Art Paris Art Fair, nouvelle saison
The Gaze of FLORENCE BRIAT SOULIE
Au Grand Palais, 27e édition

Art Paris, nouvelle version 2025 au Grand Palais, une édition de qualité, des valeurs sures, un écrin pour les artistes français et internationaux qui de plus en plus répondent présent à ce rendez-vous devenu incontournable de la scène artistique parisienne et ordonné par Guillaume Piens, directeur artistique de la foire.
Sur le parvis du Grand Palais, l’entrée en matière est spectaculaire, Monumental, deux sculptures monumentales en fil d’acier galvanisé de l’artiste franco britannique Sophie Ryder de la galerie genevoise Gowen.


De nombreux évènements sont organisés à cette occasion, des prix, celui de BNP Paribas Banque Privée décerné à Thomas Lévy-Lasne, galerie Les Filles du Calvaire, et le prix Her Art pour Zhanna Kadyrova, représentée par la galerie Continua, des performances…
Le chuchotement des mains chez Camille Fournet

A l’intérieur, pour la première année, espace du paddock, promenoir sud, Lucien Murat, galerie Suzanne Tarasieve, officie à nouveau en tant que commissaire (cf article précédent) pour la maison Camille Fournet, qui, depuis dix ans a initié les rencontres Equinoxes avec des artistes dont lui, en 2021. Tous ces artistes Recycle Group, Orlan, Elsa Sahal , Fabrice Hyber, Maude Maris, Yasmina Benabderrahmane, les derniers étant le duo Ittah Yoda se sont imprégnés de l’âme de cette maison reprise par un couple passionné, de collectionneurs mécènes Françoise et Jean-Luc Déchery. Une manière de décloisonner les disciplines, de provoquer des rencontres et de montrer la proximité des artistes et des métiers d’art, chaque invité a pu ainsi s’approprier la matière, ici le cuir, rivaliser d’originalité et créer très librement une oeuvre. Lucien Murat a écrit un texte qui offre ainsi le fil d’ariane de ces équinoxes.

» (…) À rebours du tumulte des informations, défilant sous des mouvements aphones, on peut percevoir en pénétrant dans la manufacture Camille Fournet, à Tergnier, le chuchotement des mains qui s’affairent à façonner la matière. Guidant avec soin leurs outils, leurs doigts habiles découpent, plient le cuir et parcourent infaillibles, les surfaces, redonnant ainsi leur souffle aux muscles engourdis. Elles deploient avec dextérité leurs gestes simples et précis sous le regard attentif de l’artisan qui, devenu témoin de lui-même, constate la formidable intelligence de ses mains qui se deploient sous ses yeux. Car là réside le savoir-faire: la main sait quand elle fait. Maîtresse de son propre geste, elle laisse s’échapper l’esprit qui, affranchi du doute; s’évade et accède ainsi à un espace de liberté mentale, propice à la création… »
Lucien Murat, extrait de son texte « Le chuchotement des mains ».
Retour sur les galeries

Sous la grande nef, les oeuvres rayonnent sous la verrière ensoleillée, ciel bleu présent à l’extérieur et à l’intérieur, avec le beau bleu de Geneviève Asse, chez Claude Bernard. Les galeries exposent des grands formats, ceux d’une génération, la fin du XXe siècle, Roberto Matta chez Mitterrand, magnifique peinture des années 90 rappelant le hall du ministère des finances, Matta fut un des artistes sélectionné pour le 1% artistique de la construction du ministère, sur le thème de l’argent. (cf article précédent).

Galerie Mala, le thème est résolument noir et blanc avec de nombreuses oeuvres d’André Marfaing et ce très grand fusain d’Olivier Debré, après ses Signes-Personnages, l’artiste avait imaginé les Signes-Paysages, représentant une nature foisonnante, des multiples traits de crayon laissant le regardeur s’interroger sur l’interprétation de cette écriture.

Ce travail rappelle un autre artiste de l’abstraction lyrique : Hans Hartung, une peintures de ses dernières années est exposée chez Waddington Custot, c’est une explosion de couleurs, une façon unique de saisir le mouvement, cela me rappelle que dans les années 90, son oeuvre a connu une traversée du désert avec une cote au plus bas, dans cette même galerie j’aime beaucoup cette petite aquarelle de Sam Szafran, un escalier si reconnaissable.

A nouveau, le noir et blanc et des traits, mais cette fois-ci du codage artistique avec un solo show dédié à Vera Molnar, galerie Oniris Art.

Du soleil et des fleurs celles de Milène Sanchez, galerie Claire Gastaud qui présente également des oeuvres inhabituelles de Tania Mouraud, des photographies des années 2010, ses Borderland.

Un autre soloshow, celui d’Irving Petlin, l’artiste américain était présent au Petit Palais dans l’exposition l’Art du pastel de Redon à Degas, il a fait partie de cette exposition en 1962 à Paris, la Nouvelle Figuration II, galerie Mathias Fels, avec Arroyo, Monory, Télémaque…

Secteur promesses
Marc Donnadieu, a sélectionné 25 galeries, dont 59% sont étrangères, installées sur la mezzanine, je retrouve les sculptures en terre cuite de l’artiste sénégalaise qui m’avaient tant marquée à Bruxelles, Seyni Awa Camara face à un jeune artiste de Concarneau, Arnaud Rochard qui travaille la sérigraphie sur du lino et crée des paysages en perspective, mystérieux et fragiles, il a obtenu en 2019 le prix Pierre Cardin pour la gravure de l’académie des Beaux-Arts.
Editions

Toujours ce lien avec le Finistère, pour terminer, sur le stand de MEL Publisher créé par Michel Edouard Leclerc, on reconnaît les artistes qu’il aime, cette maison d’édition a pour mission de proposer des oeuvres d’artistes reconnus à des prix plus abordables et j’apprécie particulièrement le Biotope d’Agnès Thurnauer, présente aussi galerie Michel Rein. Je la croise un peu plus loin devant une aquarelle du si talentueux et éphémère artiste Egon Schiele.


ART PARIS ART FAIR 2025, 27ème édition
Du 3 au 6 avril 2025
Grand Palais
7 avenue Winston Churchill – 75008 Paris
Vendredi 4 avril 2025 : 12:00 – 21:00
Samedi 5 avril 2025 : 12:00 – 20:00
Dimanche 6 avril 2025 : 12:00 – 19:00



