Voyage jusqu’au bout de la terre, Finistère.

en passant par la Garenne Lemot à côté de Clisson sur les bords de la Sèvres, puis le Finistère, côté Léon le FHEL ou Cornouaille la Galerie de Rohan à Landerneau, faire une halte à Trévarez, poursuivre dans le pays bigouden à Quimper pour terminer près de la pointe de la Torche tout au bout de la terre et découvrir un des sept calvaires monumentaux, celui de Tronoën.

Trévarez
Azalées blanches devant le château de Trévarez. on aperçoit sur la droite le chêne planté après la tempête de 1987. © The Gaze of a Parisienne

Raija Jokinen, domaine de Trévarez

Tous les ans le domaine de Trévarez fait appel à un artiste qui se déplace sur les lieux et s’imprègne de l’histoire de ce château construit par James de Kerjegu, de ses arbres fleuris et toute cette campagne qui s’offre à nos yeux.

RAIJA JOKINEN
RAIJA JOKINEN – Force of nature, 2022

Pour cette 11e édition de Regard d’artiste, l’invitée est l’artiste finlandaise Raija Jokinen qui tisse avec des fils de lin des personnages en transparence, montrant le lien étroit qui unit l’être humain à la nature. Des œuvres qui s’intègrent parfaitement dans l’architecture et le parc du château. Une étrange présence qui nous apparaît au fur et à mesure de la visite. Comme si l’artiste avait voulu nous révéler les fantômes des lieux qui disparaissent et apparaissent dans les pierres.

RAIJA JOKINEN
RAIJA JOKINEN – Vue d’ensemble d’une chambre

Raija Jokinen teint elle-même ces fibres de lin qu’elle assemble en les cousant au fur et à mesure de son inspiration. Elle a reçu une formation au design textile à l’université d’art et de design d’Helsinki.

RAIJA JOKINEN
RAIJA JOKINEN – Dedication to a place, 2022,

« Il est fascinant de voir comment les détails du corps, tels que la peau, les vaisseaux sanguins et les nerfs ressemblent aux formes des racines ou des branches, ainsi qu’à beaucoup d’autres choses organiques. Je suis fascinée par ces ressemblances et leur variation infinie. Ces formes sont optimales pour les fonctions de maintien de la vie, et peut-être aussi pour notre esprit. »

Raija Jokinen
Trévarez
Rhododendrons de Trévarez © The Gaze of a Parisienne

Le domaine de Trévarez possède des collections de camélias, une des plus importantes au monde, en 2016, le domaine a reçu une distinction internationale en devenant Jardin d’excellence pour sa collection. Dans le parc de Trévarez, se trouvent d’autres arbustes à fleurs ornant les allées et pelouses, les azalées, les hortensias et les rhododendrons, cette Collection nationale compte aujourd’hui plus de 600 variétés aux couleurs les plus éclatantes de l’arc-en-ciel.
Un parc possédant des plantes parfois étonnantes comme cette rhubarbe géante mexicaine, son vrai nom : Gunnera. Ce jardin est aussi le travail exceptionnel des jardiniers qui s’adaptent à la nature, j’aime beaucoup cette histoire du grand chêne déraciné lors de la tempête de 1987, le jardinier a eu l’idée de replanter un gland qui aujourd’hui est devenu un très bel arbre.

Marie Dubuisson
MARIE DUBUISSON (1879-1916) © The Gaze of a Parisienne



A côté des serres, les photographies retrouvées de Marie Dubuisson (1879-1916) qui vivait juste à côté, sont exposées le long des murs. La « Vivian Maier » finistérienne a réalisé une production de près de deux cents plaques photographiques, retrouvées dans le grenier de la maison familiale à Châteauneuf-du-Faou. Née en 1879, décédée en 1916, sans s’être mariée, la photographe amateure a immortalisé son quotidien sur les bords de l’Aulne. Un émouvant panorama de la vie d’une famille bourgeoise du centre Finistère dans les années 1900, à deux pas du Domaine de Trévarez. Si l’on est très attentif une figure de Jaina Jokinen est comme incrustée dans un des murs du fond du jardin.

TrévarezTrévarez
Trévarez ©The Gaze of a Parisienne

Dans le parc, se trouvent les créations rocailles italianisantes, comme le bassin de la chasse, aux écrevisses et tritons en cuivre ou la Nymphée recréée par Eva Jospin lors de sa résidence en 2018. Le château de Trévarez bombardé en juillet 1944, revit avec l’appui du conseil départemental et des Chemins du Patrimoine, établissement public de coopération culturelle qui anime le site (et les quatre autres sites remarquables du Département, le manoir de Kernault, l’abbaye de Daoulas, château de Kerjean et l’abbaye du Relec).

Mon conseil, venir au printemps et s’émerveiller devant cette féérie de couleurs que nous offrent tous les arbres fleuris du domaine.

Trévarez

Regard d’artiste : Raija Jokinen

Jusqu’au 9 octobre

Je remercie Noelie Blanc Garin, chargée d’exposition du domaine pour la visite des lieux.

Domaine de Trévarez 29520 Saint-Goazec
Tél.: 02 98 26 82 79 domaine.trevarez@cdp29.fr

Photo : Rhubarbe géante mexicaine Gunnera ©The Gaze of a Parisienne

La Garenne Lemot, Eva Jospin,

Le « Grand tour » d’Eva Jospin à La Garenne-Lemot, domaine imaginé et construit pour les artistes par un autre artiste, le sculpteur François-Frédéric Lemot (1772-1827), sculpteur de la Révolution, de l’Empire et de la Restauration, dont les oeuvres nous sont familières (le bas-relief de la tribune de l’Assemblée nationale ou les statues équestres de Henri IV respectivement sur le Pont-Neuf et place Bellecour à Lyon, c’est lui).

LA GARENNE LEMOT
La Garenne Lemot ©The Gaze of a Parisienne

François-Fredéric Lemot, lorsqu’il découvre les lieux est séduit par le paysage italianisant, les ruines de la forteresse de Clisson, c’est sur une invitation de ses amis Pierre-René Cacault, peintre, et François Cacault, diplomate et grand collectionneur, (sa collection se trouve au Musée des Beaux-Arts de Nantes) qu’il se rend dans la région. Les deux frères avaient le projet d’un musée école à Clisson. François-Frédéric Lemot achète alors ces terres de la Garenne et il crée ainsi avec ce domaine une oeuvre totale. Un lieu pour les artistes qui retrouveront, comme pour leur grand tour en Italie, les paysages idéaux ornés de fabriques. François-Frédéric Lemot fait appel à Joseph Gautret avec qui il entretiendra pendant plus de 20 ans à partir de 1806 une correspondance conservée depuis et source d’information très précieuse pour les lieux. La maison principale a été construite par son fils Bathalémy.

Eva Jospin
EVA JOSPIN Bois de la Gorgone. Bronze.

Eva Jospin ne pouvait être qu’inspirée par le parc agrémenté de fabriques offrant ainsi des vues rêvées illustrées en 1817 par Claude Thiénon pour la notice historique de Lemot.
François-Frédéric Lemot avait racheté les ruines du château de Clisson qui faisait également partie de ses « vues ».


LA Garenne LemotLA GARENNE LEMOT
A Gauche : EVA JOSPIN Herbes, 2015, carton, papiers colorés et bois – 167 x 280 x 74 cm (coll. de l’artiste) et A droite : FRANCOIS FREDERIC LEMOT – Le Jugement de Salomon, Prix de Rome, 1790 dans la galerie des Illustres aménagée vers 1870. ©The Gaze of a Parisienne

Dans la galerie des Illustres se trouvent accrochés les médaillons des personnages qui se sont déplacés sur place ainsi que le bas-relief de François-Frédéric Lemot pour son Prix de Rome, et les « Herbes » 2015 d’Eva Jospin qui rappellent si bien les herbes de cet été brûlées par le soleil.

  • Clisson
  • LA Garenne Lemot
  • LA Garenne Lemot
  • LA Garenne Lemot
  • LA Garenne Lemot
  • LA Garenne Lemot
  • LA Garenne Lemot

Sur la terrasse on aperçoit les ruines du château de Clisson qui pour les besoins artistiques devaient être végétalisées accentuant ainsi l’effet « ruines romantiques », au centre de cette vue se trouve le petit temple de l’amitié ou François-Frédéric Lemot est enterré avec sa famille et descendants.

LA GARENNE LEMOT

Exposition : Éva Jospin un grand tour jusqu’au 18 septembre 2022

Domaine de la Garenne Lemot

Avenue Xavier Rineau 44190 GETIGNE
Tél.:  02 40 54 75 85

Entrée libre

Commissariat : Pierre Fardel, conservateur du patrimoine, directeur adjoint du Grand Patrimoine de Loire Atlantique.

Landerneau

Galerie de Rohan, EANCRAGES

Kiki Smith à Landerneau , l’exposition EAncrages, à la Galerie de Rohan jusqu’au 6 novembre 2022 est le fruit d’un partenariat entre la Ville de Landerneau, le musée du Louvre et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais (Rmn-GP) autour de la gravure contemporaine.

ROSANNA LEFEUVRE
ROSANNA LEFEUVRE – Plaques en cuivre – Le corsage, 2021. Héliogravure, eau-forte et aquatinte. 50 x 40 cm

C’est l’histoire du musée avec ses ateliers de chalcographie qui existent depuis la décision en 1797 de créer un dépôt des cuivres. Chalcographie en grec signifie écriture sur cuivre. Depuis 1805 la RMN a pour mission de gérer l’impression et la commercialisation de ses estampes. C’est Michel Laclotte, ancien directeur du musée, qui a suivi la transformation du Grand Louvre, qui donne un coup de modernité à ce fonds en faisant appel aux plus grands artistes Louise Bourgeois, Pierre Alechinsky, Georg Baselitz, Miquel Barceló, Geneviève Asse, François Morellet, Jean-Michel Othoniel, Peter Doig, Eva Jospin, Kiki Smith….afin de créer une nouvelle gravure, celle-ci est proposée à la vente sans numérotation et sans limite d’impression.

L’année 2021 ce fut au tour d’Anette Messager et de la jeune artiste de produire une estampe Rosanna Lefeuvre.

Je découvre les oeuvres de l’artiste franco-suisse Mireille Gros.

Musée du Louvre
MIREILLE GROS – Deuxeaux-fortes – Celles qui disparaissent – celles qui se créent (Est), 2009 et Celles qui disparaissent, celles qui se créent (Ouest), 2009 – 50 x 38 cm – Gravure : l’artiste à l’atelier Moutier, Moutier (Suisse).

« Au lieu de partir d’une figure et d’aller vers l’abstraction, je sonde le « rien » pour faire apparaître « quelque chose ». Le monde nano est une métaphore. Il est abstrait et figuratif en même temps. »

Mireille Gros

KIKI SMITH

Galerie de Rohan

EANCRAGES

Jusqu’au 6 novembre 2022

9 Place Saint-Thomas – 29800 Landerneau

Tél : 02 56 31 28 15

Entrée libre

Commissariat : Axelle Marin, directrice de la Galerie de Rohan et Jean-Gérald Castex, conservateur des arts graphiques du Musée du Louvre en charge de la chalcographie.

Photo : Vue d’ensemble avec la reproduction de l’estampe de Kiki Smith au sol.

Ernest Pignon-Ernest

ERNEST PIGNON ERNEST
ERNEST PIGNON ERNEST – Vue d’ensemble de l’exposition

«Toutes les rues qu’Ernest Pignon-Ernest a investies en France et à travers le monde le mènent cet été à Landerneau. Il nous invite à marcher dans ses pas et entrer dans son œuvre, à la rencontre de ses lieux, de ses personnages, face à l’Histoire, aux histoires humaines.» 

Michel-Édouard Leclerc

La fondation Hélène et Edouard Leclerc présente une exposition monographique consacrée à Ernest Pignon-Ernest (né en 1942 à Nice, Ernest Pignon double son prénom en fin de nom pour éviter l’amalgame avec Édouard Pignon, artiste plasticien de son époque). Le parcours présente près de trois cent oeuvres d’un artiste qui intervient directement dans l’espace urbain, en prenant à témoin le spectateur. Ernest Pignon-Ernest investit les techniques de l’art protestataire, des affiches au pochoir ou sérigraphiées, la geste graphique de mai 68.

ERNEST PIGNON ERNEST
ERNEST PIGNON ERNEST – Etudes pour Victor Segalen

Ernest Pignon-Ernest mêle l’insubordination graphique et la contestation politique : l’art doit critiquer, contester, discuter. Mais Ernest Pignon-Ernest est aussi un artiste qui s’affranchit de toute autorisation pour investir l’espace public, travaille la nuit comme un clandestin ou un migrant, utilise le papier journal comme matière première et les murs comme support. Sa technique repose sur l’utilisation du fusain puis de la pierre noire, qui permet un affinage de précision. La Commune de Paris, Rimbaud, Soweto, la lutte pour l’avortement, les stigmates de la guerre d’Agérie (un Minotaure hommage à Picasso – 1962 – ouvre l’exposition), les Poètes, les Mystiques, la mort de Pasolini, Ernest Pignon-Ernest est de toutes les révoltes. Le dernier portrait est celui du poète-explorateur Victor Segalen (1878 – 1919), dont la mystique, la vie itinérante, aventurière et la fin mystérieuse conclut l’exposition et lui donne son nom.

ERNEST PIGNON ERNEST

Ernest Pignon Ernest

Jusqu’au 15 janvier 2023

Fonds Hélène & Edouard Leclerc

Commissariat Jean de Loisy

Musée des Beaux-Arts de Quimper

QuimperQuimper
Cathédrale Saint Corentin de Quimper ​XIIIe – XVe
siècle, XIXe siècle – Style gothique . ©The Gaze of a Parisienne

Se promener dans les collections permanentes composées en partie de l’important legs de Jean Marie de Silguy à la ville de Quimper comprenant 1200 peintures, 2000 dessins, 12000 gravures et 7000 volumes.
L’amateur d’art avait fait l’acquisition d’une copie d’époque de la Joconde dans le but de créer sa collection idéale, une des plus belles oeuvres est la Vénus endormie de Nicolo dell’ Abate.
La condition de ce don était la construction d’un musée qui ouvrira ses portes au public en 1872.

Musée des Beaux Arts de Quimper
NICOLO Dell’ ABATE, (1509-1571) « Venus endormie » et en haut au centre copie d’époque d’après Léonard de VINCI (1452 – 1519) Portrait de Mona Lisa ou La Joconde » Legs Comte de Silguy ©The Gaze of a Parisienne

J’aime regarder les peintures de l’école de Pont Aven, Notre-Dame de Penmarc’h par Levy Dhurmer, une Vierge à l’Enfant, très symboliste, il y a aussi les arbres de Vallotton, un autoportrait d’Emile Bernard au chapeau jaune… et pour finir la visite, les grandes toiles de Degottex.


HENRI RIVIÈRE
HENRI RIVIÈRE (1864 – 1951) Lavoir Vers 1894 Gravure – Plaques de bois de poirier gravées et dorées

A quelques kilomètres, toujours en pays bigouden, se trouve le calvaire monumental le plus ancien de Bretagne Tronoën, daté vers 1450. Le monument est en granit, il devait être sans doute peint au Moyen-Âge, certaines scènes ont été sculptées dans la pierre de Kersanton, plus grise et plus facile à utiliser.

TronoënTronoën
Nativité, la Vierge aux seins nus et les Rois Mages en pierre de Kersanton ©The Gaze of a Parisienne

Ces frises présentent les scènes de la vie du Christ,, l’Annonciation, la descente de croix, la Nativité avec une Vierge rare aux seins nus. Ces calvaires étaient destinés à diffuser l’évangile. on les appelait l’évangile de pierre ou l’évangile des pauvres.

Tronoën
Calvaire monumental de Tronoën vers 1450 ©The Gaze of a Parisienne
LUCIEN LEVY-DHURMER

Musée des Beaux-Arts de Quimper

40, place Saint-Corentin – 29000 Quimper
Tél.: 02 98 95 45 20

Calvaire de Tronoën

198B Rue de Tronoen, 29120 Saint-Jean-Trolimon

Photo : LUCIEN LEVY-DHURMER
(1865 – 1953) Notre-Dame de Penmarc’h.1896
Huile sur toile marouflée sur bois

1 pensée sur “Voyage jusqu’au bout de la terre, Finistère.

Laisser un commentaire