A l’heure sévillane

« Écoute ça petite fille, Velazquez est le peintre des soirs, de l’étendue et du silence »

Pierrot le fou de Jean Luc Godard, réplique de Belmondo lisant Elie Faure dans sa baignoire 

Le Palacio de las Dueñas

Cette phrase d’Elie Faure lue à haute voix par Belmondo dans son bain me fait rêver, trois mots, qui en disent si long sur la peinture de Velazquez. Velazquez né à Séville, il est le peintre de l’âge d’or espagnol. Un temps où la ville était le centre du monde vers le Nouveau Monde et où l’Espagne était au coeur du Monde. S’envoler vers Séville, troisième ville espagnole, capitale de l’Andalousie et pourtant si secrète et mystérieuse par son histoire, ses nombreux palais, ses églises et ses couvents à chaque coin de rue, recelant chacun des trésors inestimables de l’âge d’or de la peinture espagnole.

Rendez-vous avec Sophie Danan à Séville

Pajaro Rebelde – Sophie & Olivier Danan / Séville

Une histoire sévillane, celle de Sophie Danan à suivre pas à pas dans les ruelles, à l’ombre de ses architectures, derrière les portes sculptées qui cachent des merveilles et s’entrouvent sur les zaguán (vestibule), espaces pas tout à fait privés de la maison qui nous entraîne jusqu’à cette porte en fer forgé.

La Giralda, symbole de Séville au loin

Suivre une Française à Séville, et peut-être une des plus Sévillanes de toutes ! Sophie Danan s’est attachée à cette ville, à son âme, tout la passionne. Pour The Gaze, elle nous raconte Séville, ses traditions, ses codes, l’architecture, l’histoire de cette maison Pajaro Rebelde découverte au cours d’un week-end, un coup de foudre pour elle et son mari et bien-sûr, en fin d’article, elle nous délivre ses meilleures adresses.

L’architecture mudéjar

Séville, une ville qui a traversé l’histoire depuis 2000 ans avec des mélanges de culture, chaque pas foule une terre façonnée par les civilisations qui depuis Hispalis sont attirées par cette ville unique.

Jardins de Real Alcazár

L’architecture mudéjar emblématique de ses monuments s’est adaptée au cours des siècles, passant de la religion musulmane à catholique après 1248, date de la reconquête chrétienne de la ville par Ferdinand III. Comme en témoigne le palais de l’Alcazar construit par les Omeyyades qui a servi de décor pour certaines scènes de The Game of Thrones. Ses jardins luxuriants ornés de fontaines rafraichissantes, ses décors foisonnants, le parfum d’azahar (essence de fleur d’oranger), les coursives à l’ombre, les motifs des carreaux de faïence sont follement dépaysants. A quelques mètres se trouve la cathédrale de Séville, la deuxième plus grande au monde après Saint Pierre de Rome, son clocher surmonté de sa Giralda est un ancien minaret, la porte de l’ancienne mosquée est devenue la porte du Pardon, avec la représentation de Saint Paul, cherchez sa troisième main ! A l’intérieur de la cathédrale, se trouve la tombe du héros, celle de Christophe Colomb, d’où est partie l’expédition pour la découverte des Indes.

Coupole du salon des Ambassadeurs. L’Alcazar

Le style plateresque

C’est aussi à Séville que Cervantes est emprisonné place San Francisco, où se trouve la mairie de style plateresque (inspiration des plats en argent Renaissance espagnole), dans sa cellule, il peut à loisir écrire Don Quichotte !

De Séville au Nouveau Monde

Bartolomé Esteban Murillo (Séville, 1617-1682)- Saintes Justa et Rufina, vers 1665-1666. Huile sur toile. 200 x 178 cm. Musée des Beaux-Arts

Le Nouveau Monde, un rêve, un mythe ? Une destination qui serait la planète Mars d’aujourd’hui, à la Renaissance, tous les bateaux partent de Séville, l’élite veut son pied à terre sur place, la ville est très attractive et attire de nombreux artistes. Baignée par les eaux du Guadalquivir, Séville est au coeur du commerce entre l’Espagne et le Nouveau Monde : la richesse de Séville pendant le Siècle d’Or espagnol est liée à son monopole dans le commerce atlantique avec les Amériques. Pierre Chaunu, avec sa femme Huguette Chaunu, a consacré sa grande thèse (plus de 10 000 pages) sur Séville et l’Atlantique (1504-1650) et décrit ce moment où la ville coïncide avec l’économie-monde européenne au XVIème et XVIIème siècles.

Museo de Bellas Artes

Pietro Torrigiano (1472-1528). Vue du musée des Beaux-Arts de Séville

Lorenzo Mercadante de Bretaña est le premier sculpteur à y ouvrir un atelier de sculptures montrées dans les processions religieuses, il sculpte la Vierge de Rocamadour en utilisant la terre du fleuve Gualdaquivir, matériau parfait. Le musée des Beaux-arts de Séville possède la première « Mise au tombeau » d’Espagne.

Murillo, Velazquez et Zurbáran

Vue du musée de gauche à droite : Juan Martinez Montañés (Alcalá la Real, Jaén, 1568-Séville 1649)..au centre : Diego Velázquez Inmaculada Concepción vers 1623/1624. A droite : Diego Velázquez Inmaculada, détail. Hospital de los venerables.

Séville est la ville de trois grands artistes majeurs : Murillo, Velazquez et Zurbarán. Pour découvrir cette histoire de l’art de Séville, le mieux est de se diriger vers le Museo de Bellas Artes, ancien monastère de l’ordre de la Merced Calzada de la Asunción. Ce musée des beaux-arts possède une collection d’oeuvres de premier ordre de tous ces grands artistes qui firent la gloire de Séville, une visite essentielle à inscrire dans son programme de voyage.

Domenico Theothocopoulos dit El Greco. Portrait de Jorge Manuel Theotocopouli le fils de l’artiste, vers 1600. Huile sur toile. 81 × 56 cm. Musée des Beaux-Arts

A l’intérieur, toute l’histoire de la ville défile sous nos yeux, l’année de la peste de 1659, 50% des habitants de la ville décimés par la terrible maladie. Isabelle la Catholique (1451-1504), la reine de l’Unité espagnole et de Christophe Colomb, a vu l’Immaculée Conception en blanc entourée d’angelots, les peintres suivent cette idée. La douceur apaisante émane des toiles de Murillo, les petits enfants sévillans entourent les saints personnages, la lumière éclaire leurs visages, cette peinture déborde d’empathie. L’artiste restera fidèle à sa ville, sa représentation des saintes Justa et Rufine portant la Giralda, le clocher de la cathédrale, en est le symbole. Fidèle également en amitié, il témoignera pour son confrère Velazquez parti à Madrid, rêvant d’être anobli.

Francisco de Zurbaran (Fuente de Cantos 1598 – Madrid 1604) . Saint Hugues au réfectoire des Chartreux, vers 1655. Huile sur toile. 262 × 307 cm. Musée des Beaux-Arts

Le musée possède une très belle collection de Zurbarán, la scène du réfectoire des Chartreux est sublime, les blancs, les formes des capuches, les traits des visages, tous ces détails qui donnent à cette peinture ce côté avant-garde, et me rappellent la scène du dîner du peintre chinois Zeng Fanzhi qui pastiche la Cène de Léonard de Vinci.

Pedro Villegas Marmolejo (Séville 1519-1596) . Saint Thomas Aquinas et Sainte Catherine de Sienne. Huile sur panneau. 90 X 75 cm (détail). Musée des Beaux-Arts

Flamenco, Feria et Semaine Sainte

La chapelle de l’Hospital de los venerables

Alors on danse ! Séville est la capitale du Flamenco où les danseuses portent ces robes à volants imitées de celles des Gitanes, danse découverte au siècle du romantisme, par les voyageurs et qui inspirera le drame Carmen à Prosper Mérimée. Toute une vague hispanisante déferle alors sur la France et inspire les Romantiques, dans la lignée de la guerre d’Espagne de Napoléon et de ses pillages, de l’expédition de Cadix (1823) et des riches acquisitions de peintres espagnols du Siècle d’Or par le roi Louis-Philippe. L’Andalousie accueille de nombreux peintres attirés par l’exotisme du pays.

Lors de la célèbre biennale de Flamenco, les meilleurs chorégraphes du monde et de cet art viennent en avant première mondiale comme Israel Galván vu à Paris , il y a peu de temps au Théâtre de la Ville. Les chorégraphies sont très modernes, parfois loin de ce qu’on attend du flamenco traditionnel : cette déconstruction montre à voir la modernité du Flamenco et ses réinterprétations contemporaines. Les représentations peuvent avoir lieu dans les arènes, à l’Alcazar, tout en n’oubliant pas que la tradition est aussi de se produire dans un café, de manière très spontanée.

Italica, ville  fondée en 206 av. JC par Publio Cornelius Scipio, l’Africain

Flamenco haute-couture

Des robes de Flamenco haute couture sont créées avec des designers reconnus et sont présentées lors des défilés de mode Flamenca, elles seront portées pour la Féria, autre évènement majeur de la ville. La dernière corrida du monde sera probablement à Séville, des chaines de télévision parlent toute l’année de la Semaine sainte ou de tauromachie et des immenses haciendas de taureaux. Ne pas oublier que la grande spécialité du jambon ibérique est le célèbre Pata Negra.

Sous Napoléon III, l’Espagne faisait partie du Grand Tour, la première Féria de Séville a lieu autour de 1860, au départ ce qui devait être une foire agricole est devenu finalement un évènement mondain, pour toute l’Europe, quinze jours après Pâques

Le Palacio de las Dueñas

Pendant la Féria, on se reçoit dans les casetas, des petites maisons en bois qui appartiennent à des familles, des amis, des institutions, des partis politiques, 90 % des casetas sont privées. Sous Franco, il y avait même des casetas anti régime, féministes, pour l’avortement, homosexuelles, laïques, à la fois interdites et tolérées, elles étaient une manière de montrer son opposition au régime.

La Semaine Sainte est considérée comme la plus belle du monde, avec huit jours de processions, où chaque confrérie défile et se déploie la beauté des mantilles, voiles de dentelle noire portés le Jeudi Saint, pour commémorer la Cène du Christ, mais également le Vendredi Saint, jour de la crucifixion.

Eglise Saint Louis des Français

La Casa Palacio dans le quartier des poètes, au centre de Séville

Olivier et Sophie Danan, sont de vrais aficionados et ont trouvé à Séville leur Casa Palacio, hôtel particulier qui s’articule autour d’une cour carrée centrale, situé dans le vieux centre historique. Les anciens propriétaires de cette maison restée dans la même famille depuis deux siècles donnaient à chaque génération leur touche, la dernière propriétaire a fait de sa dame de compagnie son héritière. Une partie de la maison est classée pour ses ornements anciens, ses carrelages originaux, les hidráulicos en ciment , ses ferronneries d’art du XIXe siècle, son jardin. Tous ces azulejos de toutes les couleurs, les claustras de style mudéjar, les stucs des plafonds caractéristiques des maisons patriciennes sévillanes et aussi typiques de l’art nouveau, les portes vitrées colorées, autant de détails qui ont séduit le couple.

Pajaro Rebelde cour intérieure Sophie & Olivier Danan / Séville

Merveilleusement située dans ce quartier des poètes et intellectuels au XIXe siècle, tombé dans l’oubli, très proche du centre, il est redevenu très à la mode.

Hispalis

Séville, c’est Carmen la cigarière, et son auteur Prosper Mérimée, littéralement envoûté par son voyage en Espagne en 1830 et qui rédige sa nouvelle en 1845. Ce même Prosper Mérimée fut chargé de l’éducation de la jeune Eugénie de Montijo (1826-1920), future impératrice des Français. Carmen est repris par Georges Bizet qui crée un des opéras les plus célèbres au monde, sur un livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy. Cette phrase L’amour est un oiseau rebelle du premier acte, ne pouvait qu’inspirer Olivier et Sophie Danan et c’est ainsi que la maison a été baptisée « Pájaro Rebelde ». (l’oiseau rebelle). Petite parenthèse, je viens de découvrir le ravissant hôtel particulier de la Nouvelle Athènes à Paris où vivait Georges Bizet, ce lieu est devenu une galerie d’art High Art.

On a tendance à oublier Séville a une histoire qui remonte à l’Antiquité romaine où elle portait alors le nom de Hispalis. La colonie toute proche d’Italica a donné deux grands empereurs, Trajan et Hadrien. Le site archéologique Italica est à visiter absolument avec tous ses vestiges antiques et des sols en mosaïques très beaux.

A gauche : Ialica – A droite : Pájaro Rebelde

Cela a été pour Sophie et Olivier une double occasion celle de découvrir leur mascotte, une colombe qui détournait étrangement la tête sur un des dessins des mosaïques, et de rencontrer un mosaïste, si doué qu’il fut soupçonné de les voler sur le site et fit la une de la presse locale ! A la demande du couple, Il reproduit à l’identique cette oiseau rebelle pour eux en utilisant les mêmes pierres, ce tableau est accroché dans l’entrée de leur maison.

Soirée flamenco – Teatro Central

Une ville dans son siècle, des artisans qui utilisent un savoir-faire séculaire en l’adaptant à l’époque contemporaine

Comme me l’explique Sophie, la ville ne reste pas figée, on l’a vu pour le Flamenco. L’artisanat se met à l’heure de la modernité, dans son époque. Elle me fait découvrir Javier Menacho, qui excelle dans le travail du cuir, il crée des dentelles de cuir découpées au laser, spécialiste du gaufrage, la haute-couture se l’arrache, il a créé pour Dior des pièces de toute beauté. La ville a servi de décor pour le défilé croisière de Dior sur la Plaza de España, une célébration des fêtes sévillanes et de l’artisanat local.

Les artistes, Daniel Maldonado et Luciano Galán, s’amusent à détourner les traditions, le premier a été formé dans cette école andalouse « della Robbia » du nom du célèbre céramiste italien du XVe siècle et le second a reçu une formation de sculpteur sur bois et sur pierre, tous les deux ses sont associés et ont créé The Exvotos, s’inspirant des ex-votos historiques, et utilisent toutes sortes de matériaux combinés à des techniques traditionnelles comme celle mauresque des azuléjos pour imaginer des oeuvres contemporaines. Leurs vases en forme de têtes, à l’image de masques vénitiens sont très reconnus.

Pilar Albarracín, l’art du duende

« Je ne travaille pas uniquement sur le Flamenco, mais ce qui me plaît beaucoup, dans cet art, c’est le duende : une grâce à la fois tragique, émotionnelle, une transe qui a beaucoup de choses à voir avec la mort, l’espoir, la transcendance. C’est une magie incontrôlable et des moments inexplicables. Il est partout, pas uniquement dans le flamenco. »

Pilar Albarracín  extrait de l’article publié dans le Sud Ouest 06/07/2011 

Pilar Albarracín est née à Séville en 1968 où elle vit et travaille, elle est présente dans de nombreuses collections internationales. L’artiste s’empare des traditions de sa ville natale, tauromachie, Flamenco, Semaine Sainte et baroque, qu’elle transgresse et reconstruit. Artiste féministe, elle met à terre les symboles du patriarcat. A cette fin, elle utilise toutes sortes de support, je l’ai découverte lors de Paris + avec cette photographie fascinante de son autoportrait El Trapío, où elle porte une robe de Flamenco et caresse une corne d’un taureau. On connaît aussi cette image d’elle en toréador avec une cocotte-minute, clin d’oeil ironique et distancié par rapport à l’art tauromachique et son ambiguïté sexuelle.

Pilar Albarracín.. El trapío, 2018. Photographie couleur. 127 x 195 cm. © Pilar Albarracín. Courtesy Galerrie Vallois.

En ce moment elle expose à la galerie Vallois. Ses oeuvres jouent sur l’ambivalence entre leur beauté et leur véritable sens, c’est ce fameux duende dont elle parle plus haut. Pour cette nouvelle exposition Alta tension elle utilise les motifs importés de Manille brodés sur les châles historiquement rapportés en Espagne sur les galions espagnols et devenus un accessoire essentiel du costume folklorique. Au premier regard, la peinture est belle, le motif élu, une fleur ou un paon attire notre attention. En regardant de plus près, on s’aperçoit que les papiers sont recouverts entièrement d’épingles posées une à une par les « petites mains de l’atelier » révélant ainsi un envers du décor sur la face cachée de ces belles étoles. Pilar Albarracín « épingle » ainsi subtilement ces grandes expéditions qui ont fait la splendeur de l’âge d’or espagnol.

A voir à Paris Galerie Vallois

Vue de l’exposition Alta tension © Pilar Albarracín Courtesy Galerie Vallois.

Les adresses de Sophie Danan

Réserver son séjour

Pajaro Rebelde I Casa boutique 

Sophie & Olivier Danan

C/Martínez Montañés 27. 41002 Sevilla. España
Tél. (+34) 649 021 110
Email. info@elpajarorebelde.com

A visiter absolument

Quatre églises construites sur les mosquées, Saint Louis des Français, la Magdalena, l’église de l’inquisition et l’église del Divino Salvador et une dernière  Santa María la Blanca qui fut d’abord une mosquée, puis une synagogue et finalement devenue une église.

Photo : Eglise Santa Maria Magdalena

Les musées et sites à visiter

Hospital de la Santa Caridad, ancien hôpital de la charité datant du XVIe siècle et abritant la confrérie de la Sainte Charité, l’essor de cette institution va être donné par  Don Miguel de Mañara sans doute le véritable don Juan qui aurait eu une révélation.

Le musée des Beaux Arts de Séville, deuxième plus beau musée d’Espagne après le Prado avec des chefs d’oeuvre.

Le Palacio de las Dueñas appartient à la famille de la flamboyante et excentrique duchesse d’Albe, Cayetana Fitz-James Stuart, disparue en 2014, Sévillane de coeur et de corps. Il est le reflet d’une aristocratie qui vient de la Reconsquita, très présente dans les peintures de Velasquez. Le Palais vient d’être ouvert à la visite.

Rue Dueñas, 5
Sévile 41003 (Espagne)

L’Hôpital des Vénérables 

Adresse: Plaza de los Venerables, 841004  Sevilla, Séville  (Andalousie)

Italica

Adresse: Avenida de Extremadura, 2, 41970, Santiponce/Sevilla, España

Restaurants

Casa Manolo León dans les jardins

De La O pour déjeuner sur les bords du fleuve http://dela o

La Cochera del Abuelo quartier hiver C. Álvaro de Bazán, 2, Casco Antiguo, 41002 Sevilla, Espagne. Tel :  +34 664 44 06 36

Les meilleurs tapas Eslava 3, Casco Antiguo, 41002 Sevilla, Espagne

Pour danser le Maquiavelo fermé l’hiver esquina con Puente de los Remedios, P.º de las Delicias, 41012 Sevilla, Espagne

Un commentaire

  • Laure Martin

    Merci pour cet article clair, enlevé et fourmillant d’informations précieuses. Il donne furieusement envie de retourner à Séville.

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