Prix Pictet 2015 – Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Jeudi dernier, au musée d’art moderne de la Ville de Paris, était présentée l’exposition des oeuvres des douze finalistes de la 6ème édition du  Prix Pictet.

Valérie Belin Prix Pictet 2015 - Musée d'art moderne de la Ville de Paris. ©Thegazeofaparisienne

Valérie Belin
Prix Pictet 2015 – Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
©Thegazeofaparisienne

Ces artistes ont été annoncés le 10 juillet aux Rencontres internationales de la Photographie d’Arles (rencontres à l’initiative entre autre de Lucien Clergue que nous pouvons voir actuellement au Grand Palais). Le prix a été remis jeudi soir par Kofi Annan à la lauréate 2015 Valérie Belin.

Cette année la sélection s’était faite autour du thème “Disorder”. Depuis le début de ce prix en 2008, plusieurs thèmes ont été abordés comme “Water”, “Earth”, “Growth”, “Power”, and l’année dernière  “Consumption. Ce prix a été créé principalement afin de  nous sensibiliser sur le développement durable à travers la photographie. Cette année, le prix a été décerné à la photographe française Valérie Belin pour son oeuvre “Still Life” .

Les oeuvres des 12 photographes finalistes- LLit Yongliang , offrent une grande variété d’approche thématique du “Désordre” et de la photographie :

Ilit Azoulay, Valérie Belin, Matthew Brandt, Maxim Dondyuk, Alixandra Fazzina, Ori Gersht, John Gossage, Pieter Hugo, Gideon Mendel, Sophie Ristelhueber, Brent Stirton and Yang Yongliang,

Du photo-reportage documentaire sur la guerre, aux Nature- mortes et photo-montage digital, la diversité de la photographie contemporaine est pleinement représentée dans cette exposition.

Prix Pictet 2015 - Musée d'art moderne de la Ville de Paris. ©Thegazeofaparisienne

Mathew Brandt 
©Thegazeofaparisienne

La série de Mathew Brandt des “Honeybees” est celle qui sort le plus des conventions habituelles de la photographie. Brandt utilise des abeilles mortes qu’il photographie selon un procédé d’impression du XIXe siècle à la gomme bichromatée Des images d’abeilles en plein vol émergent de ces corps d’insectes détruits, sombres, monochromes elles transmettent une brutalité qui nous apparait peu à peu par ces images superposées, nous faisant décrypter le côté invisible de leur mort, car il est  facile de voir, mais aussi facile d’ignorer. Il abandonne les règles du photo réalisme à la place il utilise les qualités picturales, ou même celles de la sculpture, pour nous communiquer les conséquences de la perte de ces abeilles sur l’environnement.

Le travail de John Gossage est à l’extrême opposé. Son travail consiste à capturer des scènes ordinaires de la vie de la middle classe américaine dans une approche classique de la photographie.Sombre noir et blanc, les images nous parlent de façon subtile des perturbations encore discrètes que provoquent les manifestations climatiques dans nos vies. L’étouffante tranquilité du Colorado envahie par la fumée des feux de forêts des montagnes. Un tatouage de tête de mort sourit, placé sous l’ourlet du short d’un homme, un moment anodin qui contraste avec l’ambiance sinistre. Et sur le tableau de bord d’une voiture, un dinosaure en plastique se balance sous la chaleur étouffante du pare-brise, évoquant la nocivité quotidienne de l’effet de serre.

John Gossage - Should Nature Change ©Thegazeofaparisienne

John Gossage – Should Nature Change ©Thegazeofaparisienne

Valérie Belin - Still Life

Valérie Belin – Still Life

La fascinante série de Valérie Belin Still Life  se place entre l’ultra réalisme de Brandt et l’atmosphère pesante de Gossage. Elle photographie des compositions enchevêtrées d’objets bon marché ou de récupération qui illustre notre société de consommation basée sur le “gachis” .où les objets, produits en masse ont une durée d’utilisation très courte dans nos vies.

La composition de la nature morte peinte “vanitas” et memento mori” nous montre son travail sur la mémoire, les traditions et explore la  brièveté de la vie et celle du monde matériel. Un sentiment étrange ressort de son oeuvre, la tête de mannequin, dont le visage semble si réel, la comparaison entre le classicisme du thème de la nature morte et et les objets très contemporains choisis, leurs matières comme le plastique contribuent à donner un effet dissonant et sèment le trouble dans l’oeil du spectateur. Cette ambiance est rehaussée par les couleurs saturées à l’extrême.

Les photographies de Valérie Belin viennent d’être exposées à Beaubourg.

L’exposition Disorder se déplacera dans 34 villes à travers la planète : Tokyo, New-York, Rome…

Chris Gortmaker
Wesleyan University

Emmanuelle de L'Ecotais conservatrice au MAM et membre du Jury. et l'artiste Yang Yongliang ©Thegazeofaparisienne

Emmanuelle de L’Ecotais conservatrice au MAM et membre du Jury. Michael Benson et l’artiste Yang Yongliang
©Thegazeofaparisienne

Prix Pictet – Desorder – Musée d’Art Moderne

Exposition réunissant les photographies des finalistes du prix Pictet

Du 13 novembre au 13 décembre 2015

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Prix Pictet - Musée d'art Moderne

A recent exhibition of Valérie Belin’s work at Centre Pompidou : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cABedqx/r5XgkGA

 

 

 

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