Coups de coeur en Galeries !

Derniers jours pour voir les présentations de l’automne avant les nouveaux accrochages de Janvier ! Suivez moi pour une visite dans le célèbre quartier des bains, lieu arty par excellence de Genève. Trois stops, des découvertes et des retrouvailles … en quelques mots et images.

Olivier Varenne, une nouvelle galerie à Genève

ohn Armleder , Sans titre, 1980 galerie Olivier Varenne, photo ©thegazeofaparisienneJohn Armleder , galerie Olivier Varenne, 1980 , Furniture . photo ©thegazeofaparisienne
John Armleder , Sans titre, 1980, galerie Olivier Varenne, photo ©thegazeofaparisienne

Olivier Varenne vient d’ouvrir sa première galerie éponyme à Genève fin Novembre. Le grand espace, repeint en blanc, se compose de deux parties distinctes; dans l’une je découvre les dessins gracieux et subtils d’un artiste talentueux, dans l’autre je retrouve des ténors de la scène artistique suisse avec des oeuvres remarquables.

Les dessins à l’encre de Chine de Gregory Masurovsky (1929-2009)

Le dessin, c’est l’aventure d’une main qui raconte l’histoire d’une âme « . Gregory Masurovsky

Je n’avais jamais entendu parler de cet artiste auparavant. Je suis sous le charme de ses dessins délicats et aériens, en particulier ses séries de végétaux et un nu rond et sensuel. Pour en savourer toute la beauté, il faut les regarder de près, à cette distance où les détails tracés par sa plume se révèlent. Tout un poème.

Gregory Masurovsky , Sans titre (Femme qui dort) 1968 Galerie Olivier Varenne. © Olivier Varenne
Gregory Masurovsky , Sans titre (Femme qui dort) 1968 ,
Galerie Olivier Varenne. © Olivier Varenne

Poétique, la vie de Gregory Masurovsky l’est aussi. Après des études d’Art aux Etats-Unis, notamment à Black Mountain College (Caroline du Nord) puis à l’Art Students League of New York, il part en 1954 avec sa femme, Shirley Goldfarb, et deux tickets de bateau aller simple pour la France. Son coup de coeur pour Paris est immédiat, il s’y établit et y demeure toute sa vie. Dès son arrivée dans la capitale, Masurovsky fréquente le milieu artistique, rencontre Jean-Paul Sartre, Alberto Giacometti, Yves Saint-Laurent, se lie d’amitié avec Andy Warhol et David Hockney avec qui il dine fréquemment à la Coupole. D’ailleurs, Warhol comme Hockney le collectionnent.

Masurovsky excelle dans le dessin, se passionne pour la gravure, fait des courts-métrages et illustre des textes – il collabore notamment avec l’écrivain et poète Michel Butor. L’artiste jouit alors d’une belle renommée. Ses dessins font partie des collections de grands musées, entre autres le Centre Pompidou de Paris, le Musée d’Art Moderne de Paris, le MOMA NY, le Kunstmuseum de Bâle pour n’en citer que quelques uns. Ses oeuvres sont exposées mondialement, bien sûr en France et aux États-Unis, mais aussi au Japon (Seibu Museum de Tokyo), ou encore en Belgique et en Italie etc… Une belle découverte !

Dialogues entre les oeuvres emblématiques d’artistes suisses

Pour l’exposition inaugurale de sa galerie, Olivier Varenne rend hommage à la création suisse des XXème et XXIème siècles avec des oeuvres iconiques. J’adore le grand Mondrian revisité par Sylvie Fleury; il fait partie d’une série des années 90 où l’artiste se ré-approprie les chefs d’oeuvres connus d’artistes masculins, leur imprégnant une douceur toute féminine. Ici ce sont des aplats de fausse fourrure qui s’invitent dans les « cases » colorées de la structure géométrique. À côté, je retrouve les photos des expérimentations explosives de Signer, un magnifique Tinguely coloré (chose rare!) de 1955, trois tableaux de Ben des années 70 et mon grand coup de coeur, une superbe aquarelle bleue de John Armleder de sa série Furniture sculptures (1980). N’ayant pas de mobilier dans son studio, Armleder en imagine dans ses tableaux!

Sylvie Fleury , Galerie Olivier Varenne
Sylvie Fleury , Mondrian 1992, Galerie Olivier Varenne.
Photo Thegazeofaparisienne

Bravo pour ces présentations de grande qualité qui augurent d’un bel avenir pour cette nouvelle galerie genevoise!

A voir , sur rendez-vous, jusqu’au 25 Janvier 2023, Galerie Olivier Varenne 37-39 rue des Bains, Genève

L’abstraction de Francis Baudevin chez Skopia

Francis Baudevin, galerie Skopia, ©Julien Gremaud & Galerie Skopia.
Francis Baudevin, galerie Skopia, ©Julien Gremaud & Galerie Skopia.

Dans la pure tradition de l’abstraction Suisse, les peintures de Francis Baudevin (né en1964) usent de motifs géométriques répétés et d’aplats de couleurs vives. Ses modèles viennent des produits du quotidien, notamment de boites de médicaments, ou encore du graphisme emprunté à l’univers publicitaire, musical et alimentaire. Son processus de création? Garder scrupuleusement les éléments graphiques et leurs couleurs, en effacer tout texte et marque. Son espace de liberté réside dans l’échelle du rendu qu’il explore de multiples façons. Il nous fait ainsi redécouvrir des images omniprésentes, sous un angle esthétique, affranchi de toute fonctionnalité.

Francis Baudevin, galerie Skopia
Francis Baudevin, galerie Skopia, photo ©thegazeofaparisienne

Skopia, 9 rue des vieux-Grenadiers , 1205 Genève

Revue d’artistes chez Wilde Genève

  • Omar Ba , Quatre faces d'un même problème , 2021 galerie Wilde . copyrights Galerie Wilde
  • Markus Raetz , galerie Wilde Genève. Photo ©thegazeofaparisienne
  • Fabien Mérelle, Galerie Wilde. Copyrights photo: galerie Wilde
  • Philippe Favier , galerie Wilde Genève.

J’aime beaucoup la sélection d’artistes de la galerie Wilde. L’accrochage, inauguré fin 2022, choisit le parti pris d’un hommage à leurs talents dans une exposition collective. Quelques images de mes artistes fétiches .

Deux magnifiques petits tableaux mystérieux de Philippe Favier, me font penser à la peinture du primitif flamand Jérôme Bosch, les peintures d’Omar Ba, adressant les enjeux actuels de l’Afrique, subjuguent par la beauté de leurs détails, un émouvant dessin sur les migrants d’Adel Abdessemed, un nu sublime de l’artiste Suisse Markus Raetz -disparu il y a deux ans- rappelle le trait sensuel de Matisse, les dessins et aquarelles, aussi ultra-réalistes que fantaisistes, de Fabien Mérelle racontent avec dérision les tourments de l’artiste.

Galerie Wilde Genève, Rue du vieux Billard 24, 1205 Genève

Caroline d’Esneval

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