Paris est une fête… de l’image

Marie-Laure de Decker (1947-2023). Galeries Anne-Laure Buffard & In Camera

Une journée radieuse en perspective, cette annonce de la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal tant attendue, la veille des commémorations du 13 novembre est un rayon de soleil même si tout est loin d’être une fête. Rendez-vous au Grand Palais pour cette nouvelle édition de Paris Photo.

Paris Photo au Grand Palais

Histoire de voir bien sûr des belles images qui nous étourdissent tant par le nombre, la qualité artistique, le regard de tous ces artistes qui parfois au risque de leur vie capturent un instant, témoignent et nous donnent leur vérité.

Marie-Laure de Decker. Galeries Anne-Laure Buffard & In Camera


Des femmes reporter Lee Miller (1907-1977) qui aura bientôt une exposition à Paris, Marie-Laure de Decker (1947-2023), toutes les deux figures majeures du photo reportage ont couvert les zones de conflit à travers le monde au péril de leurs vies. voir le solo show Marie-Laure de Decker stand Anne-Laure Buffard & In Camera.

Boris Mikhaïlov – Galerie Suzanne Tarasieve.

Ces photographes ont marqué nos esprits, Boris Mikhaïlov a photographié toute cette époque soviétique qu’il couvre en produisant des images codées à déchiffrer, je pense aussi à l’iranien Payram, galerie Maubert, lui a fui le régime des Mollahs et photographié sur des petits Polaroïds qui se transforment en icônes la vie de femmes emprisonnées dans les geôles iraniennes, le regard de l’une d’elles me rappelle celui de la Joconde.

PAYRAM. Au centre : Fragile, 1994-1995. Polaroïd 55, 12 x 10 cm. 22 x 27 framed. Unique print. Galerie Maubert.

« il y a la maison. Il y a la nostalgie. Il y a la femme. Il y a l’intérieur. (…) Il y a la sérénité. Il y a la nature morte. Il y a le blanc. Il y a l’extérieur. (…) Il y a le baluchon. Il y a l’horizon. Il y a l’ange. Il y a la mémoire. Il y a le paysage. Il y a le souvenir. Il y a l’éloignement. Il y a la destruction. Il y a le calme. Il y a beaucoup de lumière ici. » écrit Payram

Et l’IA dans la vérité de l’image ?

Simon Brodbeck & Lucie de Barbuat. Solo show. Une Histoire Parallèle — Paris Photo 2025. Étude sur l’intelligence artificielle et les mécanismes du souvenir — Galerie Paris-B

Elle est le point central de la réflexion pionnière du couple Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat qui réfléchissent à « l’Histoire Parallèle », titre de leur dernier livre, cette histoire que l’oeil du photographe construit et donne au regardeur, il met en exergue une certaine vérité et sème le trouble dans nos convictions. Ainsi la célèbre photo prise par Robert Capa The Falling soldier, 1936 pendant la guerre d’Espagne s’est révélée être une mise en scène ? nos deux artistes confrontent sa description le plus précisément possible à l’Intelligence Artificielle qui produit une image « presque » identique, troublante.

Brodbeck & de Barbuat. Une Histoire Parallèle. Un livre quatre couvertures au choix.

Ne pas oublier de faire un tour au premier étage, et poursuivre sa visite secteur Emergence, vous y verrez Rodrigo Braga, photographe brésilien qui a une pratique performative au milieu de la nature, des forêts, il compose ses projets en les dessinant puis en les photographiant. (cf article précédent)

Rodrigo Braga. Salon H

Sylvie Bonnot, un peu plus loin propose L’histoire du Royaume des moustiques, l’artiste est allée en Amazonie guyanaise, elle a imaginé un procédé de cristallisation qui donne un aspect très étonnant et poétique à ses images et nous interpelle sur les réalités écologiques de ce coin du monde très sensible.

Sylvie Bonnot Le Royaume des moustiques.. Hangar Gallery

Toujours au premier étage n’oubliez pas le coin des éditeurs, une proposition fantastique de livres d’artistes, des éditions rares de grande qualité et des prix abordables.

Justement, je découvre en partant les livres et le travail délicat de photogravure de l’artiste japonaise Sayuri Ichida qui évoque les relations entre sa soeur et elle et par le média, elle tente en représentant infiniment sa soeur sur ses photographies de renouer avec elle.

Sayuri Ichida . Ibasho.

The Gaze of Marie Simon Malet

DORA MAAR (1907 – 1997). Pearly Kid, London, 1934. Unique silver gelatin contact print, printed c. 1934 5.1 x 5.1 cm. Huxley – Parlour

Je ne sais laquelle choisir entre ces trois photographies si liées à l’intimité. Celle de Dora Maar qui représente une petite fille à l’incroyable tenue toute perlée, un petit bijou qui me rappelle les liens entre le surréalisme et la mode. Le chat Sasuke sur le tableau de bord de la voiture du photographe japonais Fukase. Et pour un troisième coup de cœur la série des autoportraits de Lee Friedlander qui deviennent un vrai jeu de piste pour retrouver le photographe chez Franekel.

MASAHISA FUKASE. Sasukel! My Dear Cat, 1977 – 1978. Fukase Archive stamp verso, « A7 » in pencil verso. Vintage silver gelatin print. 20.2 x 25.8 cm. Michael Hoppen Gallery. https://www.michaelhoppengallery.com/

The Gaze of Anne Lesage

SALLY MANN. Twins (At Twelve), 1983-1985. Signed, dated, and editioned in pencil verso Silver gelatin print 8 x 10 inches. Edition 4 of 25 (JFA40584). JACKSON FINE ART
ATLANTA. http://www.jacksonfineart.com

Sally Mann, At twelve revisite l’ensemble de ses clichés 30 ans plus tard et en montre quelques inédits. Témoignage à la fois bienveillant et militant autour de très jeunes filles à l’oree de l’âge adulte : déterminées et drôles.

Pentti Sammallahti. Western Cape, Afrique du Sud, 2002. – Solovki, Mer Blanche, Russie, 1992. – Sikinos, Grèce, 2015. Tirages argentiques réalisés par l’artiste. Camera Onscura.

Pentti Sammallahti : là  aussi beaucoup d’humour et de bienveillance avec une précision extraordinaire . Galerie Caméra Obscura

Denis Roche (1937-2015). Hôtel San Rocco, chambre 131, Orta, Italie, 25 avril 1992. Tirage gélatino-argentique d’époque, réalisé en 1992 par Guillaume Geneste. La galerie Les Douches

La grande poésie de Denis Roche à la galerie Les Douches et pour finir admirer la précision vibrante d’un daguerreotype ancien.

The Gaze of Caroline d’Esneval

Les photographies et sculptures de Lorenzo Vitturi portent les couleurs chaleureuses des tissus Péruviens. Il nous raconte l’histoire familiale de son père Vénitien, parti au Pérou avec le projet fou d’ouvrir une fabrique de verre comme à Murano. Il y rencontre sa femme et s’y établit quelques temps. L’artiste réunit dans ses oeuvres la chaleur des sables et l’éclat des couleurs du Pérou avec les brillantes perles de verre vénitiennes.

Lorenzo Vitturi. Caminentes . 193 Gallery.

The Gaze of Bruno Soulié

Cette photo de Saul Leiter suggère le dépassement, une sorte de relâchement par rapport à soi et le monde. La lumière et le soleil sont de concert pour éclairer le sujet, le paysage avec cette traversée noire qui fend l’image comme une grande bissectrice. On reconnaît l’art dans la mise en scène du regard du photographe sur une série « Ana » prise en 1958 en Virginie un jour d’été ou d’une autre saison. Nous sommes ailleurs et partout.

SAUL LEITER (USA, 1923 – 26.11.2013). Lanesville (variant), 1958. Chromogenic print, printed later. 35 x 28 cm. Signed in ink on print verso – Gallery Fifty One

The Gaze of Thibaut Le Maire

Dire non – Sans colère -Un pas de côté, et le monde devient clair – Sous le tumulte, un cœur debout. Dire non c’est écouter le vent – Ne pas fuir, juste rester vrai

Alicia d’Amico (1933-2001). Portrait de Silvina Ocampo.Série Retratos y Autorretratos. Livre de Sara Facio (1932–2024) – Alicia D’Amico (1933–2001) . Préface Julio Cortázar. Publié par Crítica en 1974,
Secteur Voices confié à des commissaires invités. Cette année c’est au tour de Devika Singhh et Nadine Wietlisbach.

PARIS PHOTO 2025

Jusqu’au 16 novembre 2025, 13h-19h

Grand Palais

3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
France

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