La Suisse, un vivier d’Artistes de talent

Exposition « Sélection d’oeuvres phares » du Fonds cantonal d’art contemporain de Genève.

Devant une oeuvre de Philippe Decrauzat, collections du FCAC, © thegazeofaparisienne

Depuis que je vis à Genève, j’ai découvert la richesse de la scène Artistique Suisse, qu’elle soit des siècles passés (Vallotton, Hödler, Koller, Giovanni Segantini, etc…) ou Contemporaine. Au fil de mes visites de Musées, galeries et ateliers d’artistes, j’ai constaté à quel point ce pays est un vivier d’Artistes talentueux qui marquent notre époque. Certains ont gagné une renommée internationale tels John Armleder, Olivier Mosset ou Sylvie Fleury, d’autres mériteraient d’être davantage présentés hors des frontières Helvétiques.

Vue de l’exposition « Une sélection d’oeuvres phares  » du Fonds cantonal d’art contemporain de Genève, 2019. Photo:© Société Générale Private Banking Suisse

L’exposition du Fonds cantonal d’art contemporain de Genève, au siège de la Société Générale de Genève, regroupe des artistes d’aujourd’hui, autour du thème de l’abstraction. Une excellente opportunité, pour moi, de vous donner un aperçu des quelques talents Suisses contemporains, à suivre de près!

Celui que tout le monde connait, John Armleder (né en 1948)

Figure emblématique de sa génération, Armleder explore l’abstraction en détournant les matériaux ordinaires, avec humour et dérision. A la fin des années 60, il prend activement part au mouvement Fluxus, dont l’idée est de supprimer toutes frontières entre l’art et la vie et de mettre en scène les éléments du quotidien . Il fonde le groupe Ecart à Genève, mouvement alternatif proche de Fluxus qui devient le point d’entrée en Suisse de toute une communauté internationale d’Artistes de l’avant garde des années 70. L’oeuvre du FCAC présentée dans cette expo est un triptyque de ses jeunes années, abstrait et sobre, portant le titre déroutant « Here comes my Face »…

John Armleder « Here comes my face »acrylique, encre, vernis à ongle, peinture aluminium,1966-77, collections du FCAC, © thegazeofaparisienne

Plus récemment, dans un style dynamique et pop, Armleder se plait à mélanger paillettes et couleurs vives dans des coulées de vernis à ongles sur de l’acrylique … j’adore!!

Divino 2019 (détail), David Kordansky Gallery, Photo Julien Gremaud

Caricature de la société de consommation par Sylvie Fleury (née 1961)

Sylvie Fleury, Eye Shadows, acrylique on canvas on wood, Courtesy Vogue magasine

Dans les années 90, Sylvie Fleury se lance dans ses premières installations artistiques en utilisant, répliquant ou déformant les éléments les plus emblématiques des marques de luxe. Ces objets chéris qui nous fascinent et nous obsèdent tant! Parmi ses plus célèbres créations, ses shoppings bags- sa première oeuvre exposée-, ses maxi couvertures de magazines de mode , ses chaussures « high heels » très fétichistes ou encore ses palettes géantes de maquillage. Pour l’exposition du FCAC , le thème étant à l’abstraction, c’est une oeuvre pastiche inspirée par Buren – « The Eternal Wow- que nous découvrons. Les lignes verticales reproduites à l’identique s’ouvrent par endroit en courbes suggestives toutes féminines, dans l’interprétation de l’Artiste.

Sylvie Fleury « The Eternal WOW » , collections du FCAC,© the gazeofaparisienne

Les explorations de l’Abstraction et du Monochrome d’Olivier Mosset (né en 1944)

Olivier Mosset, « Sans titre (Tondon bleu) », 1999-2000, acrylic sur toile, cadre métallique, verre , diam 203cm, collections du FCAC,© thegazeofaparisienne

Quittant sa Suisse natale, O. Mosset s’installe à Paris en 1965. Il y rencontre Buren, Parmentier et Toroni avec lesquels il forme le groupe BMPT. Ce mouvement s’attache à se concentrer sur le « degré 0 » de la peinture et fait table rase de tout le reste. Les créations de l’artiste sont des formes minimalistes et des monochromes. Son travail est également très imprégné de la peinture américaine (Stella, Rymen, etc..) dans laquelle il s’immerge, lors de son installation à New York, dans les années 80. Aujourd’hui, Le FCAC nous présente une très belle pièce, Sans titre (Tondon bleu), des années 1999-2000. Un vibrant monochrome bleu cerclé d’un cadre métallique rose. Son exact opposé se trouve au Centre Pompidou de Paris. Actuellement, le MAMCO de Genève consacre une grande rétrospective à cette figure emblématique de la peinture abstraite d’après-guerre.

L’art optique de Philippe Decrauzat (né en 1974)

Philippe Decrauzat, Sans titre, 2007, Collections du FCAC, ©Dominique Uldry

Mon coup coeur de l’exposition va à cette oeuvre de Philippe Decrauzat. L’artiste puise son inspiration formelle dans l’art optique qu’il nourrit de références à la culture populaire (cinéma, musique, etc..). Dans cette oeuvre, les incurvations des lignes et la découpe de la toile perturbent notre perception visuelle de l’espace. Cette fleur hypnotique semble prendre du relief et son large coeur noir donne une impression vertigineuse.

Les jeux de mots et de formes de Christian Robert-Tissot (né en 1960)

Christian Robert -Tissot , Sans titre (Essay), 1990 , Collections du FCAC, © thegazeofaparisienne

Lettres, mots, expressions, slogans…. le langage au sens large est le champ d’expression artistique de Christian Robert-Tissot. Au delà de la nature des mots, il s’attache à travailler leur aspect formel, leur couleur, la forme de leur support afin de leur donner un sens précis. Ici, le mot « Essay » est la traduction en anglais de dissertation. Cependant, la toile coupée laisse penser qu’il manque la lettre « e » pour faire en Français « essaye ». Le jeu de mots de cette oeuvre apparait comme un clin d’oeil à un « essai non abouti ».

Abstraction géométrique et couleurs vives de Christian Floquet (né en 1961)

Christian Floquet, Sans Titre, 1987 , collections du FCAC,© thegazeofaparisienne

L’obsession de la géométrie, la rigueur de ses formes, les aplats sans trace de matière, qui jamais ne se chevauchent mais semblent s’emboiter l’un dans l’autre, et toujours 2 couleurs, vives, pas une de plus… tels sont les fondamentaux du processus de création de cet artiste. Mais à cela il faut ajouter l’asymétrie et les diagonales qui donnent toute l’aspérité et la force à son travail. Très belle oeuvre proposée dans cette exposition.

Les « vibrations » visuelles de Stéphane Dafflon (né en 1972)

Stéphane Dafflon, AST 255-256-257, 2016 ©Annick Wetter

Stéphane Dafflon élabore, en premier lieu, des oeuvres digitales à l’écran, puis il les retranscrit en peinture sur la toile ou le mur. Lorsque l’on s’approche de l’une d’elle, les traits se floutent, les alignements se décalent créant ainsi une vibration, comme un son, entrant en résonance avec l’environnement dans lequel il se trouve. Ici, L’oeuvre me donne une impression de rythmique très musicale…. pas étonnant pour cet artiste passionné de musique!

Les panneaux massifs et modernistes d’Emilie Ding (née en 1981)

Emilie Ding, Achetype VI et III , technique mixte sur ciment, 2013 ©thegazeofaparisienne

Dans ces oeuvres, Emilie Ding aime travailler les matériaux brut tels que le ciment, le béton ou le bois et les structures massives. Elle y associe des formes abstraites graphiques évoquant les motifs modernistes. Ici sculpture et dessin s’associent en deux grands panneaux. Le ciment poreux absorbe la matière noire du dessin de façon inégale, avec des coulées de matière et des variations de la densité du noir. De ces monolithes de ciment aux motifs abstraits, se dégage une puissance saisissante.

Organisation et commissariat de l’exposition: Diane Daval (Directrice du FCAC) et Katie Kennedy Perez (fondatrice de Artflow).

Caroline d’Esneval

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