine et Morozov. En effet, ils favorisaient les échanges entre artistes et nourrissaient les influences de chacun. Matisse avait fait par exemple un séjour à Moscou en 1911. La peinture russe s’était ainsi familiarisée avec celle plus moderne occidentale. Et des artistes occidentaux avaient apprécié la créativité énergique et idéaliste de ces artistes russes.

La plupart des oeuvres avant gardistes sont aujourd’hui hébergées par le Musée russe de Saint Petersbourg. Et beaucoup d’autres sont visibles à Galerie nationale Trétiakov à Moscou. Un voyage en Russie s’impose donc car l’exposition au Centre Pompidou est malheureusement terminée.

Chagall, Lissitzky, Malévitch – L’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922). Centre Pompidou – Exposition terminée le 16 juillet 2018. 

 

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