Art Paris, 2026 au Grand Palais
The Gaze of FLORENCE BRIAT SOULIE & MARIE SIMON MALET
Art Paris au Grand Palais, tout semble au mieux, on oublierait presque le monde qui nous entoure, la parole est aux artistes et ils la prennent sans se faire prier ! sous un soleil éblouissant, devant les grandes portes le géant, vert chlorophylle, 10 mètres de haut, Ted Hyber de Fabrice Hyber, artiste engagé dans l’écologie nous tend les bras. Ce sujet des enjeux écologiques est fortement repris dans les oeuvres présentées à cette occasion.

Bravo à Guillaume Piens, commissaire général, qui depuis 15 ans fédère les galeries autour de cet évènement qui met à l’honneur la scène artistique française et internationale et souligne la place essentielle de la capitale au niveau mondial avec l’installation à Paris des galeries étrangères et présentes sur la foire, comme la galerie Waddington Custot qui vient tout juste d’inaugurer son nouveau lieu, 36 rue de Seine avec une exposition « Le choc Nabi », à Art Paris on y retrouve sur leur stand Fabienne Verdier, Jean Dubuffet…

Le plaisir des yeux ne se fait pas attendre, Laurent Proux fascine avec cette toile qui fait suite à sa résidence et exposition à l’Abbaye de Saint-Claude où il a observé le travail en usine. Dans cette peinture exposée ici, le sujet principal est un charpentier, loin du réalisme soviétique du travailleur, ici, les couleurs, l’éclairage, le cadrage choisis par l’artiste intensifient cette émotion presque religieuse que le regardeur ressent en se trouvant face à cette oeuvre.
Encore de la peinture captivante, cette fois-ci, abstraite et en noir et blanc, celle de l’artiste viennois Hermann Nitsch (1938-2022), il fut le pionnier du mouvement Wiener Aktionismus (Actionnisme viennois),
« Les processus de peinture sont censés être comme de la musique. Les sons deviennent des couleurs et la partition de Wagner m’incite à choisir mes couleurs ».
– Hermann Nitsch

Visiter la foire, décryptage
Deux parcours sont proposés aux visiteurs, permettant ainsi un décryptage, car on peut vite être déboussolé par toutes ces allées et ces stands qui se suivent. Loïc Le Gall, directeur du CAC Passerelle à Brest commissaire invité, a choisi le thème Babel Art et langage en France. Dans sa sélection a été désigné le lauréat du Prix BNP Paribas/Banque Privée, – Un regard sur la scène française, lancé en 2024 et a récompensé cette année Sara Ouhaddou (née en 1986,) – Galerie Polaris.

Ain jamâa, l’Été. Laine naturelle, teinture naturelle, céramique, pièce unique, Artisans : équipe de la société Beni Rugs / 160 x 126 x 6 cm
et Ain Karma, I’Hiver. Laine naturelle, teinture naturelle, céramique, pièce unique. Artisans : équipe de la société Beni Rugs / 160 x 126 x 6 cm. Lauréate Prix BNP Paribas Banque Privée. Galerie Polaris.
« Certains artistes interrogent la matérialité de la lettre ; d’autres examinent la tension entre texte et image ; d’autres encore s’emparent de la traduction, de l’ambiguïté du signe, de la multiplicité des alphabets, ou de la manière dont les mots circulent aujourd’hui dans les réseaux. L’ensemble montre que l’art est un laboratoire où les formes du langage sont observées, dépliées, parfois détournées, souvent réinventées. À travers des créations qui oscillent entre la figuration et l’abstraction, ce parcours est une invitation à repenser notre relation aux mots, aux symboles et à la manière dont, collectivement et individuellement, nous construisons et déchiffrons la réalité qui nous entoure. »
–Loïc Le Gall
Alexia Fabre, directrice déléguée du Centre Pompidou Francilien à Massy, commissaire invitée, également, a choisi le thème de la Réparation. On y découvre l »artiste vietnamien Duy Mạnh Nguyễn, celui-ci traite la céramique comme une peau blessée, en utilisant les codes traditionnels de l’art de la porcelaine, un travail impressionnant qui nous sensibilise sur l’histoire dramatique de ce pays qui a été divisé et qui aujourd’hui s’est modernisé, une manière pour l’artiste de soigner les blessures en recollant les morceaux.

Marc Donnadieu autre commissaire invité s’est occupé du secteur Promesses situé à l’étage, balcons Sud de la Nef du Grand Palais et réunissant 27 jeunes galeries donnant un bel éventail de la scène émergeante contemporaine avec 56 artistes.

Dans ce secteur des propositions très enthousiasmantes, avec des soloshows comme celui de Lara Bloy, elle peint l’intimité d’un fragment d’intérieur, le mouvement d’un tissu, d’un corps, des références à des peintres comme Sargent, exposition qu’elle a vu trois fois à Orsay…

Un peu plus loin je reconnais les monotypes d’Aurore de la Morinerie, l’artiste a embarqué sur la goélette de la Fondation Tara Océan.

De la légèreté pour souligner et nous rappeler l’importance de l’écologie avec cette artiste Mylinh Nguyen qui travaillait les matériaux lourds et qui a pris la décision de créer uniquement avec ce que la nature propose, des herbes, des coquillages. Dans cette même galerie brestoise, un autre artiste a une pratique singulière du tissage à partir de pages de livres qu’il découpe consciencieusement en prenant bien soin de ne pas couper les mots, une façon originale de créer sa bibliothèque idéale.

Et pour terminer ce décryptage, une dernière section présente pour la seconde fois, le secteur French Design Art Edition qui revient sur les balcons nord de la nef du Grand Palais.

The Gaze of MARIE SIMON MALET
Soleils
Le solo show de l’artiste sud africaine, Lyndi Sales, née en 1973 à Johannesburg à la
galerie Maria Lund, « Repatriation- Frails echoes of the Universe » : une éblouissante
installation, New Word, 2026, (encres et acryliques sur papier) entre soleils et fleurs
géantes, des dessins évanescents et des tapisseries brodées brutes et enchantées.

Secteur Promesses
Les animaux fantastiques de l’artiste céramiste Rémy Pommeret (né en 1995), (en grès
émaillé) échappés des plats de Bernard Palisssy et d’un autre temps, solo show de la
galerie La Peau de l’ours à Bruxelles.
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Hommage à Bonnard
« Le Bain » de Sarah Moon, sublime tirage charbon couleur hommage à Marthe au bain (allez revoir au Musée d’Art Moderne, le tableau de Pierre Bonnard, « Nu dans le bain », 1936-1938) que présente la galerie Camera Obscura et qui cohabite sereinement avec les toiles intimistes de Rosa Artero, série « Peintures à
la maison », une autre fille de Bonnard…

Et aussi :
à la galerie Dutko, les sculptures poétiques de l’artiste espagnole Cristina Almodovàr qui s’envolent et bruissent comme des feuilles devant les toiles de Monique Frydman et de Béatrice Casadesus.

Le très beau stand de la galerie Claude Bernard avec les tableaux de Jean-Pierre Bertrand, peintre, plasticien, mais aussi photographe et vidéaste,

Et parmi la sélection de la galerie Najuma (Marseille) des beaux Jean Degottex, Roger Bissière, Olivier Debré, Martin Barré.


Informations pratiques :
ART PARIS
Grand Palais
7 avenue Winston Churchill 75008 Paris
Du 9 au 12 avril 2026



