Alexander Calder (1898-1976)
Rêver en équilibre
à la Fondation Louis Vuitton

C’est aussi un rêve de pouvoir embrasser en une seule exposition ,l’étendue de l’oeuvre d’un tel artiste qui ne cesse de nous enchanter et découvrir ainsi à la Fondation Louis Vuitton, la genèse de sa formation, les premières sculptures, les peintures de ses débuts et ses recherches sur le mouvement, avec bien sûr le cirque, qui symbolise le mieux cette notion d’équilibre et la théorie de la cinétique qu’il sera un des pionniers en tant qu’artiste à expérimenter sur la sculpture. Une des plus grandes rétrospectives qui n’ait jamais existé sur Calder avec de nombreux prêts de la Calder Foundation, l’occasion de fêter ainsi les cent ans de son arrivée à Paris, quand la capitale était encore le centre du monde de l’art et de se remémorer l’ambiance de cette époque, les amitiés, les soirées animées au centre de la création artistique parisienne.
« Je n’ai pas été élevé, j’ai été encadré » – Alexander Calder
Né à Philadelphie, Alexander Calder baigne dans un environnement artistique familial, entre un père sculpteur, une mère Nanette Lederer Calder peintre et un grand-père sculpteur. A 11 ans, le soir de Noël, il offre à ses parents deux minuscules sculptures d’animaux Dog et Duck ( dans une vitrine de l’exposition) découpées dans des feuilles de laiton pliées, tout est déjà presque dit, les jalons du futur artiste sont déjà installés.

Sur les cimaises de l’exposition on découvre ces petits dessins à l’encre Animal Sketching, 1925, réalisés pour la presse, ressemblant à des calligraphies, il s’agit d’animaux très vivants, en mouvement dessinés non sans humour, qu’il observe dans les zoos du Bronx, ces dessins ont été publiés dans un recueil.
La visite ou le spectacle ne fait que commencer et dévoile au fur et à mesure l’imagination, l’inventivité de Calder, c’est au tour des « dessins en ligne tridimensionnels » en fil de fer. Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker … vont être ainsi croquées par l’artiste. A ses débuts il peint aussi des oeuvres figuratives avec déjà cet intérêt prononcé pour le cirque. En 1926, il arrive à Paris dans le quartier de Montparnasse, et s’inscrit à l’académie de la Grande Chaumière, cette formation classique va très bientôt être mise de côté.
Une très belle surprise dans les premières galeries 1/2/3 de la fondation attend le visiteur, il s’agit de la présentation exceptionnelle du Cirque Calder (1926-1931) qui avait été montré il y a quinze ans au Centre Pompidou en 2009 lors de l’exposition Alexandre Calder, les années parisiennes (1926-1933). C’est toujours un enchantement de pouvoir voir cette installation si fragile et si rare.

Lors de son séjour à Paris, Calder imagine un cirque miniature d’une délicatesse et d’une précision fantastiques, tout est pensé jusqu’au moindre détail. Clowns, ballerines, acrobates, animaux, s’animent sous le chapiteau, Calder se transforme en marionnettiste et actionne tous les personnages, improvisant des numéros qu’il commente, il y associe de la musique et des bruitages. Ses représentations deviennent des premières performances, elles sont d’abord pour ses proches mais le succès dépasse les cercles intimes, ses spectateurs sont Fernand Léger, Jean Hélion, Le Corbusier, Jean Arp, Joan Miró, Piet Mondrian . Le film de Jean Painlevé en 1955 le Cirque en est un magnifique témoignage.
1930, sa visite à Paris de l’atelier de Mondrian est décisive et confirme son passage à l’abstraction.
« Cette seule visite me fit ressentir le choc − ce choc qui, pour moi a tout déclenché. […] Et maintenant, à trente-deux ans, je voulais peindre et travailler dans l’abstrait. » -Extrait de l’autobiographie de Calder

1933, retour aux États Unis, il s’installe dans une ferme du Connecticut Roxbury, il se trouve face à la nature et à de nouveaux défis, il crée des grandes sculptures extérieures. 1952 Il obtient le grand prix de la Biennale de Venise, cette même année à New York, il expose les Gongs and Towers.
L’artiste n’utilise principalement que 5 couleurs le bleu, le rouge, sa couleur préférée et le jaune symboles de la force et l’énergie. Il puise dans les couleurs de Mondrian et les formes de Miro.
Ses Mobiles, sont baptisés ainsi par Marcel Duchamp et pour les Stabile, le nom est donné cette fois-ci très simplement par Jean Arp, car ce sont des sculptures statiques.
En 1943, c’est la consécration, le MoMA lui organise une rétrospective qui le sacre comme le maitre de l’art moderne.
Jean-Paul Sartre qualifie ses sculptures « d’êtres étranges, à mi-chemin entre la matière et la vie »
Il se remet toujours en cause et jusqu’aux dernières années de sa vie il invente, en 1974 il opère un retour à la figuration avec ses Critters, des personnages fantastiques, espèces de petits diables.

La fondation présente en dialogue avec les oeuvres de Calder celles de ses amis, Picasso, Arp, Miro, Hepworth, Kandinsky…
Pour la première fois, deux sculptures monumentales les stabiles Black Flag et Five Swords, son installés dans le jardin et s’accordent harmonieusement avec l’architecture de Frank Gehry.

CALDER. RÊVER EN ÉQUILIBRE.
Fondation Louis Vuitton
Jusqu’au 16 août 2026
Commissariat : Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, commissaire générale
Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer, commissaires invités
Assistés de Valentin Neuroth et Claire Deuticke
Olivier Michelon, commissaire associé, assisté de Léna Lévy
Cette exposition a été rendue possible grâce à un partenariat avec la Calder Foundation et le Whitney Museum of American Art.



