Eclectique – Quai Branly

Le « Quai Branly », musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, voulu et imaginé par Jacques Chirac, grand amateur d’arts premiers, un bâtiment construit par Jean Nouvel, mêlant nature et architecture contemporaine, à l’ombre de la Tour Eiffel, figure parmi les derniers grands travaux présidentiels. Il clôt ainsi le cycle des présidents bâtisseurs ouvert par Georges Pompidou avec le centre national d’art de culture du même nom.

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac Crédit photo : ©Estelle de Talhouet Roy ©ThegazeofaParisiene

Musée du Quai Branly – Jacques Chirac
Crédit photo : ©Estelle de Talhouet Roy
©ThegazeofaParisiene

Ce projet est paradoxal comme l’est la personnalité de l’ancien président Jacques Chirac : peu de personnes connaissait sa passion et son intimité avec les civilisations premières, qu’il a longuement cultivées comme un enclos secret. Ce personnage public, si prompt à parcourir les marchés et les comices, à serrer les mains et parcourir des kilomètres de campagne électorale française (depuis 1967), était également secret et énigmatique quant à ses goûts. Sans doute le reflet d’une incertitude ou d’une sous-estimation de soi, sauf peut-être dans les goûts artistiques puisque l’antépénultième président de la Vème République (1995–2007) a marqué sa volonté de créer un grand musée des civilisations et arts premiers au coeur de Paris.

Musée du Quai Branly Jacques Chirac Eclectique - coll Marc Ladreit de Lacharrière ©ThegazeofaParisiene

Musée du Quai Branly Jacques Chirac
Eclectique – coll Marc Ladreit de Lacharrière
©ThegazeofaParisiene

Il suffit de se remémorer la situation fragmentée et souvent paupérisée des musées consacrés aux sciences de l’homme et aux civilisations non européennes : le Musée de l’Homme sur la colline du Trocadéro ; le Musée des Arts et Traditions Populaires oublié dans le bois de Boulogne et le Musée des Arts Africains et Océaniens (MAAO) au Palais de la Porte-Dorée dans sa grandiose architecture de l’exposition coloniale de 1931. C’est ainsi qu’il a souhaité organiser le dialogue des civilisations et que le département des arts premiers au ouvert au musée du Louvre dans le pavillon des Sessions. C’est à juste titre, en forme de reconnaissance, que le musée du Quai Branly, musée des arts premiers, a été consacré à Jacques Chirac.

Statue masculine assise - Baoulé Côte d'Ivoire XIXe siècle Marc Chagall (1887-1985) "Devant la fenêtre à Paris" 1969 ©ThegazeofaParisiene

Statue masculine assise – Baoulé Côte d’Ivoire XIXe siècle
Marc Chagall (1887-1985) « Devant la fenêtre à Paris » 1969
©ThegazeofaParisiene

En 1905-1906, les artistes d’avant-garde (fauves, cubistes, expressionnistes…) font évoluer le regard sur ce qu’ils appellent « l’art nègre » (incluant l’art africain et l’art océanien). C’est à cette époque, en 1909, qu’Apollinaire exprime le souhait suivant : « Le Louvre devrait accueillir certains chefs-d’œuvre exotiques dont l’aspect n’est pas moins émouvant que celui des beaux spécimens de la statuaire occidentale ». Cette maxime a inspiré la collection de Marc Ladreit de Lacharrière, qui fait l’objet de l’exposition « Eclectique ». Le grandes collections modernes contenaient toujours de l’art extra occidental, témoignages des explorateurs, voyages à travers le monde. « Eclectique » a le mérite de nous entrouvrir les portes de ce lieu en nous emmenant petit à petit vers des oeuvres d’univers, époques très différents. Exposées côte à côte, ces sculptures, peintures nous font entrevoir leur beauté.

Une collection du XXIe siècle avec des critères d’exigence de très grande qualité, mais aussi la personnalité de celui qui a rassemblé cet ensemble. Un « homme pressé », comme le héros de Paul Morand, ou plutôt Alain Delon dans le film d’Edouard Molinaro (1977), film qui ne manque pas de saveur par rapport à l’exposition puisque notre marchand d’art est impliqué dans un trafic de statuettes africaines. « L’Homme pressé » est aussi Marc Ladreit de Lacharrière qui a voulu aller vite car les acquisitions ont été faites sur seulement dix ans. L’exposition montre son parcours, ses goûts et ses pérégrinations autour de l’art africain et de l’art contemporain.

Masque anthropomorphe Dan - Côte d'Ivoire. XIXe siècle Ancienne coll. Paul Guillaume

Masque anthropomorphe
Dan – Côte d’Ivoire. XIXe siècle
Ancienne coll. Paul Guillaume

Le mélange de l’art européo-centré (aujourd’hui occidental) et des arts premiers n’est pas une démarche en soi originale : il suffit de mentionner les Fauves, Picasso, Guillaume Apollinaire et Paul Guillaume, « novo pilota » selon l’expression d’Amedeo Modigliani. Trois masques africains généreusement déposés par le Musée du Quai Branly au musée de l’Orangerie (ou est exposée la collection Paul Guillaume – Jean Walter) rappellent le rôle éminent de Paul Guillaume dans la connaissance et la reconnaissance de l’art africain au début du XXe siècle. Lorsqu’il ouvre sa première galerie en 1914, les « Soirées de Paris » (périodique dont Apollinaire est le rédacteur en chef)  précisent que l’on y trouvera « des tableaux modernes… et des sculptures nègres ». Il s’efforce de conjuguer dans ses galeries et ses intérieurs la présentation de sculptures et peintures contemporaines et d’art africain en mettant en valeur l’aspect esthétique de ces objets qui étaient alors seulement considérés comme des objets ethnographiques. Au-delà de Paul Guillaume, André Breton avait composé son « mur » (aujourd’hui reconstitué au Centre Pompidou) au 42, rue Fontaine et André Malraux son « musée imaginaire » mêlant cultures européennes et cultures extra-européennes.

Hans Hartung (1904-1989) T1976 R48 ©ThegazeofaParisiene

Hans Hartung (1904-1989)
T1976 R48
©ThegazeofaParisiene

Marc Ladreit de Lacharrière s’inscrit dans cette lignée. Ses oeuvres modernes et contemporaines s’intègrent parfaitement au milieu de ces sculptures  et facilitent l’accès à cet art éloigné de nos cultures. Les différents éléments s’imbriquent un à un et donnent cette impression de création universelle, une sensation fugitive de déjà vu, époques et lieux, et cette juxtaposition « éclectique » crée un lien entre le spectateur et l’art africain, comme si les artistes se retrouvent dans une célébration commune et nous entraînent peu à peu dans leurs créations. Nous participons à ce dialogue entre l’Ecole de Paris, l’abstraction, l’art extra occidental et l’Antiquité.

Chouette - Proche-Orient 1er millénaire av. J.C. Pablo Picasso (1881-1973) "La chouette" Vallauris bronze (1951-1953)

Chouette – Proche-Orient 1er millénaire av. J.C.
Pablo Picasso (1881-1973) « La chouette » Vallauris bronze (1951-1953)

Des oeuvres qui sont liées à l’idée de commémoration, de rituel funéraire avec un très joli petit tambour Malanga de Nouvelle Irlande, en Océanie placé en regard avec une petite figure Dogon, un tambour qui émet un cri,  rappelant celui de la chouette, oiseau de nuit très symbolique existant déjà au Proche-Orient, au troisième millénaire, annonçant le rituel de la mort. Cet animal est important pour les artistes, notamment Picasso et Bernard Buffet, dont la rétrospective a lieu actuellement au Musée d’Art moderne de la ville de Paris (jusqu’au 5 mars 2017). L’oiseau de nuit est très emblématique comme le minotaure, se transformant en autoportrait, avec l’expression du retour à l’Antiquité car la chouette est l’animal fétiche d’Athena. La visite nous rappelle toujours le cycle des générations mais aussi nous invite à admirer la beauté des coiffures, la sophistication des sculptures qu’il ne faut pas oublier de tourner autour d’elles pour les admirer.

Peter Halley (né en 1953) Sans titre Statue masculine Luba Hemba - Congo XIXe siècle Héraclès - Rome III ap.JC

Peter Halley (né en 1953)
Sans titre
Statue masculine Luba Hemba – Congo XIXe siècle
Héraclès – Rome III ap.JC

Cette exposition semble nous poser la question des classifications des moments de l’art. L’archaïque grec nous parait moderne à sa redécouverte au début du XXe siècle, les sculpteurs Brancusi, Henry Moore, Picasso ont regardé cet art des Cyclades avec beaucoup d’attention, mettant leurs oeuvres en correspondance avec les arts dits « primitifs », mot qui renvoie à un passé très ancien et non européen, on ne sait pas vraiment, alors que la plupart des oeuvres datent de périodes historiques à partir du XVIe siècle.

Au centre de la première pièce se trouve une peinture  de Peter Halley, peintre américain installé à New York qui s’est beaucoup intéressé aux philosophes français, Michel Foucault et Jean Baudrillard. Il a ainsi développé toute une réflexion sur les espaces sociaux, intérieur et extérieur, et le tableau comme fenêtre, le tableau qui regarde le spectateur comme le dit Soulages ou l’inverse. Ce jeu sur l’intérieur et sur l’extérieur, sur le sujet et le spectateur nous interroge : sommes-nous à l’intérieur d’une prison ?

Masques cimier zoomorphe - Bamana Mali XXe siècle Nicolas de Stael (1914-1955) "Composition" 1947 ©ThegazeofaParisiene

Masques cimier zoomorphe – Bamana Mali XXe siècle
Nicolas de Stael (1914-1955) « Composition » 1947
©ThegazeofaParisiene

Un peu plus loin, nous croisons un masque Dan de Côte d’Ivoire du XIXe siècle ayant appartenu à Paul Guillaume, dont on rappelle que sa collection a été léguée à l’État, après bien des vicissitudes, et se trouve aujourd’hui exposée au musée de l’Orangerie. Ce masque faisait partie de sa  collection africaine, complètement passée aux oubliettes dans un grenier, jusqu’à sa redécouverte dans les années 1960. Il est passé ensuite dans les mains d’un artiste puis a été acquis dans une vente aux enchères en 2014 par Marc Ladreit de Lacharrière qui renoue ainsi avec le cycle ouvert par le « Novo Pilota », Paul Guillaume lui-même.

La nature est très présente, ici un génie de la nature, qui veut être représenté comme un humain extrêmement beau. Il faut s’adapter , comprendre la beauté, l’esthétique dans l’art africain, sa valeur correspond à l’efficacité et aux qualités morales.

tabouret Rurutu des îles australes de la fin du XVIIIe siècle

tabouret Rurutu des îles australes de la fin du XVIIIe siècle

C’est maintenant autour d’une toile de Chagall, accrochée aux cimaises , très colorée, que nous avons une surprise dans ce musée. La généalogie de cette œuvre est intéressante par ce qu’elle raconte l’itinéraire artistique et créatif du jeune Juif russe, né en Biélorussie à Vitebsk. Arrivé à Paris au début du XXe siècle, il retrouve ses amis Delaunay, et Poliakoff qui s’intéressent aussi aux arts extra occidentaux. Les perspectives de Chagall sont influencées par le cubisme tout en développant son propre vocabulaire à partir du folklore russe. Ces œuvres transcrivent une belle vision de Paris très positive incarnant son propriétaire actuel.

Les statues magiques thérapeutiques, le masque Grebo de Côte d’Ivoire sont à la source même du cubisme. Braque et Picasso, qui se promenaient en 1912 à Marseille, ont acheté deux masques de ce type, dont l’un est au musée Picasso. Ce dernier collectionnera toute sa vie les arts « nègres », même si un jour ayant assez d’ête questionné sur ce sujet, il a répondu qu’il en avait rien à faire. Ce masque est passé entre les mains du sculpteur Arman et celles de William Rubin, qui a été le conservateur du MoMA à New York et qui a eu une collection d’objets africains. William Rubin était un passionné et un spécialiste de Picasso. N’oublions pas qu’il a été le curateur d’une exposition emblématique et controversée des années 1980 (1989) sur « le primitivisme dans l’art du XXe siècle ». Cette exposition, organisée avec Kirk Varnedoe, a été critiquée pour son approche « occidentalo-centrée » en n’appréhendant les expressions artistiques des continents extra européens (Afrique, Océanie) que comme les « notes de bas de page » de l’art moderne alors que les intentions de ses auteurs étaient précisément de faire accéder au rang culturel et esthétique ces formes d’art appréhendées sous l’angle ethnographique. Cette polémique entre les conservateurs du MoMa et le chantre du multiculturalisme, le critique d’art américain, Thomas McEvilley, ne peut manquer de faire écho à la visite de l’exposition « Eclectique ».

Musée du Quai Branly Jacques Chirac ©ThegazeofaParisiene

Musée du Quai Branly Jacques Chirac
©ThegazeofaParisiene

On mesure tout l’intérêt du collectionneur pour l’abstraction de Serge Poliakoff, de Sonia Delaunay ou de Hans Hartung. Et cette interrogation permanente qui traverse leur vie créative : comment transcrire cette nouvelle réalité à travers l’abstraction et les couleurs. Sonia Delaunay a été très influencée par l’art africain à travers sa relation avec le surréaliste Tristan Tzara : surréalisme et primitivisme ont eu des relations croisées. Au-delà de la peinture, les frontières se font plus floues entre les disciplines. On passe ainsi de la statuaire à des objets fonctionnels très purs comme ce tabouret Rurutu des îles australes de la fin du XVIIIe siècle qui apparaît comme la touche design de l’exposition. Une première mention de ce mobilier est d’ailleurs dû à James Morrison, second maître d’équipage du Bounty et qui a laissé son « Journal », véritable travail d’ethnologie sur une famille de Tahiti, et qui fait écho, en miroir, au « Supplément au voyage de Bougainville » de Diderot (1772) qui présente le mythe du « bon sauvage » opposé à la corruption de la civilisation.

Aux dires de Stéphane Martin, président du musée du quai Branly Jacques-Chirac, « la collection d’art africain et océanien de Marc Ladreit de Lacharrière est exceptionnelle ». L’exposition portant sur un choix d’une soixantaine d’oeuvres. Il s’agit de l’exposition–évènement du 10ème anniversiaire du musée du Quai Branly – Jacques Chirac qui a ouvert ses portes au public le 20 juin 2006. Une reconstitution à l’identique des principaux lieux de vie du financier, son bureau et son salon, a même été réalisée afin de servir d’écrin à cette collection présentée pour la première fois en tant que telle. Le catalogue de l’exposition s’orne en exergue de la lettre du président de la République Jacques Chirac, qui, en 2011, écrivait à son ami Marc Ladreit de Lacharrière : « Tu as toujours souhaité garder secrète ta passion pour la statuaire africaine. Mais les temps changent, tu devrais permettre à tous les visiteurs du Quai Branly d’admirer les oeuvres que tu as rassemblées. Le public pourra constater que l’art africain n’est pas l’expression d’ethnies telles que les Dogon, les Sénoufo, les Baoulé, les Dan, les Fang, mais d’artistes ayant leur propre personnalité, leur propre génie qui s’enracine dans l’histoire de l’art. »

C’est cette conviction commune de « l’égale dignité des cultures du monde » qui conduit le chef d’Etat à confier la présidence de l’Agence France Muséums, en charge du Louvre Abu Dhabi, à Marc Ladreit de Lacharrière. L’Unesco en a fait pour sa part son ambassadeur de la diversité culturelle. Cet engagement au service de la culture et de la diversité a conduit Marc Ladreit de Lacharrière a créer sa fondation pour la promotion des jeunes talents ou potentiels éloignés du monde de la culture ou de l’art. Il s’agit en quelque sorte de l’ambition d’une « villa Médicis » du XXIème siècle sans que l’on sache si ces futures graines, ensemencées au milieu de la FEMIS, l’Ecole du Louvre ou de l’ENSBA, pourront un jour ou l’autre éclore sous la forme d’un artiste majeur.

Masque Grebo - Côte d'Ivoire - 2e moitié du XIXe siècle Anc coll. Arman

Masque Grebo – Côte d’Ivoire – 2e moitié du XIXe siècle
Anc coll. Arman

Cette collection est également l’histoire d’un parcours personnel, pour promouvoir les « territoires oubliés de la beauté ».

Cette exposition est aussi un roman d’apprentissage, un itinéraire personnel que décrit Marc Ladreit de Lacharrière dans son entretien avec le journaliste Harry Bellet (« Le Monde » du 18/11/2016) – on apprend à cette occasion qu’il est un cousin de Nikki de Saint Phalle :

« Ma mère nous emmenait régulièrement au Musée du Louvre. Adolescent, j’ai continué, mais en m’ouvrant un peu plus. Ainsi, j’allais dans les galeries, comme celle de Denise René [qui exposait l’art abstrait géométrique]. Je m’intéressais d’autant plus à l’art contemporain que j’avais une cousine, plus âgée, qui n’était autre que Niki de Saint Phalle. Progres­sivement, avec les moyens qui étaient les miens à l’époque, j’ai commencé à acheter. Des lithos d’abord, plus abordables. Je me rappelle avoir acquis ainsi un ­Vasarely. Mais aussi un Bernard Buffet. Mes goûts étaient déjà éclectiques ! Plus tard, dans les ­années 1980, je travaillais chez L’Oréal, qui possédait aussi la galerie Artcurial. J’en étais membre du conseil d’administration. C’était l’émergence des cadres, à l’époque. Quand ils avaient une promotion, ils faisaient trois choses : laquer leur appartement – c’était la mode de ce temps-là –, acheter une BMW et enfin s’offrir une petite œuvre d’art.»

On dirait « Les Choses » de Georges Pérec dans sa description des signes de la réussite matérielle. Quant aux arts premiers, Marc Ladreit de Lacharrière les a abordés à travers l’histoire de la peinture moderne et par les collections ethnographiques du Musée de l’homme. Ses activités professionnelles l’ont conduit à devenir un voyageur du monde pour découvrir de nouvelles émotions artistiques, prolongées par son amitié et la complicité artistique avec Jacques Chirac.

Florence Briat Soulié

23 novembre 2016 – 2 avril 2017

Eclectique – Une collection du XXIe siècle

Musée du Quai Branly – Jacques Chirac

Musée du Quai Branly

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