Retour en images sur FAB 2025 au Grand palais
La quatrième édition de FAB Fine Arts Paris, vient de fermer ses portes, un rendez-vous parisien de la rentrée devenu incontournable, et cette année c’est en septembre , encore l’été sous la verrière !

La qualité des oeuvres présentées, les évènements proposés, les invités, donnent cette originalité à ce salon qui reste intimiste avec cependant une centaine de galeries présentes dans cet écrin démesuré, le décor est de Constance Guisset et la scénographie de Sylvie Zerat.

Cette année c’était au tour du musée Nissim de Camondo d’être l’invité d’honneur, le visiteur pouvait ainsi découvrir une soixantaine d’oeuvres réunies par cet esthète raffolant du XVIIIème siècle dans son hôtel du Parc Monceau, un avant-goût donnant très envie de retourner sur les lieux, à découvrir bientôt le film « Splendeurs et misères de la maison Camondo ».

Très agréable de se promener dans les allées et de profiter de cette exposition qui réunit les disciplines artistiques, livres, peintures, sculptures, arts décoratifs, arts premiers, photographie et musique de toutes époques qui vont de l’Antiquité à nos jours.
Cette année, on fête le centenaire de l‘Art Déco. La galerie Vallois, présente pour la première fois, offrait au visiteur un spectacle exceptionnel de l’excellence des savoirs-faire de cette époque avec 20 chefs d’oeuvre de Pierre Chareau, Paul Iribe, Eileen Gray, André Groult, Pierre Legrain, Armand-Albert Rateau, Jacques-Emile Ruhlmann en souvenir de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 qui a donné son nom au mouvement Art Déco.


« J’ai eu la chance de rencontrer Eileen Gray quand elle avait 94 ans. Elle ne m’a pas appris, elle m’a raconté, elle m’a ouvert un univers et cela m’a fait gagner un temps fou, j’ai compris la différence entre le beau et l’exceptionnel ».
–Cheska Vallois
La galerie Alexis Pentcheff a participé aussi à cet anniversaire et a présenté les célèbres félins entre autres, de Paul Jouve, qui reçut une médaille d’or à l’Exposition Internationale de 1925.

A noter aussi l’originalité de cinq galeries 1900-2000, Brimo de Laroussilhe, Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Didier Claes et le libraire Stéphane Clavreuil, tous aux univers différents qui ont proposé à Jean-Hubert Martin de piocher des oeuvres dans leurs fonds respectifs et d’organiser un mini « Carambolages » qui a donné cette exposition « Beautés désordonnées ».

Albâtre. H. 31 cm
Ainsi un diacre picard en pierre du XIVe siècle, un porteur de coupe Baoulé, une Porteuse de coupe Yoruba du Nigéria et un Ange tenant un phylactère Espagne, Aragon ou Catalogne (?), milieu du XVeme siècle, sont présentés ensemble pas loin d’une peinture de René Magritte, d’un tir de Niki de Saint Phalle (exposition au Grand Palais en ce moment, voir article précédent) d’une vitrine de Christo, d’une colombe de la paix taxidermisée, de Pilar Albarracin, de La grasse matinée de Clovis Trouille (1889-1975), des « Heures de Juvisy Montferrand, usage de Rome » vers 1500…et par la magie du commissaire se retrouvent tous au salon pour l’occasion.
« Cette présentation entend se rapprocher des amateurs en leur suggérant des associations entre des œuvres hétérogènes que l’histoire de l’art aurait encore bannies dans un temps récent au nom de leur absence direct de contact. C’est ce regard créatif, ouvert et généreux qu’entend restituer cette exposition, laissant libre cours à l’interprétation de chacun pour stimuler les plaisirs de l’imaginaire. »
– Jean-Hubert Martin
FAB c’est aussi de la musique avec la Fondation Gautier Capuçon, on a pu écouter ainsi dans la nef la Sonate à Kreutzer de Beethoven interprétée par les deux lauréats de cette année, la violoniste Elise Bertrand et le pianiste Gabriel Durliat.

Toujours partante pour écouter les galéristes, décrire avec passion leurs découvertes, les oeuvres qu’ils présentent. Sur le chemin je remarque un Tambour à fente III 2017 de François Rouan, galerie Jacques Elbaz, l’artiste vient de terminer une série de vitraux pour le réfectoire de l‘Abbaye de Fontevraud. J’aperçois également une peinture de Jean Dubuffet, peintre et théoricien de l’art brut, présent aussi à Fontevraud au musée d’Art Moderne dans l’exposition dédiée à Gaston Chaissac à voir en ce moment.

La galerie Jean-Christophe Charbonnier présente les fantastiques armures japonaises, on peut voir celle conçue par Noguchi Zesai, un stratège militaire et designer.
L’exceptionnelle beauté des livres, l’ Histoire naturelle des perroquets de François Levaillant, Paris, Levrault, 1801 – 1805 avec 145 planches gravées en couleurs rehaussées à la main, à la galerie Camille Sourget. L’extravagance d’un livre de Ferdinando Pisarri, 1716, (voir la vidéo ci-dessous) librairie Jean-Baptiste de Proyart offrant un panorama monumental de 56 mètres retraçant les célèbres arcades de la ville de Bologne en Italie, Portico di San Luca, mesurant 3,8 km qui a inspiré Napoléon pour la rue de Rivoli.
Bologne, Ferdinando Pisarri, 1716. Première édition. Folio (407 x 300 mm). Prospectus, plan et élévation des portiques menant de la ville de Bologne au Monte della Guardia où est vénérée l’image sacrée de la Vierge Marie peinte par saint Luc. Librairie Jean-Baptiste de Proyart
Connaissance des Arts présente les photographies d’Antoine Schneck (représenté par la galerie Berthet-Aittouarès) « Cent ateliers artistes d’aujourd’hui », cette série a donné un livre que le photographe dédicaçait avec succès.
Evidemment beaucoup de peintures, le choix des sujets et des époques est très vaste, il est :
Littéraire avec un très beau portrait de Paul Valéry par Claudio Castelucho y Diana, Galerie Michel Descours

Arlésien avec un ciel rose d’Henri d’Arles, galerie F. Baume Fine Arts

Animal avec un Jean-Baptiste Oudry, galerie Coatalem,

Surréaliste à Opéra Gallery avec La fin du voyage par Paul Delvaux,

Historique et précieux à la tempera, en or et argent sur panneau, avec Le triomphe de Lucius Aemilius Paulus après la bataille de Pydna, la victoire du consul Paul Emile en 168 av.JC sur les troupes macédoniennes… Galerie G. Sarti.


44 x 148 cm (surface peinte), 57,8 x 157,8 cm (avec cadre). Galerie G. Sarti.
La photographie n’est pas en reste, avec les arbres méditatifs de l’artiste coréen Bae Bien-U, galerie RX&SLAG, j’avais pu voir à Chambord son exposition faisant suite à sa résidence sur place (voir article précédent). Découverte des Ordalies de Jean-Michel Fauquet, fantasmes de l’artiste qui photographie des maquettes d’objets imaginaires de torture miniature qu’il réalise lui-même, cette série s’intègre très harmonieusement parmi les sculptures d’Afrique, d’Océanie et d’Asie du Sud-Est de la galerie Schhoffel de Fabry.

10 trages uniques sur papier baryté argentique, réhaussés à la peinture à l’huile. Format 50 x 50 cm. Galerie Schoffel de Fabry
Galerie de Bayser, je retrouve un dessin du lyonnais Louis Janmot, Patrick de Bayser me raconte le peintre Charles Cottet, parti sur les traces de Gauguin à Pont-Aven, la peinture sur le stand représente un paysage égyptien qui n’est pas sans rappeler la peinture nabie.

A noter également une sirène sculptée en terre cuite par l’artiste génois Daniele Steardo (né à Gênes en 1976).

De l’autre côté de l’allée centrale, on pouvait remarquer un drôle d’objet en forme d’oeuf, dans lequel certains visiteurs se sont installés, il s’agissait de la : Coquine de plage – Dorestyl – G-E-A-D 1974, Galerie Marc Maison.
Histoire à suivre l’année prochaine, du 19 au 23 septembre 2026 au Grand Palais.


FAB Fine Arts Paris
GRAND PALAIS 20-24 SEPT. 2025 100 GALERIES D’ART INTERNATIONALES
20 SPÉCIALITÉS




3 commentaires
Carole Maury
Toujours un plaisir de vous suivre et revoir l’expo de votre œil avisé!! Merci
Laure Martin
Merci pour cette plongée personnelle dans FAB qui nous fait reparcourir la foire différemment.
jeannie lucas
Merciiiii Florence !!! Ai manqué la FAB cette année et donc, ai lu avec grand intérêt ton reportage, précieuse séance de rattrapage 🤩 !