Semaine du dessin à Paris
Une semaine intense, dessins anciens, modernes contemporains sont à l’honneur, deux évènements à ne pas rater, au Palais Brongniart : le Salon du dessin et au Carreau du Temple : Drawing Now Paris.


Mardi Salon du Dessin
Toujours amusant et fascinant de regarder attentivement les coups de crayons de tous ces artistes du XVIe siècle à nos jours, les différentes techniques, encre, pierre noire, aquarelle, sanguine, papier bleu, pastel, mise au carreau …

Une visite qui nous raconte des histoires de l’art, celle des deux frères Léon (1834–1866), et François Bonvin (1817-1887), galerie de Bayser, le premier autodidacte à la vie si courte , on a pu voir son oeuvre en 2023 à la Fondation Custodia « Une poésie du réel ».

Une petite étude de ciel de Boudin, galerie La Présidence, me rappelle l’exposition « Paris 1874 » à Orsay, j’avais remarqué la beauté des ciels du même artiste qui avaient tant inspiré Monet.

Plus loin, je suis retenue par ce bleu de Geneviève Asse (1921-2023) décédée en 2023 à presque 100 ans, il faut aller à la BNF voir ses carnets qui ont fait l’objet d’une donation à l’institution et pour terminer le tour des expositions passées ou en cours, une dernière celle de Gaston Chaissac (1910-1964), galerie A.B, en préparation pour cet été au Musée d’art Moderne de Fontevraud.

Je note la présence de nouvelles galeries, Larock-Granoff qui a célébré ses 100 ans, la galerie berlinoise Michael Werner qui présente une technique mixte de Markus Lüpertz des années 1960 représentant des bottes noires à côté d’un crâne.

Cette année le musée des Beaux-Arts de Reims est l’institution invitée, en travaux elle rouvrira ses portes fin 2026 et à l’occasion de ce salon on se rend compte de la richesse de son cabinet d’art graphique, Lucas Cranach Le Jeune, Simon Vouet, Charles Le Brun, Robert Nanteuil, Jean-François Millet…

Salon du dessin et Drawing Now décernent chacun un prix pour le premier : celui de la Fondation Daniel & Florence Guerlain créé en 2006 et décerné lors de cette édition à Alice Maher et pour le second il a récompensé Susanna Inglada représentée par Archiraar Gallery.

Mercredi Drawing Now, Carreau du Temple
L’aventure commence par un hommage très poétique à Marinette Cueco, décédée en 2023, et représentée par la galerie Univer. L’artiste depuis les années 60 s’est servie de ce que la nature pouvait lui offrir, elle y prélevait ses matériaux, et créait ses dessins fragiles à partir de joncs, ses innombrables feuilles d’herbiers. Elle a exposé dans de nombreuses institutions au Musée d’Art Moderne de Paris et ces dernières années à Chaumont sur Loire ou encore au Nouveau Printemps de Toulouse…

« Marinette Cueco écrit avec les herbes un langage abstrait, une calligraphie très sensible qui exalte la spécificité de chacune : celle-ci trace un graphisme sec et anguleux, celle-là ondule, poudreuse et duveteuse, se propage de loin en loin, à chaque extrémité du cadre, toujours rigoureux et géométrique, c’est la fin d’un rêve. »
Itzhak Golberg

Galerie Berthet-Aittouarè, une autre femme artiste qui compte : Vera Molnar, pionnière du codage dans l’art, on a pu voir son exposition à Pompidou l’année dernière « Parler à l’œil »

La galerie Claire Gastaud de Clermont-Ferrand et depuis quelque temps présente à Paris également, présente les oeuvres de Tania Mouraud, MC Mitout, et Delphine Gigoux, je me souviens de l’incroyable performance de cette dernière, « Comment déguster un phénix » au musée de la Chasse et de la Nature (cf article précédent)

Secteur Insight, je remarque les aquarelles de l’artiste indien, Avishek Sen très sensible aux relations entre l’homme et la nature, son galeriste Arnaud Lebecq s’intéresse particulièrement à l’Asie du Sud-Est. Plus loin, sur le stand de la galerie nomade J.M. Oger, je suis surprise par les diaquarelles de Stéphane Belzère, l’artiste a plongé dans le fonds complètement obsolète de diapositives de l’école des Beaux-Arts de Paris, il leur donne une seconde vie en les projetant sur le papier à l’aquarelle et ainsi revivent nombreux souvenirs, c’est très original et intéressant.

Retour au rez-de-chaussée, galerie 8+4, les soeurs jumelles Chevalme, reprennent des images coloniales de l’Afrique et rapprochent passé et présent sur leurs dessins, on pourra les retrouver bientôt au musée du Quai Branly dans l’exposition autour de la croisière Noire.

La galerie finistérienne Réjane Louin présente des broderies délicates de Élise Bergamini.

Sur un autre stand, c’est au tour de la galerie Eric Dupont qui expose le peintre béninois Roméo Mivekannin, vu également à Reggio Emilia en Italie, à la fondation Maramotti.

Et pour terminer, galerie Antoine Dupin, je découvre un dessin de l’artiste Iris Levasseur qui représente des danseurs dans le paysage urbain, ici il s’agit de la gare de déportation de Pantin, lors de la seconde guerre mondiale, elle réveille ainsi la mémoire des lieux.

Depuis 2017, les fondatrices de Drawing Now Paris, le duo mère-fille Christine Phal et Carine Tissot, ont créé le Printemps du Dessin, associant partout en France des Monuments nationaux, des artothèques, des FRAC ou des centres d’art qui proposent de nombreux évènements autour du dessin contemporain sur le thème cette année du langage et de l’écriture.

INFORMATIONS
26 mars -31 mars 2025
Samedi et dimanche: 11h – 20h
Lundi : 12h – 18h
Palais Brongniart
Place de la Bourse, 75002 Paris



