Eva Jospin / Claire Tabouret
Claire Tabouret – D’un seul souffle
Eva Jospin – Grottesco
au Grand Palais

Eva Jospin et Claire Tabouret, deux artistes, deux femmes, de la même génération, toutes deux diplômées des Beaux-Arts de Paris, proposent des approches artistiques distinctes mais qui se retrouvent. Eva Jospin nous invite à explorer des décors imaginaires les forêts, les grottes où la présence humaine est absente, tandis que Claire Tabouret s’inspire des relations humaines, du temps qui passe. Chacune à sa manière nous offre une perspective unique sur l’éternité et s’empare de récits universels ancrés dans notre inconscient tout en se souciant des enjeux sociétaux contemporains.
Claire Tabouret – D’un seul souffle

En entrant côté Seine du Grand Palais, on ne découvre pas les prestigieux escaliers 1900 de l’Exposition Universelle, mais plutôt une entrée qui évoque les coulisses et nous conduit aux expositions, et cela tombe bien car pour Claire Tabouret, c’est une préfiguration de ce qui nous attend à Notre-Dame de Paris.

Une exposition qui éveille notre curiosité en nous offrant la possibilité de voir les travaux préparatoires des vitraux de Notre Dame de Paris qui seront réalisés par les ateliers Simon-Marq établis depuis 1640 à Reims. Ces ateliers ont depuis toujours collaboré avec des artistes de renom tels que Chagall pour la cathédrale Saint Etienne de Metz (cf article précédent). Après la seconde guerre mondiale, le prêtre Marc Couturier avait relancé le programme de l’art sacré en faisant appel aux artistes. Aujourd’hui c’est Claire Tabouret, lauréate du projet d’une « œuvre pour l’éternité » de six nouveaux vitraux pour Notre Dame, qui a créé les six maquettes à taille réelle d’environ 7m chacune composée d’une cinquantaine d’encres sur papier.
Ces oeuvres sont au plus proche des cartons des maîtres verriers donnant ainsi cette dimension physique et mystique. Les vitraux sur le thème de la Pentecôte choisi par l’archevêque de Paris seront installés dans un an et orneront six chapelles sur le bas-côté sud de la nef de la Cathédrale. L’artiste s’approprie ainsi la tradition des vitraux qui est au coeur de son travail depuis un an comme en témoigne sa manière de peindre les paysages ou les groupes de personnages, les portraits très expressifs, l’intensité des couleurs, du mouvement. La ferveur.

« Pour les vitraux de Notre Dame, j’ai voulu être très proche des cartons que vont réaliser les maîtres verriers en créant des maquettes à taille réelle d’environ 7 mètres de haut. La technique du monotype s’est imposée, comme une évidence (…) Elle offre une liberté radicale et en même temps une rigueur tranchée — une dualité qui fait écho à la matérialité du verre dans l’art du vitrail, à la fois organique et ciselée ».
Eva Jospin – Grottesco

Chaque exposition de l’artiste Eva Jospin nous transporte dans un monde merveilleux propice à l’imagination. Ses décors, inspirés de l’Italie, des jardins ornés de fabriques, des grottes de plus en plus présentes et des forêts sont tous sculptés dans un matériau pauvre et accessible, le carton. Elle y incruste des coquillages, des broderies rappelant ses décors brodés réalisés pour Dior. Dans ces installation rien n’est vraiment figé, tout est ouvert à l’interprétation.

Les branches de ses arbres et les filaments sont autant de ramifications qui nous perdent ou nous dispersent dans les multiples combinaisons de notre imagination. Le thème de cette nouvelle exposition est la légende d’un jeune Romain qui tombe dans une cavité et se trouve face à une merveilleuse découverte, des fresques oubliées, vestiges de la Domus Aurea de Néron.

Les expositions d’Eva Jospin viennent très souvent s’intégrer dans des lieux emblématiques, tels que le Louvre, le Palais des Papes à Avignon, l’abbaye de Montmajour, ou encore les collections du musée de la chasse… cette fois-ci les murs qui entourent les oeuvres monumentales sont blancs, elles habitent seules, l’espace du Grand Palais comme si elles attendaient la présence des visiteurs pour s’animer. (cf article précédent)

EVA JOSPIN – Grottesco
CLAIRE TABOURET – D’un seul souffle.
Jusqu’au 15 mars 2026
Grand Palais
entrée Clarence Dillon, avenue Winston churchill 75008 Paris
du mardi au dimanche de 10h
à 19h30, nocturne le vendredi jusqu’à 22h



