Save the date – Des rendez-vous à ne pas manquer

Une terrasse de café avec un parasol décoré, offrant des glaces et sorbets de la maison Berthillon, avec une vue sur une rue pavée et des bâtiments à Paris.

Deux promenades à travers Paris testées pour vous par TheGaze cette semaine, le point de départ commence à l’Institut du Monde Arabe, avec cette nouvelle exposition qui célèbre la mariée et tous les usages qui s’ensuivent. En quittant le musée, il n’y a qu’un pont à traverser et le promeneur se retrouve alors dans l’ile Saint Louis, et peut ainsi commencer son parcours de la Triennale de bijou contemporain à travers la capitale parisienne tout ce mois d’octobre. Très étrange de penser que le bijou existe depuis la nuit des temps et n’a jamais eu apparemment aucune utilité réelle. Deux évènements qui ont beaucoup de points en commun. La fête, les traditions, la féminité, l’artisanat d’art et la modernité. Lors des célébrations du mariage dans le Magreb les nombreuses parures de la mariée ne sont pas là pour juste montrer la richesse de la famille ou la rendre encore plus belle, ils portent aussi ces symboles de fertilité, de protection. Les artistes contemporains se sont emparés depuis longtemps de cette pratique créatrice et n’hésitent pas à utiliser toutes sortes de matériaux précieux ou non pour façonner leurs bijoux, ces derniers sont aussi porteurs de messages et reflètent les préoccupations de leur époque.

Affiche de l'exposition 'Vive la mariée !' à l'Institut du monde arabe, présentant une femme vêtue d'une robe traditionnelle avec un fond coloré.
Vive la mariée ! – Institut du Monde Arabe

Vive la mariée ! un titre très prometteur pour cette exposition qui nous raconte toutes ces coutumes qui accompagnent les célébrations du mariage, les rituels, les nombreuses tenues somptueusement brodées de fils d’or et d’argent sur des étoffes précieuses colorées, témoignages d’un savoir-faire unique et différent pour chacune des régions. L’art de l’orfèvrerie des parures protectrices qui seront portées par les futures épouses, les cérémonies, celle du henné et la musique qui accompagne cette fête ! L’idée du jour des noces qui persiste depuis des siècles et se transmet de génération en génération, de mère en fille, des objets et des gestes.

Bijoux en or, y compris des colliers et une ceinture, exposés sur un mannequin dans une vitrine.
Parure de Constantine. Collier « meskia », Constantine, fin XIX° siècle, or, perles baroques. Collier avec pièces d’or « soltani », or, perles. Anneaux de chevilles « rdif », argent doré. Bracelet « mekias », or, saphir, turquoise. Ceinture « hzam », argent doré, satin, perles, cordonnets. Constantine, XX° siècle. Musée national du Bardo, Alger,

L’idée du féminisme qui se confirme de plus en plus. Le jour du vernissage, un message d’espoir était donné avec l’annonce de la nomination de Fatima Ezzahra El-Mansouri, Première ministre du Maroc. Dans cette exposition la parole est donnée à plusieurs artistes, je retrouve Gizlane Sahli, artiste marocaine, qui à partir de fils de soie, plastique, fer crée des installations fortes, de couleur rouge sang, évoquant le corps de la femme, son intimité. Ici il s’agit d’une acquisition du musée qui est montrée La Mer(e), Origine du Monde, 2020

« La Mer(e), Origine du Monde, oeuvre composée de huit éléments, une pièce centrale et les sept lianes qui l’accompagnent. Une oeuvre qui parle du corps de la femme, de son intimité. C’est une célébration de tous ces fluides, liquides qui donnent la vie » Gizlane Sahli

Sophia Kacimi (ZOUBIDA), un peu plus loin propose une oeuvre créée avec des étudiants à Fez une tenture très festive, colorée, ornée de patchwork d’instruments de musique, de coeurs, danseurs. Cette grande broderie est inspirée de celles que l’on met dans des salons marocains pour célébrer un mariage, l’artiste a pensé en créant cette composition aux découpages de Matisse.

Une installation artistique colorée avec des éléments en tissu et des objets décoratifs, où deux personnes interagissent dans un espace immersif.
Sophia Kacimi (ZOUBIDA), en collaboration avec plus de 15 artisans et étudiants de l’École des Métiers d’Art Shemsy (association AMESIP, Fès), Hayti découpé, noces dansées – Cinq toiles pour une même joie et Sugar cubes (assises), 2026, velours, brocart, tissu tarz el fassi, ouate et passementerie. Œuvre co-produite par l’Institut du monde arabe. © Sophia Kacimi (ZOUBIDA)

Et ainsi de nombreux artistes participent à cette cérémonie Carolle Bénitah, photographe et artiste textile, Abdel Djamel Chib qui vient de recevoir le prix du talent innovant, prix de la mode du monde arabe, Sarah Ouhaddou, Valérie Belin avec cette photographie fascinante en noir et blanc de la série des Mariées marocaines…

Exposition de costumes traditionnels colorés dans un musée, avec des mannequins stylisés présentant des vêtements variés et ornés.
Vue de l’exposition Vive la Mariée

Une mise en lumière des traditions nationales et régionales de cette cérémonie, la richesse des héritages et les pratiques partagées notamment entre musulmans et juifs. Objets, bijoux, costumes traditionnels porteurs de mémoire, symboles, provenant des musées et collections de ces trois pays Algérie, Maroc et Tunisie sont réunis ici à l’Institut du Monde Arabe et côtoient les oeuvres des artistes contemporains montrant combien l’écart est souvent proche entre artisanat et art.

35 manifestations sur le bijou contemporain à Paris.

Trois femmes discutent dans une boutique d'intérieur, avec des objets décoratifs et un miroir en arrière-plan.
Galerie Kara.

De l’Ile Saint Louis au 11e arrondissement, je suis les pas de mon amie Nadia Banian qui m’entraine dans cette visite et me donne un aperçu de cette Triennale de Bijou Contemporain dans laquelle participent les galeries parisiennes mais aussi L’Atelier Néerlandais, le Palais Galliera, l’Institut Culturel du Mexique, le Musée des Arts Décoratifs, Sotheby’s, l’espace d’exposition du Bureau de Design de la Mode et des Métiers d’arts de la Ville de Paris. Un parcours inspiré du thème des voyages Canada, Suisse, japon, Allemagne, Mexique, Colombie…des retrouvailles et les liens qui unissent les artistes.

Façade d'un bâtiment élégant avec de grandes fenêtres et des sculptures, sous un ciel bleu.
⁨Palais Galliera⁩

Vendredi 16 octobre le Palais Galliera propose lors de la nocturne du musée une performance Bijouter, statufier à partir de 18h45, cinq artistes déambuleront parés de bijoux spectaculaires dans l’espace de l’exposition “Tisser, Broder, Sublimer. Les savoir-faire de la mode” – 10, avenue Pierre 1er de Serbie Paris 16e.

Jusqu’au 23 octobre, les visiteurs de l’Institut Culturel du Mexique pourront expérimenter leurs cinq sens à travers une exposition Gaa’Yú Guenda sur le bijou et sa représentation dans dans le monde préhispanique.

Femme debout dans une galerie d'art, portant une robe noire avec une broche artistique, devant des sculptures exposées sous un éclairage naturel.
Catherine Sheedy. Galerie Sophie… etc!

Un parcours qui incite au voyage, au rêve. On est à Quebec, au bord du fleuve Saint Laurent, en présence de ces trois artistes qui ont ce lien commun avec la céramique façonnée, parfois récupérée. Elles nous offrent cette idée de va et vient, entre leurs démarches et leurs travaux associant leur appartenance entre les deux territoires canadiens et français, le point d’ancrage étant l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, le deuxième plus grand du monde 755km. Catherine Sheedy récolte sur les bords du fleuve des tessons de céramiques qu’elle assemble, Kathy Ouellette crée des bijoux fragiles en porcelaine avec ce glacis miroir et la dernière Catherine Granche s’inspire de ce souvenir des toits de Paris avec cette idée de la réflexion du ciel sur l’eau. Galerie Sophie…etc! 2, rue Gambey Paris 11e. Jusqu’au 31 octobre.

Vitrine d'une galerie avec une affiche pour l'exposition 'Estuaire' et un collier en métal sur un présentoir.
Catherine Granche. Galerie Sophie… etc!

Là où l’eau douce rencontre l’eau salée.

Là où le paysage devient matière.

Des fragments de rivages, de mémoire, de paysages.

La matière se transforme.

Le bijou en garde la trace.

Sur l’ile Saint-Louis, un aller-retour en Suisse, Galerie Kara, des artistes qui utilisent le thème de l’herbier, les cycles de la nature, la poésie des samares, fruits de l’érable et aussi cette manière de récupérer des objets et de les détourner, des vis ou toute forme de quincaillerie, rien ne se perd. 90, rue Saint-Louis en l’Île Paris 4e. Mariane Asselin, Julie Usel, Isabelle Hertzeisen, Luzia Vogt, Caroline Volcovici, Claire Wolfstirn.

Collier art déco fait de métal doré et bleu, avec un design organique, accompagné d'une bague en métal doré et d'une broche en métal noir ornée d'une pierre rouge.
Le voyage amical, escapade franco-suisse. Galerie Kara. 90, rue Saint-Louis en l’île. Paris 4e

Des techniques et des savoirs-faire passionnants, parfois oubliés, retrouvés et transmis dans cette école de bijouterie Elemento qui propose de nombreux ateliers pour des élèves mais aussi pour des amateurs. Virginie Blajberg et Andrea Piñeros qui dirigent cette école ont proposé lors de ce parcours une exposition sur leur séjour au Japon. Leurs deux regards pendant le voyage ont donné Point de fuite.

Une présentation d'objets encadrés, incluant des photographies anciennes et des pièces décoratives, sur une surface grise.
Virginie Blajberg. Galerie Echo 119.

Virginie exécute un double jeu de photos familiales sur fond doré et de photos anciennes japonaises dénichées lors de son voyage sur un fond argenté. Andrea a appris la technique de l’inlay avec incrustation de fil d’argent dans le cuivre et le travail de la cire. Si malheureusement l’exposition est terminée, toujours possible de s’inscrire à un stage de formation dans l’école Elemento et aussi de retourner dans cette Galerie & librairie d’art Echo 119 franco-japonaise – 1, rue des Minimes Paris 3e.

Vue d'un coin de rue à Paris avec une boutique portant l'enseigne 'Articles d'éclairage' et une autre marquée 'Usine à vapeur', entourée de panneaux de signalisation et de vélos stationnés.
Points de fuite. Galerie Echo 119. 1, rue des Minimes. Paris 3e

Vu également Couleur Matière, l’émail au Canada, l’art de l’émail dans son excellence avec les artistes Aurélie Guillaume, Mengan Ku, Gayane Avetisyane… Galerie Noël Guyomarc’h 8, rue du Général Guilhem Paris 11e. Cette galerie par sa singularité et ses propositions très pointues, mise sur la sensibilisation des visiteurs de la forme et du contenu du bijou contemporain qu’elle considère comme une art à part entière.

Une décoration murale colorée avec deux figurines sur un bateau et un dragon, suspendue par une chaîne.
Mengnan Qu. Galerie Noël Guyomarc’h.

Et une dernière galerie, un aller retour Paris-Berlin, des savoirs-faire appliqués au Musée allemand des Techniques berlinois : l’embossage avec notamment Ruth Temur qui détourne et assemble les jetons de jeu en corne pour en faire des broches colorées, le guillochage avec Myriam Arentz et la technique du filigrane pour Suzanne Matsché. Galerie Denovembre. 3, rue Saint-Gilles Paris 3e.

Échantillons de broches décoratives en mélange de formes géométriques et de couleurs variées, présentées sur un fond blanc.
Ruth Temur. Galerie Denovembre.

Informations :

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