Sophie Calle fête Picasso
En route pour voir Sophie Calle au Musée Picasso, une exposition radicale !
Le titre : À toi de faire, ma mignonne

Et si pour fêter le cinquantième anniversaire de la mort de l’artiste, il n’y avait plus de Picasso au musée Picasso à part deux ou trois rescapés sauvés de justesse autorisés dans les premiers étages. Le musée est devenu pour quelques mois la maison de Sophie Calle qui nous livre sans complexe son intimité, et prend ses quartiers d’hiver dans le musée. Prenant ses aises, elle y installe ses parents morts , sa maison, ses séries comme celle des aveugles …
« J’ai rencontré des gens qui sont nés aveugles. Qui n’ont jamais vu. Je leur ai demandé quelle est pour eux l’image de la beauté. »
Sophie Calle – Salle 13

Etat descriptif et non estimatif des meubles et objets dépendant de la collection Sophie Calle
L’histoire d’une vie jusqu’à la fin organisée de toutes pièces avec cette vente à Drouot qui suit l’inventaire du commissaire-priseur Alexandre Giquello, reporté dans un catalogue comme pour une vraie vente aux enchères. J’y retrouve les vitrines, le tissu rouge des murs de l’hôtel Drouot, tous ces meubles et objets présentés dans l’attente du coup de marteau d’ivoire, il ne manque que les estimations.

A suivre…
Les salles s’enchaînent, surprenantes, fantasques à l’image de l’artiste qui casse les codes de l’entendement, son Guernica résonne comme un hommage vis à vis du maître des lieux qui se rappelle à nous avec sa galerie d’auto-portraits des trois âges de la vie, en commençant par celui de la période bleue de 1901 et se terminant par le dernier portrait si émouvant “Le jeune peintre” de 1972.

Mais finalement, même si les chefs-d’œuvre de Picasso semblent s’être volatilisés, confinés sous du papier Craft, les œuvres se devinent à l’aveugle et restent très présentes.
Le voleur du musée d’Art Moderne de Paris n’était pas fan de Picasso
Le clou est cette correspondance entre elle et le voleur du musée d’Art Moderne de Paris qui réussit l’exploit en 2010 ( alarme en panne depuis 3 semaines ! ) de dérober 5 chefs-d’œuvre du musée dont un Picasso même si « il n’est pas fan » de l’artiste.
« J’ai lu dans la presse que l’auteur du vol avait emporté trois œuvres qui ne faisaient pas partie de la commande. parce qu’elles lui plaisaient.
Sophie Calle
Il était en prison, je lui ai écrit. Il a répondu qu’il trouvait le petit Matisse exceptionnel. le Modigliani était deuxième par sa beauté. le Braque parfaitement réalisé, le Léger tape-à-l’oeil.
Mais il n’était pas fan de Picasso. Fausse route. »
Tous ces détournements sont souvent un prétexte révélant une peinture de Picasso. Une sacrée aventure pour la fille de Bob Calle, grand ami des artistes et collectionneur et d’une mère qui en découvrant une œuvre de sa fille aux côtés de Hopper et de Magritte au musée d’art Moderne de NewYork s’était exclamée: «Tu les as bien eus ! »

Une exposition au long cours, des oeuvres cachées à regarder à découvrir, imaginer, des mots non sans humour à lire, c’est long, fatigant, mais cela vaut le déplacement !

À toi de faire, ma mignonne
Musée Picasso
jusqu’au 7 janvier 2024
5 rue de Thorigny, 75003 Paris
Commissariat : Sophie Calle et Cécile Godefroy
Photo : Portrait de Sophie Calle au Musée Picasso © Yves Géant




3 commentaires
christinenovalarue
Intrigant…
francefougere
Désolée, mai franchement je ne l’apprécie pas. Elle avait déjà envahi la Salle Labrouste de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu
Natha
Fan absolue, pour ma part